L’aviation civile presque au « point de non-retour », dit le chef de Ben-Gurion
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L’aviation civile presque au « point de non-retour », dit le chef de Ben-Gurion

Shmuel Zakay, directeur-général de l'aéroport Ben-Gurion, dit que l'immobilisation depuis des mois des avions, mettant en péril l'emploi, causera "d'énormes dégâts stratégiques"

Le hall d'arrivée vide de l'aéroport Ben Gurion, le 12 juin 2020. (Photo par Olivier Fitoussi/Flash90)
Le hall d'arrivée vide de l'aéroport Ben Gurion, le 12 juin 2020. (Photo par Olivier Fitoussi/Flash90)

Le directeur-général du principal aéroport d’Israël a averti, vendredi, que le pays était presque arrivé au « point de non-retour » pour l’industrie de l’aviation, après de longs mois d’arrêt presque complet des vols pour cause de pandémie de coronavirus.

Shmuel Zakay a expliqué dans un post paru sur Facebook qu’après beaucoup de temps passé sans travailler, les compétences opérationnelles de nombreux professionnels – pilotes ou personnels au sol – étaient en passe de s’éroder.

« Il faudra des mois pour revenir à des vols efficaces et en toute sécurité », a-t-il commenté.

En Israël, où la plupart des déplacements dans le pays ou hors de ses frontières s’effectuent par voie aérienne, des dégâts à long-terme infligés à l’industrie de l’aviation entraîneront des « nuisances énormes au niveau stratégique », a-t-il ajouté.

Tout en reconnaissant que le coronavirus est une « pandémie dangereuse et mortelle », Zakay a déclaré qu’il était impératif d’apprendre à vivre en sa présence et à gérer les risques, notant que la COVID-19 ne semblait pas prête à disparaître.

Shmuel Zakay (Capture d’écran : Ynet)

Il a accusé le gouvernement de « stagner » dans sa réponse à la maladie, estimant que la gestion de l’épidémie de coronavirus incarnait pour lui « l’opposé du leadership ».

« Cette semaine, les vols civils ont repris dans le monde même dans les pays où le niveau de la maladie est élevé », a-t-il déclaré. « Nous pouvons exploiter une aviation civile en toute sécurité, même dans l’ombre du coronavirus ».

Zakay a affirmé qu’il ne recommandait pas une reprise des vols pour que les Israéliens puissent « partir en vacances » mais qu’il tentait plutôt de prévenir « des nuisances fatales à l’industrie, qui compte des dizaines de milliers d’employés et des centaines de professions ».

El Al planes at Ben-Gurion Airport (photo credit: Shay Levi/Flash90)
Des avions El Al à l’aéroport Ben Gourion (Crédit: Shay Levi/Flash90)

Le transporteur national israélien El Al connaît de graves problèmes financiers en raison de la pandémie. Jeudi, la compagnie a placé en congé 500 membres de son personnel de plus, dont cent pilotes, dans le contexte d’un conflit avec les syndicats.

Les tensions au sein d’El Al sont restées élevées après le limogeage de la vaste majorité des personnels de l’entreprise. La compagnie cherche des secours auprès du gouvernement pour échapper à la faillite et à l’effondrement.

Mercredi, le transporteur a cessé tous ses vols après la rupture des négociations entre les représentants des pilotes et l’équipe de l’administration.

Avant la dernière mise en congé qui a été décidée, El Al avait d’ores et déjà mis en congé sans solde 80 % de ses 6 303 employés, réduit les salaires des managers de l’entreprise de 20 %, stoppé ses investissements et signé des accords pour la vente et la location temporaire de trois avions Boeing 737-800.

Des centaines d’employés de la filiale Tamam – qui gère les services de restauration casher pour de multiples transporteurs à partir de l’aéroport international Ben-Gurion – ont été également placés en congé, faisant naître l’inquiétude concernant de possibles licenciements massifs.

Selon le site d’information Ynet, les vols de mercredi ont été annulés après l’échec des négociations entreprises entre le représentant des pilotes, Nir Reuveni, et le directeur-général d’El Al, Gonen Usishkin, dans la soirée de mardi.

Les pilotes ont alors refusé d’assurer les vols de mercredi. Les responsables de la compagnie aérienne auraient répondu que dans ce cas, les pilotes seraient transférés à d’autres postes actifs de la compagnie, un grand nombre d’entre eux risquant le licenciement.

El Al a prolongé la suspension des vols commerciaux prévus jusqu’à la fin du mois de juillet, notant continuer à utiliser ses avions-cargo et à assurer des vols de passagers occasionnels.

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