Le chef d’état-major israélien représenté en roi perse cruel
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Le chef d’état-major israélien représenté en roi perse cruel

Le police enquête sur une incitation contre Gadi Eisenkot après l'étalage d'affiches l'appelant à démissionner pour avoir « mis en jeu » le sang juif, suite au tir dans la ville de Hébron

Affiches près du QG de l'arée israélienne à Tel Aviv, représentant le chef d'état-major en roi perse Assuérus (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Affiches près du QG de l'arée israélienne à Tel Aviv, représentant le chef d'état-major en roi perse Assuérus (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

La police enquête sur une éventuelle incitation contre le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Gadi Eizenkot, après l’étalage d’affiches le comparant au cruel roi perse Assuérus, protagoniste de l’histoire d’Esther, lue lors de la fête de Pourim, près du siège de l’armée israélienne à Tel-Aviv, selon un rapport de la Deuxième chaine israélienne diffusé samedi.

« Eizenkot, démissionne ! » disaient les affiches, ainsi que « et prends Bibi [le Premier ministre Benjamin Netanyahu] et Bogie [le ministre de la Défense Moshe Yaalon] avec toi. Le sang juif ne doit pas être mis en jeu. Même Assuérus a permis aux Juifs de se défendre. Honte à toi ! »

La Deuxième chaine a rapporté que les affiches ont probablement été placées en réponse à la condamnation de la part d’Eizenkot du tir, cette semaine, contre un assaillant palestinien désarmé. Le soldat ayant tiré sur l’assaillant neutralisé fait l’objet d’une enquête pour assassinat.

La police enquête sur l’identité des responsables de la production et de l’accrochage des affiches, qui pourraient être considérées comme une incitation à la violence contre le chef d’état-major de Tsahal.

Le député de la Knesset Ofer Shelah, du parti centriste Yesh Atid, a dénoncé les responsables de ces affiches.

Ofer Shelah à la Knesset en février 2013. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Ofer Shelah à la Knesset en février 2013. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Il existe des attaques politiques visant à déterminer ce que [notre] morale doit être, et comment l’armée israélienne doit se comporter, mais nous ne devons pas l’accepter, » a-t-il déclaré à la Deuxième chaine.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a également condamné les affiches, déclarant qu’Eizenkot était « un excellent chef des armées … les affiches et l’incitation contre lui doivent être entièrement dénoncées ».

Eizenkot a récemment fait l’objet d’attaques de la part de militants d’extrême-droite après des propos relatifs aux règles d’engagement militaire, interdisant aux soldats de « vider un chargeur plein sur une jeune fille tenant des ciseaux. »

Le chef d’état-major a fait ces commentaires en février dernier pendant un échange avec des élèves du secondaire, faisant apparemment allusion à une attaque effectuée par deux ​​adolescentes palestiniens à l’aide d’une paire de ciseaux à Jérusalem en novembre 2015.

Ces commentaires ont été accueillis par une pluie de critiques de la part d’hommes politiques de droite.

La ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a accusé Eizenkot de porter atteinte à l’image d’Israël.

« La communauté internationale aime beaucoup accuser Israël de faire un usage disproportionné de la force. Mais au final, la conduite des forces de sécurité a été exemplaire, » a-t-elle dit à la Deuxième chaine.

Le Rabbin de la ville de Safed, Shmuel Eliyahu, a raillé le commentaire du chef des armées, en déclarant : « Le chef d’état-major pense qu’il est plus moral que les sages, que les soldats de Tsahal ont des valeurs et des normes supérieures. Il pense que les soldats ne devraient pas tuer ceux qui essayent de les écraser, qu’ils ne devraient pas tuer ceux qui attaquent les citoyens ou les soldats de Tsahal avec des ciseaux ou un couteau. Apparemment [Eizenkot] pense qu’il suffit de les désarmer et de les libérer lors de la prochaine vague de libération de prisonniers ».

Le Rabbin Ratzon Arusi, haut membre du Rabbinat, a déclaré que selon la loi juive, il faut tuer une personne avant que celle-ci ne vous tue. C’est « la norme comportementale la plus morale. »

Le député Bezalel Smotrich, du parti de droite HaBayit HaYehudi, a envoyé une lettre au ministre de la Défense Moshe Yaalon exigeant qu’il pénalise Eizenkot pour ses commentaires.

Après plusieurs jours de silence sur la question, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu Eisenkot, disant qu’il avait « affirmé l’évidence et qu’il va de soi que les forces de sécurité ne devraient agir » que de cette manière.

« Toutes les déclarations faites [à l’encontre d’Eizenkot] sont inappropriés et dues à un manque de compréhension ou à des attaques de nature politique. »

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a dénoncé sur Twitter les ministres et députés qui ont pris part à « l’incitation sans précédent dans sa gravité » contre le chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot.

Yaalon a dit qu’Eizenkot dirigeait les commandants de Tsahal dans une « guerre résolue et sans compromis contre le terrorisme palestinien » et qu’il donne à Eizenkot et à ses troupes son plein appui.

« Quand nous avons besoin d’enquêter, nous le faisons, et toute intervention politique cynique en matière de rapport opérationnel, d’enquête ou de règles d’engagement militaires est préjudiciable à l’armée israélienne et nuit à ses soldats et à ses commandants. »

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