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L’Autriche ferme le fonds d’indemnisation des victimes du nazisme

Les autorités estiment que le fonds avait "pleinement rempli sa tâche" après avoir versé plus de 200 millions d'euros de dédommagement à environ 25 000 bénéficiaires

La foule en liesse accueillant Hitler en Autriche en 1938 (Crédit : CC BY-SA German Federal Archives. Wikimedia commons)
La foule en liesse accueillant Hitler en Autriche en 1938 (Crédit : CC BY-SA German Federal Archives. Wikimedia commons)

L’Autriche a dissous mardi le fonds d’indemnisation des victimes du nazisme créé en 2001, estimant qu’il avait « pleinement rempli sa tâche », selon un communiqué transmis à l’AFP.

« Lors de la réunion d’aujourd’hui, son conseil d’administration a estimé que le fonds devait être dissous conformément à la loi », a indiqué l’organisme dont il dépend.

Plus de 30 000 dossiers déposés par des personnes persécutées par les nazis ou leurs descendants ont été instruits.

« Au total, le fonds a versé plus de 200 millions d’euros (de dédommagement) à environ 25 000 bénéficiaires », précise le communiqué.

Ce fonds avait été chargé d’étudier les demandes de restitution des biens acquis légalement après-guerre par les collectivités ou l’Etat autrichien, suite aux spoliations des Juifs par les nazis lors de l’annexion du pays au IIIe Reich.

« Plus de 2 300 demandes ont été déposées » dans ce cadre et « 140 répondaient aux critères », a détaillé le fonds, pour une valeur de 48 millions d’euros.

L’Autriche, devenue un pays prospère durant les Trente glorieuses, a pris la décision historique d’instaurer un fonds d’indemnisation après des décennies de déni de sa responsabilité dans les crimes du national-socialisme.

Elle a fait l’objet d’attaques en justice de survivants et de leurs descendants aux Etats-Unis, qui accusaient des particuliers comme des collectivités d’avoir profité des spoliations pour s’enrichir impunément.

Après le retour au pouvoir en 2000 du parti d’extrême droite FPÖ dirigé par Jörg Haider, fondé par d’anciens SS, les pressions de la part de Washington et de ses partenaires de l’Union européenne (UE) pour que l’Autriche reconnaisse cette réalité historique et en tire des conséquences financièrement se sont accentuées.

Finalement, un accord a été conclu entre les Etats-Unis et l’Autriche à Washington en 2001, constituant un tournant mémoriel historique pour le pays de naissance du dictateur nazi Adolf Hitler.

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