L’armée frappe un poste du Jihad islamique après une attaque à la bombe
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L’armée frappe un poste du Jihad islamique après une attaque à la bombe

Ces derniers échanges surviennent au lendemain d'une frappe dans le sud de Gaza après que quatre Palestiniens ont ouvert une brèche dans la frontière, jetant une bombe artisanale

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un tank de l'armée israélienne au bord de la frontière avec Gaza, le 13 avril 2018 (Crédit : Sliman Khader/Flash90)
Un tank de l'armée israélienne au bord de la frontière avec Gaza, le 13 avril 2018 (Crédit : Sliman Khader/Flash90)

Un tank israélien a tiré sur une position du Jihad islamique dans le sud de la bande de Gaza dimanche matin, tuant deux terroristes du Jihad islamique, après que des Palestiniens ont installé un dispositif explosif le long de la clôture de sécurité au cours des derniers échanges survenus sur la frontière en proie à de vives agitations, ont fait savoir les militaires.

Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza, deux personnes ont été tuées et une personne a été grièvement blessée dans cette frappe israélienne survenue dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Un porte-parole du Jihad islamique palestinien, soutenu par l’Iran, a indiqué que les deux hommes étaient membres de l’aile militaire du groupe.

L’armée israélienne a expliqué que l’engin improvisé avait été placé samedi le long de la clôture de sécurité.

L’armée a ajouté que la bombe avait été déguisée pour ressembler à une pince coupante, les explosifs dissimulés dans les manches.

Un engin improvisé déguisé pour ressembler à une paire de pinces coupantes, planté le long de la clôture de sécurité avec Gaza, le 27 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

« L’objectif consistait à blesser des soldats de l’armée israélienne en opération dans la zone. L’engin a été neutralisé ce matin par l’armée », ont fait savoir les militaires.

L’armée a utilisé un robot pour faire exploser le dispositif.

Le Jihad islamique palestinien qui a été pris pour cible par le tank surplombait la portion de la clôture où la bombe avait été découverte.

En général, l’armée israélienne cible des positions du Hamas en réponse aux attaques ou aux tentatives d’attaques depuis la bande de Gaza, le groupe terroriste gouvernant l’enclave côtière.

Le ciblage de la position du Jihad islamique palestinien indique probablement que l’armée possédait des renseignements spécifiques sur le fait que c’était bien ce groupe soutenu par l’Iran qui était à l’origine de cette attaque à l’explosif.

Le ministère de la Santé de Gaza a fait savoir que les deux personnes tuées étaient Hussein al-Amour, 25 ans, et Abdul Haleem al-Naqa, 28 ans.

« Nous n’abandonnerons pas notre devoir envers le sang des martyrs qui a coulé du fait de l’occupation et nous savons comment répondre à cette escalade dangereuse », a indiqué le porte-parole du Jihad islamique palestinien.

Au mois de février, quatre soldats avaient été blessés par un engin explosif artisanal qui avait été conçu pour ressembler à une hampe, qui avait été fixée à la clôture de sécurité. L’objet avait explosé lorsque les soldats avaient tenté de le retirer.

L’échange de dimanche matin a été le dernier d’une série d’incidents transfrontaliers au cours du week-end.

L’armée israélienne a mené, tard dans la nuit de samedi, une série de frappes contre des positions du Hamas dans le sud de la bande de Gaza suite à une brèche ouverte dans la frontière dans la journée, a fait savoir l’armée.

« Les militaires israéliens, utilisant des avions-chasseurs, ont attaqué un certain nombre de cibles terroristes dans un complexe militaire appartenant au groupe terroriste du Hamas dans le sud de la bande de Gaza », a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Selon les médias palestiniens, les frappes aériennes ont touché un certain nombre de positions du Hamas dans les secteurs de Rafah et de Khan Younis.

Le ministère de la Santé gazaoui a expliqué n’avoir reçu aucune information portant sur d’éventuels blessés.

Les militaires ont déclaré pour leur part que ces frappes étaient venues répondre à l’infiltration survenue dans la journée.

« L’armée israélienne prend au sérieux les tentatives quotidiennes continues de la part du groupe terroriste du Hamas d’endommager les infrastructures sécuritaires en Israël tout en menaçant la sécurité des résidents et des soldats », ont-ils précisé.

La politique mise en place par l’armée israélienne est de considérer le Hamas, qui gouverne Gaza, comme responsable de toute attaque émanant de l’enclave côtière assiégée.

Samedi matin, des soldats israéliens avaient remarqué quatre Palestiniens qui avaient franchi la barrière de sécurité vers Israël depuis le sud de la bande de Gaza.

Selon l’armée, les quatre hommes avaient jeté une bombe artisanale et laissé une tente en Israël avec le message : « Marche du retour : Le retour dans les terres de la Palestine.”

Les soldats étaient arrivés sur les lieux quelques moments après, ouvrant le feu sur les individus qui avaient fui et qui étaient retournés de l’autre côté de la frontière. Aucun blessé n’aurait été à déplorer.

Cette infiltration est l’une des nombreuses tentatives survenues au cours du week-end visant à endommager et à ouvrir des brèches dans la clôture frontalière, a noté l’armée.

Des douzaines de cerfs-volants enflammés ont été lancés de l’autre côté de la frontière pendant le week-end, allumant plusieurs feux dans les champs israéliens, a rapporté samedi soir la chaîne Hadashot. Ce dernier mois, 3000 cerf-volants d’attaque ont été lancés de l’autre côté de la frontière, a fait savoir le reportage, déclenchant 100 incendies.

Des soldats israéliens devant de la fumée d’un incendie dans un champ de blé près du kibboutz de Nahal Oz, le long de la frontière avec la bande de Gaza, causé par des cocktails Molotov attachés à des cerfs-volants pilotés par des émeutiers palestiniens de l’autre côté de la frontière. 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Depuis le 30 mars, des dizaines de milliers de Palestiniens ont pris part à un mouvement de protestation hebdomadaire qui, selon Israël, a été orchestré par le Hamas et a été utilisé comme couverture pour des tentatives d’attentats terroristes et des brèches dans la clôture frontalière.

Les manifestations violentes devaient s’achever le 15 mai mais les leaders du Hamas ont indiqué qu’ils souhaitaient qu’elles continuent dans le temps.

Ces manifestations ont connu leur apogée le 14 mai quand les Etats-Unis ont transféré leur ambassade à Jérusalem et au moins 60 Palestiniens ont été tués lors d’affrontements – presque tous des membres du Hamas, a reconnu le groupe terroriste.

Ces dernières semaines, les Gazaouis ont lancé des cerf-volants vers Israël auxquels avaient été accrochés des cocktails molotov et des containers de carburant, mettant le feu à de vastes parcelles de terre.

Vendredi, des vents forts ont entravé les tentatives visant à contrôler des incendies qui avaient éclaté en trois points à proximité du Kibbutz Kissufim, le long de la frontière avec Gaza, après que des cerf-volants en feu ont été envoyés en Israël depuis l’enclave côtière.

Les militaires ont commencé à mettre en oeuvre de nouvelles mesures pour combattre ces agressions, avec notamment des options létales tirées des réponses de l’armée aux lancements de roquette et autres attentats terroristes.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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