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L’avenir des écoles rabbiniques en Allemagne suscite de nouvelles dissensions

10 mois après le départ du rabbin Homolka, accusé de harcèlement sexuel et d’abus de pouvoir, la communauté qui l'a racheté est en conflit avec le plus grand groupe juif allemand

Illustration : Un office au Collège Abraham Geiger de Postdam, à proximité de Berlin. (Crédit :  Margrit Schmidt)
Illustration : Un office au Collège Abraham Geiger de Postdam, à proximité de Berlin. (Crédit : Margrit Schmidt)

BERLIN (JTA) – Un plan visant à remettre sur les rails les écoles rabbiniques libérales d’Allemagne après près d’un an de tumulte a rencontré un obstacle : la principale organisation juive du pays déclare qu’elle ne peut pas financer le groupe qui a pris le contrôle des écoles en janvier.

La communauté juive de Berlin avait annoncé à la surprise générale qu’elle avait versé 25 000 euros pour racheter les parts du fondateur et recteur des séminaires, le rabbin Walter Homolka, qui a démissionné de presque tous ses postes à la suite d’enquêtes sur d’éventuels abus de pouvoir.

Le Conseil central des Juifs d’Allemagne, le principal groupe juif du pays, a travaillé sur un plan de restructuration des écoles et a d’abord exprimé son scepticisme quant à l’achat par la communauté juive de Berlin. Mais le président du Conseil central, Josef Schuster, a déclaré qu’il avait été persuadé de travailler avec les nouveaux propriétaires après avoir reçu l’assurance que Homolka ne jouerait aucun rôle dans les écoles restructurées.

Aujourd’hui, le Conseil central déclare que ses auditeurs l’ont informé qu’il ne peut pas légalement transmettre des fonds publics à la communauté juive de Berlin. Le Conseil central a annoncé jeudi qu’il allait créer une nouvelle fondation pour soutenir le collège réformé Abraham Geiger et le collège conservateur Zacharias Frankel, et qu’il pourrait décider de rouvrir les écoles sous un nouveau nom. Le Conseil central a soutenu les deux écoles à hauteur d’environ 530 000 dollars par an.

« La reprise des centres de formation rabbinique par la communauté juive de Berlin s’est faite avec les meilleures intentions du monde », a déclaré Schuster dans un communiqué. « Cependant, il n’est pas possible pour le Conseil central de soutenir la formation rabbinique dans le cadre de la structure de soutien actuelle. »

Le président de la communauté juive de Berlin, Gideon Joffe, a attaqué le plan en le qualifiant « d’abus de pouvoir », déclarant que son organisation « ne se plierait pas aux fantasmes féodaux d’omnipotence entretenus par de vieux hommes blancs ». Joffe et Schuster se sont vivement opposés sur l’avenir des deux séminaires.

Gideon Joffe, président de la communauté juive de Berlin, le 15 août 2013. (Crédit : AP/Markus Schreiber)

Gideon Joffe a déclaré que le Conseil central avait déjà cessé de transférer des fonds aux séminaires, « entravant massivement l’éducation rabbinique en Allemagne, qu’il prétend protéger ».

C’est généralement le propriétaire d’une entité – qui, depuis janvier, s’avère être le groupe de Joffe – qui est responsable de l’obtention des fonds. Les trois principaux bailleurs de fonds de longue date des séminaires – le Conseil central, le ministère fédéral de l’Intérieur et le ministère des Sciences du Brandebourg – se sont tous alignés, déclarant ensemble en décembre leur soutien à un séminaire rabbinique libéral indépendant dans le cadre d’une nouvelle structure.

Le Conseil central était en train de concevoir cette nouvelle structure lorsque le groupe de Joffe est intervenu et a acheté une participation dans les écoles. Le Conseil avait engagé Gerhard Robbers, un expert en religion et en droit, pour développer un nouveau modèle pour les écoles, après qu’une première version de l’enquête qu’il avait commandée a rapporté que Homolka y avait créé une « culture de la peur ». Le rapport final de l’enquête menée par le cabinet d’avocats Gercke Wollschläger devrait être publié prochainement.

Le 2 mars, le conseil a publié la « feuille de route » de Robbers pour les écoles. Il a recommandé que le Conseil central établisse une fondation dans le cadre de laquelle deux séminaires indépendants et un programme cantorial fonctionneraient, sous les auspices de l’université de Potsdam. Un conseil comprenant le président élu et le directeur exécutif nommé du Conseil central ainsi que des représentants des mouvements progressiste et massorti (conservateur) – nommés par eux-mêmes – prendrait ensemble les décisions fondamentales. « D’une manière générale, la feuille de route est conçue pour assurer la stabilité et la qualité de l’éducation, et pour empêcher une personne ou un groupe de monopoliser la structure », a écrit Robbers.

« Si l’intégration d’institutions existantes n’est pas possible ou s’avère inopportune, des institutions pourraient être nouvellement créées », indique la recommandation de Robbers. « Par leur intermédiaire, les tâches, le personnel et les étudiants existants pourraient être pris en charge. Des noms appropriés pour les institutions devraient être trouvés en accord avec les parties prenantes. »

Josef Schuster, le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, participant à une conférence de presse, à Francfort, le 30 novembre 2014. (Crédit : AP Photo/Michael Probst)

Schuster a déclaré que les changements spectaculaires étaient justifiés par les récentes conclusions contre Homolka. L’ancien recteur a annoncé la semaine dernière qu’il démissionnerait de la direction d’une autre institution qu’il avait créée : la Fondation Ernst Ludwig Ehrlich pour les étudiants juifs talentueux ; il a également cherché à obtenir une réparation juridique contre les critiques dont il a fait l’objet, avec un récent succès, quoique partiel.

Le Conseil central vise à « offrir aux étudiants et aux employés une perspective sûre, en garantissant l’enseignement à long-terme et en rétablissant la crédibilité perdue », a déclaré Schuster. « Avec les conclusions actuelles sur l’abus de pouvoir, la discrimination et la culture de la peur qui prévaut dans les institutions de formation rabbinique, les choses ne peuvent se passer de façon ‘normale’. Un nouveau départ est nécessaire. »

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