Le chef de Satmar blâme ses partisans pour leur admiration d’Israël et de Tsahal
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Le chef de Satmar blâme ses partisans pour leur admiration d’Israël et de Tsahal

Un rabbin anti-sioniste s’est plaint du "déclin spirituel énorme et terrible" parmi ses partisans ; il ne peut y avoir "aucun compromis" sur la conscription ultra-orthodoxe

Le rabbin Satmar Aaron Teitelbaum prononce un discours devant des milliers de disciples au Nassau Coliseum de Long Island, à New York, le 3 juin 2018 (Capture d'écran : YouTube)
Le rabbin Satmar Aaron Teitelbaum prononce un discours devant des milliers de disciples au Nassau Coliseum de Long Island, à New York, le 3 juin 2018 (Capture d'écran : YouTube)

Le chef de la communauté hassidique de Satmar a accusé ses partisans d’admirer de plus en plus Israël pour ses réussites militaires et politiques, en les implorant de maintenir la ligne anti-sioniste dure du groupe hassidique.

S’exprimant devant des milliers de membres du Satmar au Nassau Coliseum de Long Island, le rabbin Aaron Teitelbaum s’est plaint de ce qu’il a qualifié de « déclin spirituel énorme et terrible » parmi ses soutiens.

« Selon les rumeurs que j’ai entendues, [les gens] sont contents de parler des informations sur les réussites [des Israéliens], à quel point ils sont intelligents, à quel point ils ont eu du succès politiquement et militairement, et à propos de leurs dirigeants », a déclaré Teitelbaum dimanche à la foule dans un discours prononcé en yiddish, selon une traduction en hébreu du radiodiffuseur public Kann.

« Nous devons crier gevalt, gevalt ! Où en sommes nous arrivés ?, a-t-il déclaré. Nous n’avons rien à voir avec le sionisme. Nous n’avons rien à voir avec leurs guerres. Nous n’avons rien à voir avec l’état d’Israël ».

Satmar, l’un des groupes hassidiques les plus importants dans le monde, est farouchement anti-sioniste et ne reconnaît pas l’état d’Israël ; il considère qu’un état juif ne devrait pas exister avant l’arrivée du Messie.

« Nous continuerons à combattre la guerre de Dieu contre le sionisme sous tous ses aspects », a déclaré Teitelbaum.

Le rabbin de Satmar s’est exprimé contre la législation d’incorporation concernant le service militaire pour les étudiants du séminaire ultra-orthodoxe en Israël.

« Nous disons qu’il ne peut y avoir aucun compromis, a-t-il déclaré. Nous n’acceptons aucun compromis concernant la loi d’incorporation [militaire] pour les étudiants de yeshiva ».

La remarque de Teitelbaum est survenue alors que la coalition négocie sur la loi traitant pour rendre obligatoire le service militaire aux étudiants ultra-orthodoxes du séminaire.

Plus tôt cette semaine, le chef du parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah a posé un ultimatum « sans équivoque » déclarant que sa faction va quitter le gouvernement si la législation n’est pas passée dans les sept prochaines semaines pour exempter les membres de sa communauté d’un service militaire obligatoire.

La menace de l’assistant du ministère de la Santé Yaakov Litzman, pas la première de cette nature, intervient à l’approche de la date butoir de septembre fixée par la Haute Cour de Justice pour que la Knesset modifie une ancienne exemption que la Cour a jugée illégale statuant qu’elle violait les principes d’égalité.

En septembre 2017, le Haute Cour de Justice a retoqué une loi exemptant de service militaire les hommes ultra-orthodoxes engagés dans une étude religieuse, déclarant que cela contrevenait au principe d’égalité devant la loi. La cour a pourtant suspendu sa décision pour une durée d’un an afin de permettre qu’un nouvel arrangement soit trouvé, donnant au gouvernement la possibilité de faire passer une nouvelle loi.

Après qu’un tel ultimatum a été effectué par le parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah lors de la session d’hiver de la Knesset, les partenaires de la coalition ont obtenu un accord de dernière minute afin de coopérer sur la question problématique pour trouver une solution avant la date butoir. Un accord de compromis semble pourtant encore hors d’atteinte, alors que le ministre de la Défense Avidgor Liberman a promis que son parti fermement laïc d’Yisrael Beytenu ne céderait pas devant les demandes formulées par les partenaires ultra-orthodoxes de la coalition.

Alors que la question de l’incorporation des ultra-orthodoxes est problématique en Israël – il s’agit d’un débat long de plusieurs décennies pour savoir si les jeunes hommes ultra-orthodoxes étudiant dans des yeshivas, ou séminaires, devraient être appelés à faire leur service militaire obligatoire comme le reste de la population juive d’Israël – plusieurs mois de manifestations sporadiques ont récemment été organisés par la Faction Jérusalem, qui refuse tout lien avec l’armée.

Des manifestants ultra-orthodoxes bloquent une route à Bnei Brak alors qu’ils manifestent contre le projet de l’armée, le 22 mars 2018 (Crédit : Porte-parole de la police)

Même si les Israéliens ultra-othodoxes sont exemptés de l’incorporation, on leur demande de venir se signaler aux bureaux d’incorporation afin de signer un ajournement de service. Pourtant, les rabbins de la Faction de Jérusalem ordonnent à leurs étudiants de ne pas le faire. Les manifestations, habituellement focalisées sur Jérusalem, le Bnei Brak et Beit Shemesh, ont mené à de violents affrontements avec la police.

Les étudiants du séminaire ultra-orthodoxe ont largement été exemptés de l’incorporation dans l’armée israélienne depuis que le ministre de la Défense de l’époque David Ben-Gurion a exempté de service 400 étudiants en 1949 sur la base que « leurs études sont leurs compétences ».

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