L’armée diffuse une vidéo montrant des Gazaouis qui vandalisent la clôture
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L’armée diffuse une vidéo montrant des Gazaouis qui vandalisent la clôture

Ces images sont diffusées dans un contexte d'indignation internationale face aux tirs à balles réelles de l'armée, qui assure opérer "conformément aux règles de l'engagement"

Dans une apparente tentative d’expliquer son usage des balles réelles contre les émeutiers de Gaza, dans un contexte d’indignation internationale, l’armée israélienne a diffusé mardi soir une séquence qui offre un nouvel éclairage aux manifestations violentes à la frontière avec Gaza, filmée la veille.

Les manifestants y font rouler des pneus enflammés, jettent des pierres et des cocktails Molotov et utilisant des cutters pour tenter d’endommager la clôture de sécurité qui entoure l’enclave côtière.

Une vaste foule les observe à seulement quelques mètres de la frontière, brandissant des drapeaux palestiniens ; l’air est empli de fumée et de flammes dégagées par les pneus.

Ce sont environ 40 000 Palestiniens qui ont participé à des émeutes violentes le long de la clôture de sécurité, dans la journée de lundi. Mardi matin, le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a annoncé la mort de 60 Palestiniens dans les affrontements et 2771 personnes blessées à des degrés différents.

L’armée israélienne a indiqué qu’au moins 24 personnes tuées par les soldats israéliens lundi ont été ultérieurement identifiés comme étant membres d’organisations terroristes.

Le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont reconnu que 13 des victimes mortellement touchées appartenaient à leurs mouvements.

Le mouvement de protestation a repris mardi, mais avec seulement 4 000 participants, ont fait savoir les militaires. Ils ont annoncé avoir arrêté « un certain nombre » de Palestiniens qui avaient tenté d’entrer sur le territoire israélien durant une manifestation le long de la clôture de sécurité dans le nord de la bande de Gaza, mardi soir.

Un Gazaoui avec un cutter à fil de fer dans une vidéo des violences du 14 mai diffusée par l’armée (Armée israélienne)

« Les suspects ont été surveillés par les soldats pendant tout le temps [où ils ont avancé vers la frontière] et ils ont été arrêtés à proximité de la clôture », selon l’armée.

Une porte-parole des militaires a expliqué ne pas être certaine du nombre de personnes appréhendées.

Ces dernières ont été confiées au service de sécurité du Shin Bet pour être interrogées.

Des Palestiniens agitent des drapeaux le 15 mai 2016 durant un rassemblement de la Nakba (Crédit : AFP/ MAHMUD HAMS

L’armée israélienne a maintenu que la manifestation de lundi – ainsi que celles qui avaient précédé – n’étaient pas un soulèvement populaire, mais plutôt une opération militaire dirigée par le Hamas ayant pour objectif d’attaquer des soldats israéliens, et potentiellement des civils, sous couverture de mouvement de protestation innocent.

Elle a mentionné un incident, lundi, au cours duquel les soldats israéliens ont déjoué une tentative d’infiltration au sein du territoire israélien d’une cellule de huit membres du Hamas dans le nord de la bande de Gaza.

Une arme à feu, un couteau, des pieds-de-biche, et des cutters à fil de fer trouvés en possession de huit terroristes présumés du Hamas qui, selon l’armée, auraient ouvert le feu sur les soldats israéliens dans le nord de la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Les huit terroristes ont été tués dans des échanges de tirs avec les soldats issus de l’unité d’élite Maglan, selon l’armée.

Néanmoins, de nombreux leaders ont affirmé dans les médias internationaux que la menace posée par les manifestants ne nécessitait pas l’utilisation de balles réelles et que si elles devaient être employées, elles devaient l’être avec discrimination.

Les manifestations ont malgré tout continué à une plus petite échelle mardi, journée du 70ème anniversaire de ce que les Palestiniens appellent la Nakba, ou « catastrophe » – le déracinement de centaines de milliers de personnes qui ont fui ou ont été expulsées durant la guerre d’Indépendance de 1948.

Environ 4 000 Palestiniens ont participé à des émeutes le long de la frontière avec Gaza, a fait savoir l’armée israélienne, contre 400 manifestants présents dans la matinée – mais beaucoup moins que les 40 000 Gazaouis qui avaient affronté les soldats vingt-quatre heures auparavant.

Le ministère de la Santé de Gaza a fait savoir que deux Palestiniens ont été tués et plus de 160 blessés à des degrés divers.

Des soldats de l’armée israélienne contrôlent la clôture de sécurité pendant les manifestations violentes le long de la frontière avec Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Les militaires ont répondu avec des moyens de dispersion anti-émeutes et, dans certains cas, des tirs à balles réelles. « Ils opèrent conformément aux règles de l’engagement », a estimé l’armée.

En Cisjordanie, au moins 1 300 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes à 14 endroits, a-t-elle ajouté.

Les manifestants ont jeté des pierres et des bombes incendiaires aux soldats israéliens. L’armée a fait savoir que les soldats avaient fait en sorte de disperser les protestataires grâce à des moyens anti-émeutes, notamment des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

Des Palestiniens fuient les gaz lacrymogènes lancés par les forces israéliennes durant une manifestation à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 mai 2018 (Crédit : AFP/ABBAS MOMANI)

Pour le Hamas, le groupe terroriste qui dirige Gaza et qui cherche à détruire Israël, les émeutes de lundi étaient le point culminant d’une campagne longue de plusieurs semaines pour tenter de mettre fin au blocus. Israël affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas d’acquérir un arsenal qui lui permettra d’attaquer l’État juif.

Les manifestations de lundi ont aussi coïncidé avec l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, perçue comme une provocation par les Palestiniens et l’ensemble du monde arabe.

Les Palestiniens voient Jérusalem Est comme la capitale de l’état auquel ils aspirent.

Le Hamas a indiqué que les émeutes se poursuivront de façon hebdomadaire, mais n’a pas précisé s’ils pourront maintenir cet élan durant le mois de jeûne du Ramadan, qui débute cette semaine.

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