Le Bahreïn veut geler l’adhésion du Qatar au Conseil de coopération du Golfe
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Le Bahreïn veut geler l’adhésion du Qatar au Conseil de coopération du Golfe

Des experts estiment que ce groupement régional est "en train de mourir" en raison de la crise entre le Qatar et certains de ses voisins qui l'accusent de "terrorisme"

L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le chef de la diplomatie de Bahreïn a proposé lundi de geler l’adhésion du Qatar au Conseil de coopération du Golfe (CCG) jusqu’à ce que cet émirat accepte les demandes de ses adversaires arabes.

Fondé en 1981, le CCG comprend l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Des experts estiment que ce groupement régional est « en train de mourir » en raison de la crise qui a éclaté en juin entre le Qatar et certains de ses voisins qui l’accusent de « terrorisme ».

« La bonne démarche pour préserver le CCG consisterait à geler l’adhésion du Qatar jusqu’à ce qu’il revienne à la raison et accepte les demandes de nos pays. Autrement, nous serons mieux sans sa participation », a écrit cheikh Khaled ben Ahmad Al-Khalifa, ministre bahreïni des Affaires étrangères, sur son compte Twitter.

Plus tard, le roi du Bahreïn, Hamad ben Issa Al-Khalifa, a surenchéri en accusant le Qatar de mener une politique qui « vise la sécurité des Etats membres du CCG » lors d’une réunion de son gouvernement, selon une déclaration officielle.

« Tant que le Qatar poursuivra sur cette voie, Bahreïn n’assistera à aucun sommet ou réunion du Golfe en présence du Qatar », a dit le souverain en demandant à Doha de « corriger sa politique ».

Bahreïn fait partie des quatre pays arabes qui ont rompu le 5 juin leurs relations avec le Qatar et lui ont imposé un embargo en exigeant notamment l’arrêt du soutien de Doha à des groupes « terroristes » et la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera, jugée « extrémiste ».

Les pays du CCG sont supposés se réunir en sommet avant la fin de l’année, mais la crise avec le Qatar risque d’entraîner le report ou l’annulation de ce rendez-vous annuel des monarchies du Golfe.

Cheikh Khaled a affirmé que son pays avait « le plus souffert » du Qatar depuis que ce dernier fait sécession de Bahreïn il y a des décennies, relançant une ancienne dispute territoriale.

Le Qatar n’a plus d’accès terrestre au reste du monde depuis la fermeture de la frontière avec l’Arabie saoudite. Le « quartet » anti-Qatar a aussi imposé l’arrêt des liaisons aériennes et maritimes, forçant le Qatar à développer de nouvelles voies d’approvisionnement et à rechercher de nouveaux soutiens diplomatiques.

L’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a explicitement accusé les quatre pays ayant déclenché le blocus de tenter de renverser son régime, dans une interview à la chaîne américaine CBS diffusée dimanche.

« Ils veulent un changement de régime, c’est évident », a déclaré l’émir dans l’émission 60 Minutes. « L’histoire nous enseigne qu’ils ont déjà essayé, en 1996, quand mon père est devenu émir. Et ces dernières semaines, ils ont recommencé de façon évidente ».

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