Le chef des démocrates appelle au vote pour renverser le décret de Trump
Rechercher

Le chef des démocrates appelle au vote pour renverser le décret de Trump

11 sénateurs républicains se sont opposés à l'action exécutive, Schumer et Feinstein vont présenter un projet de loi pour l'annuler

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le sénateur américain Chuck Schumer , ici avec des réfugiés, œuvre pour annuler le décret de Trump, interdisant temporairement l'immigration aux États-Unis de réfugiés et des certains voyageurs musulmans, lors d'un conférence de presse le 29 janvier 2017. (Crédit : AFP PHOTO/ Bryan R. Smith)
Le sénateur américain Chuck Schumer , ici avec des réfugiés, œuvre pour annuler le décret de Trump, interdisant temporairement l'immigration aux États-Unis de réfugiés et des certains voyageurs musulmans, lors d'un conférence de presse le 29 janvier 2017. (Crédit : AFP PHOTO/ Bryan R. Smith)

WASHINGTON – Le chef de l’opposition au Sénat Chuck Schumer (démocrate) a déclaré qu’il demandera à ce qu’un vote soit organisé pour renverser le décret très controversé émis par le président américain Donald Trump.

« Ce soir, je demanderai au Sénat de voter pour renverser ceci », a déclaré le démocrate new-yorkais à Matt Lauer pour la NBC.

« C’est un décret systématique qui atteint des innocents et qui ne permettra pas de mettre fin au terrorisme. C’est effroyable. »

Schumer a déclaré que la sénatrice démocrate Diane Feinstein a « méticuleusement étudié la loi » qui lèverait l’action exécutive prise par Trump vendredi dans le cadre de son discours de campagne, dans lequel il disait vouloir stopper l’immigration en provenance des pays dans lesquels les groupes terroristes ont un pied-à-terre.

Le décret présidentiel interdit à des ressortissants de 7 pays majoritairement musulmans d’entrer aux États-Unis pendant 90 jours, et a bloqué l’accès aux réfugiés syriens pour une durée indéterminée.

Dimanche, Schumer s’est exprimé dans une émouvante conférence de presse. Il a annoncé qu’il avait l’intention de lutter contre ce décret. « Mon deuxième prénom, c’est Ellis. Je porte le nom de mon oncle Ellis, qui a lui même été nommé d’après Ellis Island. Le combat, c’est dans mes os. C’est écrit sur mon acte de naissance », a-t-il déclaré.

Le président élu Donald Trump avec le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell, à droite, au Capitole à Washington, le 10 novembre 2016. (Crédit AFP/Nicholas Kamm)
Le président élu Donald Trump avec le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell, à droite, au Capitole à Washington, le 10 novembre 2016. (Crédit AFP/Nicholas Kamm)

« Cet action exécutive est mesquine et non-américaine », a-t-il ajouté.

Plus tard dans la journée, Trump s’est moqué des larmes versées par les sénateurs. « Seulement 109 personnes sur 325 000 ont été retenus pour être soumis à un interrogatoire », a écrit le président sur Twitter.

« De nombreux problèmes ont eu lieu à l’aéroport à cause d’une panne informatique chez Delta, des manifestants, et des larmes du sénateur Schumer. »

Des manifestants protestent contre le décret anti-immigration de Trump devant l'aéroport international de JFK, à New York le 28 janvier 2017. (Crédit : AFP PHOTO / Bryan R. Smith)
Des manifestants protestent contre le décret anti-immigration de Trump devant l’aéroport international de JFK, à New York le 28 janvier 2017. (Crédit : AFP PHOTO / Bryan R. Smith)

Alors que les démocrates vont tout faire pour renverser ce décret, officiellement intitulé « Protéger la Nation de l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis », le chef de la majorité au Sénat, le républicain Mitch McConnell contrôle désormais le sort de la motion de Feinstein. En effet, c’est à lui que revient la décision de faire voter ou non cette motion au Sénat.

« J’espère que Mitch McConnell autorisera la vote », a déclaré Schumer lundi matin. « Il y a déjà 11 républicains… qui se sont montré opposés au décret. »

John McCain, sénateur pour l’Arizona et Lindsay Graham, sénatrice de la Caroline du Sud, tous deux républicains, ont été publié une déclaration conjointe sur l’action prise par le président.

Ils ont souligné que le gouvernement américain « est responsable » de défendre ses frontières, ils ont affirmé qu’ils sont « inquiets des rapports qui indiquent que ce décret est entré en vigueur sans consultation ou presque avec les départements d’État, de la Défense, de la Justice et de la Sécurité intérieure ».

« Nous craignons que ce décret soit davantage bénéfique au recrutement des terroristes et préjudiciable à notre sécurité », ont-ils ajouté. « Nous devons le faire de façon à garantir notre sécurité tout en maintenant ce qui est digne de notre nation, et qui la rend exceptionnelle. »

Trump a rapidement réagi sur Twitter et a déclaré qu’ils avaient « tort » et qu’ils étaient « faibles en ce qui concerne l’immigration ».

Le président a également défendu son décret dimanche, dans le tollé déclenché dans le monde entier.

« Ce n’est pas un décret anti-musulmans, comme les médias se plaisent à le rapporter erronément », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Ce n’est pas une question de religion, c’est une question de terrorisme et de sécurité nationale. Il y a plus de 40 pays différents dans le monde qui sont majoritairement musulmans et qui ne sont pas concernés par ce décret. »

Cette mesure a suscité une opposition véhémente de la part de la communauté juive américaine. Certains y voient dans le traitement infligé aux musulmans un écho de leur propre histoire, et tout particulièrement parce que ce décret a été annoncé durant la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste.

Certains ont comparé ce moment à celui où le paquebot allemand Saint Louis, avec 937 juifs à bord, a été refusé des États-Unis, de Cuba et du Canada en 1939.

« Il est impossible d’ignorer, intentionnellement ou non, l’ironie tragique de mettre en œuvre de tels décrets, similaires à ceux qui ont empêché les juifs d’entrer en Amérique, comme ceux qui ont péri à bord du Saint Louis, le jour même où l’on commémore l’indicible tragédie qui a frappé le judaïsme européen et le peuple juif », a déclaré Jonathan Greenblat, PDG de la Ligue Anti-Diffamation au Times of Israel samedi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...