Le Caucus noir du Congrès demande à Israël de mettre fin aux expulsions
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Le Caucus noir du Congrès demande à Israël de mettre fin aux expulsions

Un projet de lettre circulant parmi les membres appelle l'Etat juif à faire passer les Africains par les systèmes internationaux existants de traitement des demandes d'asile

Cedric Richmond, président du caucus noir du Congrès, s'exprimant lors d'une conférence de presse avec des membres du caucus et des membres de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants au Capitole américain, le 18 janvier 2018 (Win McNamee/Getty Images)
Cedric Richmond, président du caucus noir du Congrès, s'exprimant lors d'une conférence de presse avec des membres du caucus et des membres de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants au Capitole américain, le 18 janvier 2018 (Win McNamee/Getty Images)

WASHINGTON – Le caucus noir du Congrès demande instamment au gouvernement israélien de mettre fin à un plan qui force quelque 40 000 migrants africains dans le pays à choisir entre l’expulsion et la prison.

Dans le cadre du plan israélien, les migrants ont le choix entre la prison et l’expulsion plus tard, ou l’expulsion immédiate avec des incitations financières et des billets d’avion gratuits. Jusqu’à présent, la plupart des migrants qui ont refusé d’être expulsés étaient libres de vivre et de travailler en Israël, bien que confrontés à des politiques discriminatoires.

Au lieu de cela, le caucus exhorte Israël à adopter la position proposée par les défenseurs des migrants et à les acheminer vers d’autres pays par le biais des systèmes internationaux existants de traitement des demandes d’asile.

Une ébauche de lettre distribuée aux membres du caucus, dont le premier rapport a été publié mardi par Haaretz, indique qu’un certain nombre d’organisations juives, dont la « Anti-Defamation League » (ADL) et « HIAS », le principal groupe de défense des droits des immigrants juifs, ont formulé des recommandations semblables.

Les responsables israéliens se méfient du processus plus formel, qui peut prendre des années.

En tant qu’ami intime des États-Unis et allié régional essentiel, Israël est un phare de la démocratie et de la bonne gouvernance au Moyen-Orient », dit la lettre. « Compte tenu de cette situation décourageante, nous cherchons à atténuer une crise humanitaire potentielle. »

Les migrants africains partent du centre de détention de Holot pour aller à la prison de Saharonim, un centre de détention israélien pour demandeurs d’asile africains le 22 février 2018 (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)

La lettre tient compte des préoccupations israéliennes concernant le fait que certains des migrants peuvent chercher un emploi et non un refuge, ainsi que des préoccupations relatives à la sécurité nationale soulevées par l’arrivée de migrants sans papiers. Elle note également que les migrants sont « principalement originaires d’Érythrée et du Soudan, pays caractérisés par l’instabilité politique et la violence » et que beaucoup ont été « victimes d’enlèvements, de tortures et de violences sexuelles ».

Mais il y est dit que la proposition actuellement en vigueur, qui enverrait les migrants dans un pays africain inconnu avec un paiement de 3 500 dollars, un billet d’avion gratuit et d’autres mesures incitatives, présente des dangers pour les migrants.

Elle note que les migrants africains qui se sont rendus en Israël et qui ont accepté des offres similaires par le passé se sont heurtés à des dangers lors de leurs voyages, notamment la traite des êtres humains et, dans certains cas, la mort.

La lettre n’a pas encore été envoyée.

Haaretz a rapporté que 15 des 49 membres du caucus noir du Congrès ont signé la lettre, y compris certains qui, au fil des ans, ont pris l’initiative de faire avancer les politiques pro-israéliennes, dont le sénateur démocrate du New Jersey Cory Booker, et les représentants démocrate Alcee Hastings de Floride, et Elijah Cummings, du Maryland.

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