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Le bureau de Netanyahu pourrait se voir interdire d’accueillir les suspects du Qatargate

MGQ a dit à la Cour suprême que les fonctionnaires soupçonnés d'entretenir des "liens problématiques" avec des pays étrangers ne devaient pas être proches du Premier ministre, ni avoir accès à des secrets d'État

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Jonatan Urich (au centre) après une audience à la Cour suprême de Jérusalem, le 27 octobre 2025 (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Jonatan Urich (au centre) après une audience à la Cour suprême de Jérusalem, le 27 octobre 2025 (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Les représentants du bureau du procureur de l’État ont fait savoir, lundi, qu’ils envisageaient de demander au bureau du Premier ministre d’interdire l’accès à ses locaux aux principaux suspects dans l’affaire du Qatargate, Jonatan Urich et Eli Feldstein, deux proches collaborateurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ils ont fait ces déclarations lors d’une audience qui s’est tenue devant la Haute Cour de justice, audience qui était consacrée à une requête du Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, qui demandait d’interdire à tout individu soupçonné d’être impliqué dans le scandale du Qatargate d’entrer au sein du bureau du Premier ministre et d’y travailler. Le groupe de veille a également appelé à élaborer des procédures concernant le travail au sein du bureau des fonctionnaires qui n’ont pas, par ailleurs, reçu d’habilitation en matière de sécurité.

Urich, qui reste salarié du parti du Likud de Netanyahu, a cherché à reprendre son travail au bureau du Premier ministre depuis le début de l’année, au terme de son assignation à résidence.

Le tribunal de district de Lod a prolongé, au mois de septembre, l’interdiction faite à Urich de retourner sur son lieu de travail pendant encore au moins 60 jours, conformément à une requête de la police qui souhaitait l’empêcher de revenir là où il aurait commis, semble-t-il, plusieurs infractions. Il aurait notamment accepté de l’argent du Qatar qui lui aurait demandé d’améliorer son image au sein de l’État juif après le pogrom qui avait été commis par le Hamas, le 7 octobre 2023.

Il a aussi été interdit à Urich de quitter le pays.

Ni Urich ni Feldstein ne disposaient de l’habilitation de sécurité nécessaire pour intégrer le bureau du Premier ministre, lorsqu’ils travaillaient pour Netanyahu.

Eli Feldstein arrivant pour une audience au tribunal de Tel Aviv, le 11 mars 2025. (Crédit : Yehoshua Yosef/Flash90)

Urich est toujours employé par le Likud, où il occupe un poste de conseiller. Feldstein, de son côté, a été engagé comme conseiller média indépendant.

« Il est très grave que le cabinet du Premier ministre soit devenu une ‘plaque tournante’ pour des fonctionnaires qui travaillent sans habilitation de sécurité appropriée tout en contournant délibérément les procédures », a estimé Tomer Naor, l’un des avocats du Mouvement pour un gouvernement de qualité, avant le début de l’audience.

« Une situation dans laquelle des fonctionnaires soupçonnés d’entretenir des liens problématiques avec des pays étrangers sont amenés à côtoyer de près le Premier ministre, une situation dans laquelle ils ont ainsi accès aux secrets les plus intimes de l’État, ne doit pas être tolérée », a-t-il ajouté.

Urich et Feldstein auraient mené une campagne de relations publiques en faveur du Qatar avec pour objectif de présenter Doha sous un jour favorable pendant plus d’un an, après le massacre commis par les hommes armés du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, malgré les liens étroits qui unissent cet État du Golfe au groupe terroriste.

Urich est soupçonné de multiples infractions dans ce dossier, notamment d’avoir accepté des pots-de-vin du Qatar et d’avoir été en contact avec un agent étranger. Il se serait également rendu coupable d’abus de confiance.

La décision prise par le tribunal de district de Lod a fait suite à un jugement rendu par le tribunal de première instance, le 11 septembre, qui estimait que le maintien de l’interdiction faite à Urich de travailler au bureau du Premier ministre, comme le demandait les forces de l’ordre, porterait atteinte à ses droits constitutionnels, et que les preuves présentées concernant la menace présumée pour la sécurité nationale que représenterait Urich étaient insuffisantes pour justifier une telle atteinte à ses droits.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive au tribunal de district de Tel Aviv pour son procès pour corruption, le 15 octobre 2025. (Crédit : Reuven Kastro/POOL)

Le juge Amit Michles, du tribunal de district de Lod, a noté qu’Urich affirmait n’avoir enfreint aucune loi en effectuant un travail de relations publiques pour le Qatar afin d’améliorer l’image de Doha en tant que pays médiateur impartial dans le cadre des négociations sur les otages, tout en travaillant comme conseiller de Netanyahu.

Urich affirmant n’avoir rien fait de répréhensible, un risque de récidive en cas de retour au bureau du Premier ministre n’en est que plus important, a écrit Michles, « alors que [de tels actes] pourraient causer un préjudice déterminant, que ce soit à la sécurité de l’État ou à d’autres domaines ».

En plus d’être suspect dans l’affaire du Qatargate, Feldstein a été inculpé pour atteinte à la sécurité de l’État dans le cadre du scandale dit des « documents de sécurité » qui avait secoué le bureau du Premier ministre, quand des documents hautement confidentiels avaient fuité en direction du tabloïd allemand Bild.

Dans ce dossier, Feldstein est accusé d’avoir transféré des informations classifiées dans l’intention de porter atteinte à l’État, un chef d’accusation passible d’une peine d’emprisonnement à perpétuité, ainsi que de possession illicite d’informations classifiées et d’entrave à la justice.

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