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L’archevêque de Canterbury : le Hamas pourrait être inclus dans les négociations de paix

Justin Welby souligne en Terre Sainte que "pour que les discussions soient fructueuses, le moment choisi doit être le bon". Au risque de connaitre un “désastre complet”.

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

L'archevêque de Canterbury et chef de l'Eglise anglicane Justin Welby dans la Salle des Noms du musée de la mémoire de Yad Vashem à Jérusalem, le 27 juin 2013. (Crédit : Isaac Harari/Flash90)
L'archevêque de Canterbury et chef de l'Eglise anglicane Justin Welby dans la Salle des Noms du musée de la mémoire de Yad Vashem à Jérusalem, le 27 juin 2013. (Crédit : Isaac Harari/Flash90)

L’archevêque de Canterbury a déclaré lundi que pour que les négociations de paix israélo-palestiniennes aboutissent à un accord, il pourrait être nécessaire que le groupe terroriste du Hamas y participe, tout en prévenant que le moment devait être le bon, ou qu’un désastre pourrait en sortir.

Justin Welby, pendant un voyage de 10 jours en Terre Sainte, a parlé au Guardian britannique et à Christian Today, après s’être rendu dans la bande de Gaza la semaine dernière.

« L’archevêque a dit que le moment pourrait venir où, quand les parties chercheront une résolution au conflit-israélo-palestinien, il sera nécessaire d’inclure le Hamas dans les discussions », a rapporté le Guardian, qui a ensuite cité Welby : « Dans tous les endroits où il y a un conflit sérieux, il y a un moment où vous devez parler à tout le monde, mais cela doit être le moment où vous pouvez progresser. »

Inclure des extrémistes dans les négociations, palestiniens comme israéliens, devrait être une option, aurait suggéré Welby, faisant apparemment référence, côté israélien, aux groupes radicaux d’habitants des implantations.

Dans la bande de Gaza, Welby, qui dirige l’Eglise anglicane, n’a pas rencontré de membres du Hamas, conformément à la politique du gouvernement britannique.

Le Hamas est reconnu comme un groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne. Israël a répété à plusieurs reprises qu’il ne négocierait pas avec le Hamas, qui appelle à la destruction de l’Etat juif, avant qu’il ne renonce à la violence et reconnaisse Israël.

« Il y a un moment, et je ne dis pas que c’est maintenant, où il est possible que cela porte ses fruits. Mais ce moment n’est pas n’importe quel moment : vous pouvez le faire exactement au mauvais moment et entraîner un désastre total, et compromettre toute la résistance à l’extrémisme. »

Ceci peut ensuite mener à une situation dans laquelle « les personnes qui sont au milieu peuvent perdre du pouvoir, et vous finissez par privilégier ceux qui entraînent le plus de difficultés, vous récompensez le mauvais comportement par de l’attention », a prévenu Welby.

Pour l’instant, « il n’y a pas de solution évidente qui soit à la portée de chacun », a reconnu Welby. « Il y a des choses que les gouvernements peuvent faire, mais elles ne sont pas faisables en pratique, dans le sens où les personnes ont le courage, ou la confiance » nécessaire.

Jeudi, Welby a passé plus de trois heures dans la bande côtière dirigée par le Hamas, qui compte une petite communauté chrétienne persécutée.

Lundi, l’archevêque a prié à Bethléem et visité les zones où la barrière de sécurité d’Israël, conçue pour empêcher des infiltrations terroristes de Cisjordanie, a séparé certains propriétaires palestiniens de leurs propriétés.

« Vous ne pouvez pas venir ici et entendre les témoignages que j’ai entendus, vous ne pouvez pas apprendre des personnes qui vivent ici sans que votre cœur ne devienne de plus en plus lourd, et de plus en plus accablé, avec ce sentiment que ces personnes ont une histoire qui les a menés à un endroit où tout ce qu’ils ont connu est la désintégration, a dit Welby. Comme toujours dans ces moments, c’est le faible, le pauvre qui est mis de côté. La réaction émotionnelle est celle d’une douleur et d’un chagrin profond, et d’une prière pour qu’il n’y ait ici que justice et sécurité pour tous. »

Welby était à Jérusalem mercredi dernier, où il a été rejoint par le grand rabbin britannique, Ephraim Mirvis, pour une prière au mur Occidental.

Justin Welby, à gauche, archevêque de Canterbury, et Ephraim Mirivis, grand rabbin de Grande-Bretagne, au mur Occidental, le lieu le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Justin Welby, à gauche, archevêque de Canterbury, et Ephraim Mirivis, grand rabbin de Grande-Bretagne, au mur Occidental, le lieu le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les deux dirigeants religieux ont visité la Vieille Ville de Jérusalem, « un moment d’histoire unique » selon Mirvis, et Yad Vashem, le Centre mondial de souvenir de la Shoah.

Mercredi, il s’est rendu en Jordanie où il a dirigé les prières sur le site archéologique de Bethany au-delà du Jourdain, qui serait l’endroit où Jean-Baptiste a baptisé Jésus de Nazareth.

Welby doit aussi se rendre en Israël pendant son voyage dans la région. Sa dernière visite en Israël date de 2013, peu avant qu’il ne devienne archevêque.

Des agences ont contribué à cet article.

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