Le Canada va dépenser 5 M$ pour renforcer la sécurité des institutions juives
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Le Canada va dépenser 5 M$ pour renforcer la sécurité des institutions juives

Le Premier ministre canadien promet des fonds lors du sommet sur l'antisémitisme, dans le cadre d'un effort national visant à renforcer la sécurité des minorités à risque

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'exprime lors d'une conférence de presse à la fin d'un sommet UE-Canada au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, mardi 15 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'exprime lors d'une conférence de presse à la fin d'un sommet UE-Canada au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, mardi 15 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

MONTRÉAL (JTA) – Au milieu d’un nombre sans précédent d’incidents antisémites au Canada, le gouvernement s’apprête à dépenser plus de 5 millions de dollars pour renforcer la sécurité des institutions communautaires juives du pays.

Le Premier ministre Justin Trudeau a fait cette annonce mercredi lors d’un « sommet » national virtuel spécial sur l’antisémitisme.

« L’antisémitisme n’est pas un problème que la communauté juive doit résoudre seule, c’est à chacun de relever ce défi », a-t-il déclaré. « Il s’agit du plus gros investissement pour une année donnée dans l’histoire du programme, et il renforcera la sécurité de nombreuses synagogues, écoles juives et institutions communautaires ».

« Nous restons déterminés à soutenir les progrès vers une solution à deux États. Nous continuons de nous opposer aux actions unilatérales qui compromettent les perspectives de paix, a affirmé M. Trudeau. Nous soutiendrons fermement les peuples israélien et palestinien dans leur droit de vivre en paix et en sécurité, et avec leurs droits de la personne respectés. » Il a ajouté que « le Canada soutient fermement le droit d’Israël de vivre en paix avec ses voisins à l’intérieur de frontières sûres, et le droit d’Israël de se défendre ».

Ce nouveau financement fait partie du Programme d’infrastructure de sécurité de son gouvernement, qui vise à renforcer la sécurité des minorités à risque.

L’un des principaux messages de la conférence était que les bonnes intentions ne suffiront pas à débarrasser le monde de l’un de ses plus vieux fléaux.

Selon B’nai Brith Canada, plus de 2 600 incidents antisémites ont eu lieu au Canada en 2020, une cinquième année record consécutive. Quelque 44 % d’entre eux semblaient être liés à la pandémie COVID-19, a précisé le groupe.

« L’augmentation des crimes motivés par la haine contre la communauté juive au cours des derniers mois n’est pas seulement alarmante, elle est totalement inacceptable », a déclaré Trudeau. « En tant que Canadiens juifs, vous êtes trop nombreux à m’avoir dit que vous vous sentiez isolés et vulnérables. »

Trudeau faisait partie du nombre de voix éminentes entendues lors de la conférence, qui était présidée par la ministre de la Diversité et de l’Inclusion, Bardish Chagger, et l’ancien ministre de la Justice, Irwin Cotler. Outre les nombreux représentants du gouvernement, les participants comprenaient des organisations de défense des droits des Juifs, la communauté noire, des éducateurs, des forces de l’ordre et des étudiants.

Irwin Cotler assistant à une commission de la Knesset en mars 2013 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Annamie Paul, la chef noire et juive du Parti vert du Canada, a déclaré à la conférence que son soutien à Israël a entraîné un déluge de haine antisémite à son encontre.

Trudeau a noté dans ses remarques que les mesures déjà prises par son gouvernement pour lutter contre la haine comprenaient la nomination de Cotler comme envoyé spécial pour promouvoir l’enseignement de la Shoah et l’adoption de la définition de travail de l’antisémitisme développée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

Cotler a déclaré dans une interview publiée que le sommet était « opportun » et « nécessaire », mais que les actions devaient suivre les mots.

« Il ne peut s’agir d’une simple discussion ponctuelle », a-t-il déclaré. « Il devra s’agir d’un plan d’action qui sera élaborée et mise en œuvre à la suite de la discussion. »

Un sommet connexe sur l’islamophobie était prévu pour jeudi.

La responsable du parti des Verts Annamie Paul à Toronto, en 2020. (Crédit : Rebecca Wood)

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