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Le cabinet va décider d’actions « plus larges » contre le terrorisme, dit Netanyahu

De plus, le Premier ministre a raillé la désobéissance civile et la grève nationale décidée en signe de protestation contre la refonte judiciaire

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 12 février 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg, Pool)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 12 février 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg, Pool)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que les ministres allaient décider « d’une action plus large » contre les terroristes après la mort de trois Israéliens dans un attentat à la voiture-bélier, vendredi à Jérusalem.

« Le cabinet va se réunir aujourd’hui pour préparer des actions encore plus larges contre les auteurs d’attaques terroristes et contre leurs partisans à Jérusalem-Est et en Judée-Samarie, tout en évitant de porter préjudice, et ce autant que possible, aux personnes qui ne sont pas impliquées », a commenté Netanyahu en utilisant le terme biblique qui désigne la Cisjordanie.

« Aujourd’hui également, le gouvernement autorisera le renforcement des implantations dans le pays – ces implantations que les terroristes s’efforcent de déraciner », a-t-il ajouté, sans donner plus de détail.

Netanyahu a aussi fait savoir qu’une législation révoquant la citoyenneté ou le statut de résident des terroristes condamnés et rémunérés par l’Autorité palestinienne serait adoptée dans les prochains jours.

« Je le dis encore une fois parce que c’est notre politique : la bonne réponse à apporter au terrorisme est de frapper fort et d’ancrer encore davantage nos racines dans notre pays », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre n’a pas mentionné Gaza. Dans le cadre d’une initiative inhabituelle, l’armée israélienne n’a pas mené, la nuit dernière, de frappes aériennes dans la bande en réaction à un tir de roquette émanant de l’enclave côtière samedi – ce qui pourrait indiquer que l’État juif cherche à éviter une escalade des violences.

Trois personnes avaient été tuées, vendredi, quand Hussein Qaraqa avait projeté sa voiture en direction d’un groupe de personnes qui se trouvaient à un arrêt de bus, à proximité du quartier de Ramot à Jérusalem, tuant Yaakov Yisrael Paley, 6 ans, et Alter Shlomo Lederman, 20 ans. Le frère aîné de Paley, Asher Menahem Paley, 8 ans, avait été grièvement blessé dans l’attentat et il avait succombé à ses blessures dans la journée de samedi.

Suite à l’attaque, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait diffusé un communiqué disant qu’il avait demandé aux forces de l’ordre de se préparer en vue d’une opération de répression antiterroriste majeure à partir de dimanche, évoquant de manière spécifique une campagne militaire restée célèbre, en 2002, qui avait pris pour cible les groupes terroristes de Cisjordanie.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir sur la scène d’une attaque terroriste meurtrière près du carrefour de Ramot, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Gvir n’a néanmoins pas la compétence nécessaire pour approuver seul une telle opération et ses propos avaient été rejetés par un haut-responsable du gouvernement. Le responsable, qui avait témoigné sous couvert d’anonymat auprès de plusieurs journaux israéliens, avait indiqué que « des décisions d’une telle ampleur ne sont pas prises sur un trottoir via des déclarations faites par un ministre ou par un autre, sur la scène d’un attentat ».

Selon la Douzième chaîne, Netanyahu et le ministre de la Défense, Yoav Gallant, avaient été pris par surprise par les propos tenus par Ben Gvir. Toutefois, samedi soir, Ben Gvir a posté un tweet dans lequel il répétait sa déclaration initiale, disant qu’il était « déterminé » à lancer une opération majeure.

Dans ses paroles prononcées dimanche, Netanyahu a aussi évoqué la refonte judiciaire avancée par son gouvernement de la ligne dure face aux manifestations massives et aux critiques émises par des juristes, des économistes et d’anciens responsables de la sécurité de premier plan.

Une première lecture de ces propositions controversées est prévue lundi. Un projet de loi doit passer l’épreuve de trois lectures successives à la Knesset pour être définitivement adopté et la coalition a fait part de son intention de mener une campagne-éclair au sein du Parlement de manière à ce que la législation soit approuvée d’ici le mois d’avril.

« Le gouvernement a reçu la confiance du public lors d’élections démocratiques et il a reçu un mandat clair de la part des citoyens d’Israël. Personne ne peut le nier ici », a-t-il déclaré.

« Personne ne peut non plus mettre en doute le droit à manifester mais personne ne peut appeler à la violence, agir avec violence, appeler aux troubles civils ou imposer une grève à un grand nombre qui ne souhaite pas, pour sa part, se mettre en grève », a-t-il continué.

Des soldats de réserve israéliens, des anciens combattants et des activistes rassembl »s devant la Cour suprême pour protester contre la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les organisateurs du mouvement de protestation ont appelé à une grève nationale lundi pour coïncider avec les premiers votes des députés sur les projets de loi controversés, ce qui constitue une nouvelle étape dans les manifestations. Il y aura également un rassemblement de masse devant la Knesset à Jérusalem lundi à midi, ainsi que des manifestations simultanées dans d’autres villes.

La coalition de Netanyahu a accordé la priorité à cette restructuration spectaculaire du système judiciaire qui permettra au gouvernement de contrôler ce dernier.

Selon un sondage qui a été diffusé vendredi par la Douzième chaîne, seulement un Israélien sur quatre soutient l’avancée, par le gouvernement, de cette réforme judiciaire sous sa forme actuelle.

Le projet de refonte du ministre de la Justice Yariv Levin, qui est soutenu par Netanyahu, prévoit de restreindre de manière importante la capacité de la Haute-cour à invalider des lois et des décisions gouvernementales avec l’adoption d’une clause dite « dérogatoire » qui permettrait au Parlement de surseoir aux décisions de la Cour suprême avec un vote à la majorité simple de 61 députés. Ces propositions prévoient aussi de donner au gouvernement le contrôle total de la sélection des juges ; de faire disparaître la notion juridique du « caractère raisonnable » du code pénal israélien, une notion sur laquelle s’appuient les magistrats pour juger une législation ou une décision prise par la coalition et elles prévoient également que les ministres seront autorisés à nommer leurs propres conseillers juridiques au lieu de devoir faire appel à ceux qui opèrent sous les auspices du ministère de la Justice.

Les critiques affirment qu’en plus d’autres législations prévues, ces réformes radicales auront un impact sur la nature démocratique du pays en bouleversant son système de contre-pouvoirs, accordant presque tous les pouvoirs à l’exécutif et laissant sans protection les droits individuels et ceux des minorités.

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