Le chef de l’ONU appelle les USA à lever les sanctions soulignées dans le JCPOA
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Le chef de l’ONU appelle les USA à lever les sanctions soulignées dans le JCPOA

Antonio Guterres veut que Joe Biden lève les limitations appliquées à Téhéran pour faciliter une réintégration dans l'accord

Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères,  Sergey Lavrov, suite à des discussions à Moscou, en Russie, le 12 mai 2021. (Crédit : Maxim Shemetov, Pool via AP)
Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, suite à des discussions à Moscou, en Russie, le 12 mai 2021. (Crédit : Maxim Shemetov, Pool via AP)

Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres a demandé au président américain Joe Biden de lever toutes les sanctions imposées à l’Iran telles que prévues dans le JCPOA (Plan global d’action conjoint), l’accord signé par l’Iran et les puissances mondiales en 2015 qui restreignait le programme nucléaire iranien.

Dans un rapport biannuel présenté au Conseil de sécurité concernant le pacte conclu avec la République islamique, Guterres recommande vivement aux États-Unis de « prolonger les exemptions sur le commerce du pétrole » réalisé avec Téhéran et de « renouveler pleinement les dispenses concernant les projets de non-prolifération nucléaire », a fait savoir Reuters.

« J’appelle les États-Unis à lever ou à renoncer aux sanctions qui sont soulignées dans l’accord », a écrit Guterres, qui a aussi demandé à l’Iran de se conformer à nouveau pleinement aux dispositions présentées dans le pacte.

« Je continue à croire qu’une pleine remise en œuvre du plan reste le meilleur moyen de garantir que le programme nucléaire de la République islamique restera exclusivement pacifique », a-t-il poursuivi.

L’accord conclu en 2015 prévoyait une baisse des activités nucléaires de la République islamique en échange d’un allègement des sanctions.

Mais en 2018, le président américain Donald Trump avait retiré les États-Unis unilatéralement de l’accord et avait réimposé des sanctions renforcées, amenant l’Iran à renoncer de plus en plus à ses propres engagements.

Le président américain Donald Trump signe des « sanctions sévères » contre le Guide suprême de l’Iran, en compagnie du vice-président américain Mike Pence et du secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin à la Maison Blanche, le 24 juin 2019. (Crédit : MANDEL NGAN / AFP)

Le successeur de Trump, Joe Biden, a fait savoir qu’il était prêt à réintégrer l’accord et les pays signataires – notamment la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie – ont négocié la remise en place du pacte exsangue à Vienne depuis la mi-avril.

La semaine dernière, le chef de cabinet du président iranien, Hassan Rouhani, a fait savoir que les États-Unis lèveraient environ 1 040 sanctions appliquées sous Trump à des secteurs vitaux de l’économie iranienne, notamment le pétrole, et qu’ils supprimeraient de ses listes noires les noms de plusieurs hauts-responsables. Parmi eux, plusieurs personnalités appartenant au cercle des proches de Khamenei, a-t-il précisé.

Les États-Unis ont démenti ces informations.

NBC News a fait savoir, au début de la semaine, que les États-Unis réfléchissaient à lever les sanctions appliquées au guide suprême iranien Ali Khamenei. Des sources proches du dossier ont fait savoir à la chaîne que cette initiative avait été évoquée pendant les pourparlers indirects qui ont lieu actuellement entre les États-Unis et l’Iran à Vienne, dans le cadre d’une série de compromis potentiels de la part de Washington visant à encourager Téhéran à réintégrer pleinement l’accord et à se soumettre à ses termes.

Pour sa part, le nouveau président élu en Iran, Ebrahim Raisi, un ultra-conservateur considéré comme un proche de Khomenei, a indiqué la semaine dernière qu’il ne permettrait pas aux négociations de traîner en longueur.

Le nouveau président iranien Ebrahim Raissi salue les journalistes à la fin d’une conférence de presse à Téhéran, le 21 juin 2021. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

L’envoyé iranien aux pourparlers de Vienne, le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a indiqué « qu’au point où nous en sommes actuellement, les domaines et les actions qui sont possibles ou non apparaissent clairement. Le moment est donc venu pour toutes les parties, et en particulier pour nos homologues, de prendre des décisions définitives ».

Araghchi a ajouté que « combler les divergences, cela nécessite des décisions qui reviennent principalement aux États-Unis. J’espère que dans la prochaine série de négociations, nous pourrons parcourir cette courte distance – même si elle est difficile ».

Israël s’oppose à l’accord sur le nucléaire qui, selon l’État juif, permettrait à la République islamique de développer l’arme atomique.

Le changement de gouvernement en Israël qui a eu lieu au début du mois – qui a écarté du pouvoir le Premier ministre de longue date du pays, Benjamin Netanyahu – n’a pas entraîné de changement de positionnement sur la question du nucléaire iranien. Dans un discours prononcé avant sa prestation de serment au poste de Premier ministre, Naftali Bennett a fait part de son opposition fervente à la perspective d’un retour des États-Unis dans le JCPOA.

Le nouveau gouvernement cherche toutefois à établir un dialogue constructif et discret avec Washington sur le sujet.

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