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L’Australie condamne un rassemblement « de haine » lié aux néonazis

Les participants à la marche anti-immigration "Marche pour l'Australie", qui se sont heurtés à la police, invoquent la déchirure du tissu social et des difficultés économiques

Un manifestant blessé réagit lors d'un rassemblement anti-immigration "March for Australia" à Melbourne, le 31 août 2025. (William WEST / AFP)
Un manifestant blessé réagit lors d'un rassemblement anti-immigration "March for Australia" à Melbourne, le 31 août 2025. (William WEST / AFP)

Des milliers d’Australiens ont participé dimanche à des rassemblements dénonçant l’immigration à travers le pays. Ces manifestations ont été condamnées par le gouvernement de centre gauche, qui a affirmé qu’elles visaient à répandre la haine et que ces mouvements de protestation étaient liés à la mouvance néonazie.

Selon le site internet du groupe, des rassemblements « Marche pour l’Australie », contre l’immigration, ont eu lieu à Sydney et dans d’autres capitales d’État et centres régionaux.

« La migration de masse a déchiré les liens qui unissaient nos communautés », selon le site internet. Le groupe a par ailleurs diffusé, samedi, une publication sur le réseau social X dans laquelle il affirme que les manifestations visent à faire « ce que les politiciens traditionnels n’ont jamais le courage de faire : exiger la fin de l’immigration de masse ».

Il a également exprimé ses préoccupations concernant la culture, les salaires, la circulation, le logement, l’approvisionnement en eau, la destruction de l’environnement, les infrastructures, les hôpitaux, la criminalité et la perte du sens communautaire.

L’Australie – où une personne sur deux est née à l’étranger ou a un parent né à l’étranger – est confrontée à une poussée de l’extrême droite, avec notamment l’organisation de manifestations néonazies.

« Nous condamnons fermement les rassemblements de la Marche pour l’Australie qui se déroulent aujourd’hui. Elle n’améliorera pas la cohésion sociale », a affirmé Murray Watt, ministre du gouvernement travailliste, devant les caméras de la chaîne de télévision Sky News alors qu’il était interrogé sur la manifestation à Sydney, la ville la plus peuplée du pays.

La police utilisant du gaz au poivre sur un contre-manifestant lors d’un rassemblement anti-immigration « Marche pour l’Australie », à Melbourne, le 31 août 2025. (Crédit : William West/AFP)

« Nous ne soutenons pas les rassemblements de ce type qui visent à répandre la haine et à diviser notre communauté », a ajouté Watt, affirmant qu’ils étaient « organisés et promus » par des groupes néonazis.

Les organisateurs de la Marche pour l’Australie n’avaient pas répondu à une demande de commentaire au moment de la rédaction de cet article.

Des lois interdisant le salut nazi et l’affichage ou la vente de symboles associés à des groupes terroristes sont entrées en vigueur en Australie cette année, en réponse à une série d’attaques antisémites qui ont pris pour cible, entre autres, des synagogues, des bâtiments et des voitures, et qui ont eu lieu depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

L’Australie a depuis déclaré que certaines attaques menées sur son territoire avaient été orchestrées par l’Iran.

Les contre-manifestants expriment leur « dégoût » et leur « colère »

Selon l’Australian Broadcasting Corporation, entre 5 000 et 8 000 personnes, dont beaucoup brandissaient des drapeaux australiens, ont participé à la manifestation à Sydney. Elle s’est déroulée aux abords du parcours emprunté par le marathon de Sydney, où 35 000 coureurs ont foulé les rues et terminé leur course à l’Opéra de la ville, dimanche.

Une contre-manifestation organisée par la Refugee Action Coalition, une organisation communautaire militante, a également eu lieu à proximité.

La police arrêtant un manifestant lors d’un rassemblement anti-immigration « Marche pour l’Australie », à Melbourne, le 31 août 2025. (Crédit : William West/AFP)

« Notre événement témoigne de l’ampleur du dégoût et de la colère suscités par le programme d’extrême droite de la Marche pour l’Australie », a déclaré un porte-parole de la coalition dans un communiqué. Les organisateurs ont indiqué que des centaines de personnes avaient participé à ce rassemblement.

La police a indiqué que des centaines d’agents avaient été déployés dans toute la ville dans le cadre d’une opération qui s’est déroulée « sans incident notable ».

Un grand rassemblement de la Marche pour l’Australie a également eu lieu dans le centre de Melbourne, la capitale de l’État de Victoria, comme en témoignent des images aériennes diffusées par la chaîne ABC. Cette dernière a rapporté que les forces anti-émeutes avaient utilisé du gaz au poivre contre les participants. La police de Victoria n’a pas confirmé cette information, précisant qu’elle fournirait ultérieurement des détails.

Bob Katter, le leader d’un petit parti populiste, était présent à la Marche pour l’Australie dans le Queensland, a annoncé un porte-parole de sa faction, trois jours après que le député chevronné a menacé un journaliste qui avait mentionné ses origines libanaises lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il était question de sa participation à l’événement.

Une pancarte disant « Les gens du tiers-monde apportent les problèmes du tiers-monde » lors d’un rassemblement anti-immigration de la Marche pour l’Australie, à Melbourne, le 31 août 2025. (Crédit : William WEST / AFP)

Katter a été « assailli par des centaines de partisans » lors du rassemblement organisé à Townsville, a rapporté le Courier-Mail de Brisbane.

À Sydney, Glenn Allchin, un manifestant, a indiqué qu’il souhaitait un « ralentissement » de l’immigration.

« Notre pays est sur le point d’exploser et notre gouvernement continue d’accueillir de plus en plus de personnes », a dit Allchin à Reuters.

« Nos enfants ont du mal à trouver un logement, nos hôpitaux sont saturés et nous devons attendre sept heures pour être pris en charge, et parlons de nos routes, du manque de routes. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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