Le chef de la Police des frontières choisi comme chef de la police
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Le chef de la Police des frontières choisi comme chef de la police

Ohana a fait connaître sa préférence pour Kobi Shabtai ; c'est un commissaire par intérim qui occupait le poste depuis deux ans ; Katy Perry dirigera le Service pénitencier

Kobi Shabtai, commandant de la police des frontières, le 28 septembre 2017. (Crédit :  Moshe Shai/Flash90)
Kobi Shabtai, commandant de la police des frontières, le 28 septembre 2017. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Face aux pressions exercées par le procureur-général, le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana (Likud) a annoncé mardi avoir nommé le chef de la Police des frontières, Yaakov (Kobi) Shabtai, au poste de chef de la police israélienne, mettant un terme à une impasse de deux ans.

Ohana a aussi déclaré que la directrice actuelle du district du sud du Service israélien pénitencier (IPS), Katy Perry, prendrait la tête de l’instance toute entière. Elle sera la deuxième femme à diriger l’IPS.

Les nominations de Shabtai et de Perry seront soumises à l’approbation de la commission gouvernementale chargée de la désignation des hauts-fonctionnaires, ainsi qu’à celle du cabinet.

Suite à l’annonce, le chef intérimaire de la police, Motti Cohen, a fait savoir qu’il allait présenter sa démission dans les jours à venir. Dans un courrier consacré à la décision et adressé aux forces de police, Cohen a déploré les calculs politiques qui avaient entraîné le report de la désignation d’un chef permanent depuis plus de deux ans. Il a aussi affirmé qu’il y avait des interventions dans le travail des forces de l’ordre – dont il n’a toutefois pas précisé l’origine.

La responsable du district sud du service israélien des prisons, Katy Perry. (Crédit : Police israélienne)

Shabtai, 56 ans, était considéré comme un favori pour le poste, ces dernières semaines, de nombreux analystes estimant que Ohana pourrait aussi choisir le commandant du district de Jérusalem, Doron Yadid, ou l’un des prédécesseurs de Yadid, Yoram Halevi. Avant d’endosser le costume de dirigeant de la police des frontières, Shabtai avait travaillé au sein de l’unité policière anti-terroriste Yamam et il avait commandé une équipe de combat sous couverture dans la bande de Gaza. En revanche, il n’a jamais été commissaire de district, un pré-requis pourtant habituel pour les candidats au poste de chef de la police.

Ses supérieurs ont salué à plusieurs reprises son dévouement, disant qu’il avait risqué sa vie pour sauver des agents et des civils.

Shabtai avait fait les gros titres, le mois dernier, lorsqu’il avait ordonné d’arrêter un entraînement de la police des frontières de manière à ce que les agents puissent regarder un reportage récemment diffusé par la Treizième chaîne sur le mauvais comportement que pouvaient avoir certains officiers, pour qu’ils s’en servent d’avertissement sur les conduites à éviter dans le cadre de leurs fonctions. Des agents avaient été filmés en train de violenter et d’humilier des Palestiniens qui étaient entrés illégalement au sein de l’Etat juif depuis la Cisjordanie.

« Le fait que de tels incidents puissent arriver exigent de nous, commandants, que nous prenions le temps de mener une inspection interne, de faire le point sur nous-mêmes et sur le climat et l’état d’esprit qui règnent actuellement au sein de nos unités », avait-il écrit au personnel de la police des frontières à ce moment-là.

Le Service pénitencier n’avait plus de chef permanent depuis 2018, avec la fin du mandat d’Ofrah Klinger. Il est depuis dirigé par un responsable par intérim, Asher Vaknin.

Perry, 56 ans, était devenue l’année dernière la toute première commandante de district de l’organisation.

Le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana et le chef intérimaire de la police Motti Cohen, pendant une visite à l’administration de gestion nationale du coronavirus à Tel Aviv, le 1er décembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Annonçant sa décision, Ohana a indiqué que les deux postes qu’il pourvoyait exigeaient des responsables avec « des connaissances profondes de l’organisation et de l’expérience dans des rôles variés », ainsi que la capacité à maintenir les valeurs défendues dans ces services et à les « renouveler ».

Quelques heures après l’annonce, Cohen a envoyé une lettre à ses subordonnées faisant part de sa décision de se retirer.

« Il semble que la décision de ne pas désigner un commissaire permanent depuis si longtemps n’a pas été exempte de considérations extérieures », a-t-il écrit, lançant apparemment une pique au gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« En plus des défis habituels présentés par la nature du poste qui est le mien, j’ai eu récemment à relever d’autres défis nouveaux – des tentatives d’intervention dans le travail de la police israélienne. Ces interventions n’ont pas leur place dans l’organisation et je ne les ai pas acceptées », a ajouté Cohen, sans rentrer dans les détails.

L’annonce faite par le ministre de la Sécurité intérieure est survenue moins d’une semaine après l’ordre donné à Ohana par le procureur-général Avichai Mandelblit de désigner un responsable au poste de commissaire de la police permanent, et ce avant la fin du mois.

Cet ordre donné par Mandelblit avait suivi une injonction de la Haute-cour de justice qui avait sommé le gouvernement de désigner un nouveau dirigeant à la tête des forces de l’ordre. Elle n’avait pas donné de délai pour ce faire.

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