Salaire des prisonniers : l’Australie met fin à son aide à l’AP
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Salaire des prisonniers : l’Australie met fin à son aide à l’AP

La ministre des Affaires étrangères indique que Canberra craint que l'argent soit distribué aux prisonniers palestiniens, et redirige le financement vers l'ONU

La Ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop (Capture d'écran: YouTube / TVN)
La Ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop (Capture d'écran: YouTube / TVN)

L’Australie a mis fin à l’aide directe à l’Autorité palestinienne, craignant que ses dons ne soient utilisés pour payer les Palestiniens condamnés pour terrorisme et leurs familles.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, a déclaré lundi que le financement d’un fonds fiduciaire de la Banque mondiale a été réduit après avoir écrit à l’Autorité palestinienne à la fin mai pour obtenir l’assurance que les fonds australiens n’étaient pas dépensés à mauvais escient.

Dans une déclaration, Mme Bishop s’est inquiétée du fait que l’octroi d’une aide ultérieure permettrait à l’Autorité palestinienne d’utiliser les fonds pour des activités que « l’Australie ne soutiendra jamais ».

Israël accuse depuis longtemps l’Autorité palestinienne et son chef, Mahmoud Abbas, d’encourager les attaques terroristes contre les Israéliens en récompensant les auteurs et leurs familles par des allocations mensuelles. Il a même retenu des millions de dollars en recettes fiscales en raison du refus des Palestiniens de modifier cette politique. Les députés israéliens ont adopté mardi une loi visant à réduire les fonds de l’Autorité palestinienne du même montant que celui qu’elle utilise pour payer les terroristes.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse aux dirigeants palestiniens dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 14 mai 2018. (ABBAS MOMANI/AFP)

« Toute aide fournie par l’Organisation de libération de la Palestine aux personnes reconnues coupables de violence à motivation politique est un affront aux valeurs australiennes et compromet la perspective d’une paix véritable entre Israël et les Palestiniens », a déclaré Mme Bishop dans un communiqué.

« J’ai écrit à l’Autorité palestinienne le 29 mai pour obtenir l’assurance que les fonds australiens ne sont pas utilisés pour aider les Palestiniens condamnés pour des actes de violence à motivation politique », a-t-elle indiqué.

« Je suis persuadée que le financement de l’Autorité palestinienne par l’intermédiaire de la Banque mondiale est utilisé comme il se doit », a ajouté Mme Bishop. « Cependant, je suis préoccupée par le fait qu’en fournissant des fonds pour cet aspect des opérations de l’Autorité palestinienne, elle a la possibilité d’utiliser son propre budget pour des activités que l’Australie n’appuierait jamais. »

Mardi, l’Autorité palestinienne a critiqué la décision de l’Australie de mettre fin à son aide directe au gouvernement de Ramallah, qualifiant cette décision de politiquement motivée et affirmant qu’elle « n’a aucun fondement dans les faits ».

Dans un communiqué, le représentant palestinien en Australie, Izzat Abdulhadit, a exprimé « la déception et l’inquiétude les plus profondes » de l’AP face à cette décision.

Il a affirmé que l’aide australienne n’a jamais été utilisée pour payer les allocations des terroristes condamnés, et que les « procédures d’audit rigoureuses » du fonds fiduciaire de la Banque mondiale pouvaient le prouver.

« Nous avons donc conclu que cette décision est de nature politique, car sa justification n’est pas fondée sur des faits. « Il s’agit moins de préoccupations réelles concernant le terrorisme et le processus de paix étouffé que d’opportunisme politique interne. »

Abdulhadit a poursuivi en disant qu’en « ignorant le projet colonial toujours en cours d’expansion d’Israël », l’Australie s’était rangée du côté de l’État juif, et « une fois de plus, tout le blâme a été attribué à une seule partie, la plus faible et privée de ses droits ».

Le don de 10 millions de dollars australiens (7,4 millions de dollars) au fonds d’affectation spéciale sera désormais redirigé vers le Fonds humanitaire des Nations Unies pour les territoires palestiniens, qui fournit aux Palestiniens des soins de santé, de la nourriture, de l’eau, des installations sanitaires améliorées et des abris.

Des Palestiniens brandissent des portraits de proches emprisonnés dans les prisons israéliennes alors qu’ils protestent pour demander leur libération lors d’une manifestation organisée à l’occasion de la Journée des prisonniers dans la ville de Naplouse, au nord de la Cisjordanie, le 17 avril 2018. (AFP PHOTO / JAAFAR ASHTIYEH)

Mme Bishop a déclaré que l’organisme de l’ONU « aide 1,9 million de personnes. Environ 75 % de son financement sera dépensé à Gaza où la situation humanitaire continue de se détériorer ».

L’Australie a alloué 43 millions de dollars australiens pour l’aide humanitaire dans la région pour l’exercice en cours, qui a commencé le 1er juillet.

Le législateur gouvernemental australien Eric Abetz s’est félicité de la position de Mme Bishop.

« La décision ferme et résolue prise aujourd’hui par la ministre Bishop de veiller à ce que l’Autorité palestinienne ne puisse plus utiliser notre aide pour débloquer une partie de son budget en faveur du terrorisme d’État est très positive », a déclaré M. Abetz.

« Il est vital que nous veillions à ce que notre aide étrangère ne soit pas dépensée ou mise à disposition pour la promotion du terrorisme et que l’acheminement de notre aide aux Territoires palestiniens par l’intermédiaire des Nations Unies nous donne une plus grande assurance que la comptabilité malicieuse de l’Autorité palestinienne ne peut pas avoir lieu », a-t-il ajouté.

Michael Bachner et Tamar Pileggi ont contribué à cet article.

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