L’avion du Premier ministre dépasse le budget alloué
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L’avion du Premier ministre dépasse le budget alloué

Un rapport indique que le projet, qui a déjà coûté 360 M NIS, a besoin d'une nouvelle injection d’argent

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara embarquent à bord d'un avion EL Al à destination de New York, le 29 septembre 2015. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara embarquent à bord d'un avion EL Al à destination de New York, le 29 septembre 2015. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Un avion spécialement réservé pour les déplacements du Premier ministre à l’étranger est toujours cloué au sol et a besoin d’une injection de fonds pour le préparer au décollage, a annoncé mardi la commission des Finances de la Knesset.

Le projet, baptisé « Air Force One d’Israël » d’après le nom de l’avion utilisé par le président des États-Unis, a déjà coûté 360 millions de shekels.

L’avion est arrivé en Israël en 2016 et devait être prêt pour 2017, mais il ne devrait être prêt au décollage que d’ici la fin de l’année prochaine. Le censeur militaire a interdit la publication de détails plus précis sur l’avion.

Le président Reuven Rivlin devrait également utiliser l’avion, qui sera doté d’équipements spécialisés pour lui permettre de voler sur de longues distances, de diverses capacités défensives, et aura la capacité de maintenir la communication avec Israël pendant toutes les phases d’un vol. Rivlin a déclaré qu’il serait heureux de continuer à voyager sur les vols commerciaux, comme il l’a fait dans le passé.

Le site d’information Ynet a indiqué mercredi que l’installation de systèmes spécialement conçus pour l’avion prend plus de temps que prévu.

Selon l’article, différentes sources ont déclaré que le budget alloué pour l’installation de systèmes de communication et de défense était insuffisant.

Lors de sa réunion de mardi, la commission des Finances de la Knesset a approuvé une augmentation rétroactive de 60 millions de shekels pour couvrir les frais de voyage du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’étranger et de 5 millions de shekels pour ses voyages et ceux des autres ministres en 2016.

Le président de la commission des Finances, le député Moshe Gafni (Yahadout HaTorah), à la Knesset, le 13 novembre 2017 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Les députés dirigés par le président de la commission, le député Moshe Gafni (Yahadout HaTorah), ont critiqué le ministère des Finances qui a présenté la demande d’augmentation rétroactive de budget. Certains membres de la commission ont suggéré que cette mesure visait à dissimuler le coût réel des voyages du Premier ministre. Cependant, les représentants du ministère des Finances présents à la réunion ont déclaré que les coûts supplémentaires étaient dus à des voyages imprévus dans d’autres pays.

Gafni a mis en garde que dans le futur la commission n’approuvera plus séparément le budget pour les voyages du Premier ministre à l’étranger.

L’avion réservé aux voyages du Premier ministre a été approuvé en 2014 par la commission Goldberg, qui a également approuvé la construction d’une nouvelle résidence et d’un bureau pour le Premier ministre.

À l’époque, un article publié dans le quotidien financier The Marker indiquait que les responsables du Trésor estimaient que l’achat de cet avion n’était pas économiquement valable, mais la commission avait estimé à l’époque que la décision ne devait pas reposer uniquement sur des considérations financières.

La décision a également été prise suite au tollé général provoqué à l’époque lorsqu’il a été révélé que le gouvernement avait dépensé 450 000 shekels pour équiper un avion El Al avec un lit pour le Premier ministre pour un vol de cinq heures vers le Royaume-Uni.

Rivlin choisit de voler sur des vols commerciaux réguliers. A l’occasion, il voyage en classe économique ou même sur les compagnies aériennes moins chères.

Actuellement, un appel d’offres est lancé aux compagnies aériennes israéliennes lorsque le Premier ministre se déplace. Le système fonctionne bien pour les destinations de moyenne distance telles que l’Europe, où les trois compagnies aériennes israéliennes peuvent rivaliser, mais pour les longs-cours — comme aux États-Unis — seul El Al dispose d’avions capables d’effectuer des vols sans escale.

Selon un reportage de l’ancienne Deuxième chaîne diffusé en août 2016, El Al a profité de l’absence de concurrence, en imposant des prix très élevés pour ces vols. La compagnie aérienne a même exigé à une occasion 4 700 dollars pour placer un réservoir d’oxygène sur un vol pour le président Shimon Peres, qui a fini par prendre un vol Air Canada à la place.

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