Le 3e texte du Conseil de Sécurité bloqué par Washington omet les tirs du Hamas
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Le 3e texte du Conseil de Sécurité bloqué par Washington omet les tirs du Hamas

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé lundi Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à « protéger les civils et particulièrement les enfants »

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Sur cette photo d'archive du 20 juillet 2015, les membres du Conseil de sécurité votent au siège des Nations Unies sur l'accord nucléaire historique entre l'Iran et six puissances mondiales. (AP / Seth Wenig, dossier)
Sur cette photo d'archive du 20 juillet 2015, les membres du Conseil de sécurité votent au siège des Nations Unies sur l'accord nucléaire historique entre l'Iran et six puissances mondiales. (AP / Seth Wenig, dossier)

NEW YORK – Le projet de déclaration conjointe du Conseil de sécurité, actuellement bloqué par les États-Unis, ne fait aucune mention explicite des tirs de roquettes du Hamas de Gaza vers Israël.

Les Etats-Unis se sont opposés lundi, pour la troisième fois en une semaine, à l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU sur le conflit, qui appelait notamment à « une cessation des violences » et à « la protection des civils, notamment les enfants », selon des diplomates.

Le texte rédigé par la Chine, la Tunisie et la Norvège avait été remis dimanche soir aux 15 membres du Conseil de sécurité pour approbation lundi. Les Etats-Unis ont indiqué qu’ils « ne pouvaient pas soutenir pour le moment une expression » du Conseil de sécurité, a dit à l’AFP un diplomate.

Le Times of Israel a obtenu une copie du projet de déclaration mercredi matin. Elle exprime la « grave préoccupation du Conseil concernant la crise de Gaza et les victimes civiles, et appelle à désamorcer la situation, à l’arrêt de la violence et au respect du droit international humanitaire, notamment la protection des civils, en particulier des enfants. »

« Les membres du Conseil de sécurité insistent sur le respect et la protection des installations civiles et humanitaires, notamment celles de l’ONU, appellent toutes les parties à agir conformément à ce principe, et soulignent la nécessité de fournir immédiatement une aide humanitaire à la population civile palestinienne de Gaza », peut-on lire dans le communiqué.

« Les membres du Conseil de sécurité saluent tous les efforts vers l’apaisement et la conclusion d’un accord de cessez-le-feu, notamment de la part des États de la région et du Quatuor du Moyen-Orient, et exhortent tous les acteurs à soutenir ces efforts », poursuit la déclaration.

Les membres se disent préoccupés par les récentes violences à Jérusalem, appelant au maintien du statu quo dans les lieux saints et au « droit des fidèles musulmans de prier en paix à la mosquée Al-Aqsa ».

Ils se disent également gravement préoccupés par l’expulsion imminente par Israël de quatre familles palestiniennes des quartiers de Sheikh Jarrah et Silwan à Jérusalem-Est « et expriment leur opposition aux actions unilatérales, qui ne feront qu’aggraver l’atmosphère déjà tendue ».

Le projet de déclaration se termine par la réaffirmation du soutien du Conseil à une résolution du conflit israélo-palestinien par la solution à deux États et exhorte à « l’intensification et l’accélération des efforts diplomatiques et le soutien à cet objectif ».

L’absence de mention des tirs de roquettes du Hamas depuis Gaza aurait pu figurer parmi les raisons pour lesquelles les États-Unis – qui ont été très critiqués à ce sujet – ont initialement refusé de les soutenir.

Mais un diplomate du Conseil de sécurité a déclaré au Times of Israel que la formulation n’était pas la raison qui avait conduit la mission américaine à bloquer la mesure.

« Ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas soutenir une expression du conseil pour le moment », dit le diplomate.

Après avoir bloqué l’adoption d’une déclaration conjointe du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’escalade à Gaza, un responsable de la mission américaine a suggéré au Times of Israel que la déclaration de l’ONU n’aurait pas aidé ses propres efforts pour négocier un cessez-le-feu.

« Comme nous l’avons régulièrement communiqué aux membres du conseil au cours de la semaine dernière, les États-Unis s’engagent dans des efforts diplomatiques intenses au plus haut niveau pour tenter de mettre fin à ce conflit. Les États-Unis ont un rôle à jouer en veillant à ce que toute déclaration du Conseil soutienne ces efforts », a déclaré le responsable plus tôt ce lundi soir.

« Nous continuons de nous concentrer sur les efforts diplomatiques cruciaux en cours dans la région, à Washington et à New York pour développer une voie vers la désescalade et restons prêts à apporter notre soutien et nos bons offices si les parties recherchent un cessez-le-feu », a ajouté le responsable. .

Le feu et la fumée montent de la tour Jala alors qu’elle est détruite lors d’une frappe aérienne israélienne après que Tsahal a averti les occupants de partir, à Gaza city, le 15 mai 2021 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé lundi Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à « protéger les civils et particulièrement les enfants », réaffirmant que l’Etat hébreu avait, « en tant que démocratie », un « devoir particulier » en la matière.

« Nous allons continuer à mener une diplomatie active pour mettre fin à ce cycle de violence » et « nous sommes prêts à apporter notre soutien si les parties veulent parvenir à un cessez-le-feu », a-t-il déclaré lors d’une visite à Copenhague.

Les Etats-Unis ont aussi demandé à Israël de leur fournir des « précisions » sur la « justification » de la frappe qui a détruit samedi à Gaza un immeuble abritant notamment des médias internationaux et une unité du Hamas.

Très prudent, Blinken a affirmé ne pas avoir personnellement vu d’éventuelles informations partagées par les autorités israéliennes, et ne s’est donc pas prononcé sur la légitimité de la frappe. « Plus globalement, cela dit, et c’est vraiment crucial, Israël a une responsabilité particulière au sujet de la protection des civils pendant qu’il se défend, et cela inclut absolument les journalistes », a-t-il dit.

« La question est de savoir si une action donnée ou une déclaration donnée, en fait, en pratique, fera progresser les perspectives de mettre fin à la violence ou non, et c’est le jugement que nous devons faire à chaque fois », a-t-il dit.

Le refus des Etats-Unis d’accepter une position unie du Conseil de sécurité suscite l’incompréhension de leurs partenaires.

« Nous demandons simplement aux Etats-Unis de soutenir une déclaration du Conseil de sécurité qui dirait des choses similaires à celles qui sont dites bilatéralement par Washington », relève un ambassadeur sous couvert de l’anonymat.

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