L’armée israélienne se prépare en simulant une guerre au Liban
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L’armée israélienne se prépare en simulant une guerre au Liban

Des réservistes et des conscrits ont participé à des exercices à grande échelle le long de la frontière libanaise pour "améliorer le degré de préparation sur le front nord"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La 188e Brigade blindée de Tsahal participe à un vaste exercice dans le nord d'Israël destiné à simuler une guerre au Liban, février 2018 (Forces de défense israéliennes)
La 188e Brigade blindée de Tsahal participe à un vaste exercice dans le nord d'Israël destiné à simuler une guerre au Liban, février 2018 (Forces de défense israéliennes)

La division Galilee de l’armée a achevé jeudi une série d’exercices à grande échelle destinés à préparer les militaires à une guerre potentielle qui pourrait avoir lieu prochainement au Liban, a déclaré l’armée, alors que les tensions sont devenues croissantes au cours des dernières semaines le long de la frontière nord d’Israël.

« Des soldats enrôlés, ainsi que des réservistes, ont pris part à l’exercice. Les soldats ont rapidement mobilisé les réservistes, ont étudié les capacités opérationnelles et se sont préparés à combattre en territoire libanais », ont déclaré les Forces de défense israéliennes.

En outre, la 188e Brigade blindée de l’armée a mené son propre exercice distinct dans le nord d’Israël, avec des troupes d’ingénierie de combat, d’infanterie et d’artillerie.

Les exercices ont eu lieu dans le nord du pays, à la suite d’affrontements aériens entre l’armée de l’air israélienne et l’armée syrienne au début du mois, et alors qu’Israël et le Liban s’opposent concernant une réserve de gaz naturel en mer Méditerranée, que chacun revendique comme sien.

« Les exercices de la Brigade ont eu lieu dans le cadre du programme d’entraînement amélioré de 2018. Leur but est de préparer les soldats et leurs commandants à n’importe quel scénario, et d’améliorer leur préparation et leurs capacités à faire face à des menaces en temps réel », a déclaré l’armée.

Le colonel Manny Liberty, chef de la 769e Brigade territoriale, qui est responsable de la défense de la partie orientale de la frontière libanaise, a déclaré que l’exercice avait amélioré les capacités offensives et défensives de son unité.

« Nous continuerons à nous entraîner et à nous préparer afin d’assurer la sécurité des habitants de cette région », a déclaré M. Liberty.

Durant l’exercice avec les chars de la brigade, les troupes ont simulé « une variété de scénarios et testé leur efficacité logistique et opérationnelle durant une longue période de combat », a déclaré l’armée.

Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée israélienne, rencontre le colonel Gal Shochami, chef de la 188e brigade blindée, lors d’un grand exercice dans le nord d’Israël destiné à simuler une guerre au Liban, le 20 février 2018 (Forces de défense israéliennes)

Le Commandant de la 188ème Brigade, le Colonel Gal Shochami, a souligné l’importance de l’exercice étant donné qu’un conflit pourrait éclater à tout moment.

« Nous devons toujours nous souvenir de la signification du commandement ‘la guerre est demain’, qui nous dit que toute situation d’entraînement peut être la dernière avant le véritable test de nos capacités sur le champ de bataille », a déclaré Shochami.

« La 188ème Brigade sera prête à se battre sur le champ de bataille, et ce dès que cela sera nécessaire », a-t-il dit.

Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée, et le général Yoel Strick, chef du Commandement du Nord, ont assisté aux exercices dans le nord d’Israël, s’entretenant avec les commandants des différentes unités participantes et évaluant les capacités de la brigade.

L’armée a été vivement critiquée à la suite de la deuxième guerre du Liban contre le groupe terroriste du Hezbollah en 2006 pour le manque de formation des soldats dans les combats qu’ils ont livrés – ces derniers étaient davantage préparés à des opérations anti-terroristes en Cisjordanie.

Au cours des douze années intermédiaires, l’armée a cherché à résoudre ce problème en construisant des installations spéciales qui imitent l’architecture du sud du Liban et en investissant beaucoup plus de ressources dans les exercices d’entraînement des réservistes.

En septembre, l’armée a mené son plus grand exercice depuis des décennies, visant spécifiquement à simuler une guerre avec le Hezbollah dans le sud du Liban.

Ces exercices ont pour but de se préparer à un autre combat avec le groupe terroriste et ses alliés : l’Iran et la Syrie. Un conflit qui ne serait qu’une question de temps, selon de nombreux responsables de la défense et analystes.

Les perspectives d’un tel affrontement entre Israël et l’axe chiite représenté par Téhéran, Damas et le Hezbollah, basé à Beyrouth, ont été réétudiées à la suite d’un conflit aérien important au début du mois.

Plus tôt ce mois-ci, un drone iranien est entré dans l’espace aérien israélien, près de la frontière jordanienne, avant d’être abattu par un hélicoptère d’attaque israélien. En réponse à l’incursion du drone, les avions israéliens ont attaqué le centre de commandement mobile à partir duquel il était opéré, avait alors déclaré l’armée.

Durant le raid de représailles, l’un des huit avions de chasse israéliens F-16 qui ont pris part à l’opération a été touché par un tir anti-aérien syrien et s’est écrasé. L’armée de l’air israélienne a ensuite mené une deuxième série de frappes aériennes, détruisant entre un tiers et la moitié des défenses anti-aériennes de la Syrie, selon le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

Au lendemain du conflit, des responsables iraniens, syriens et du Hezbollah se sont vantés que la chute du F-16 marquait la fin de la capacité d’Israël à opérer librement dans la région. Dans le même temps, les responsables israéliens ont déclaré que le fait que l’armée de l’air ait détruit une part importante des défenses anti-aériennes de la Syrie suite à la frappe contre le F-16 a prouvé que l’Etat juif maintenait sa supériorité aérienne au Moyen-Orient.

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