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Le chef d’Hakosem veut faire pousser des graines de pois chiches dans l’espace

Des graines sélectionnées devraient pousser dans la Station Spaciale Internationale, tandis que des milliers d’étudiants en Israël mèneront simultanément des expérimentations

Une serre pour les pois chiches spécialement construite qui va être envoyée dans l'espace. (Crédit :  Avivlabs via JTA)
Une serre pour les pois chiches spécialement construite qui va être envoyée dans l'espace. (Crédit : Avivlabs via JTA)

JTA — Comme la plupart des Israéliens, Yonatan Winetraub adore le houmous et ses légumineuses à base de protéines qui le composent : les pois chiches.

Mais contrairement à la plupart des Israéliens, Winetraub a également la capacité d’envoyer des pois chiches dans l’espace.

Winetraub, 35 ans, est l’un des trois fondateurs de SpaceIL, un organisme israélien à but non-lucratif mieux connu pour avoir tenté de faire alunir un vaisseau spatial – le vaisseau Beresheet, nommé d’après le mot en hébreu pour le premier livre de la Bible, qui s’est écrasé à la surface de la lune le 11 avril 2019.

Intrépide, Winetraub fait équipe avec la NASA pour une mission plus spécialisée.

Le cofondateur de SpaceIL, Yonatan Winetraub, pendant le lancement de Space IL, le vaisseau spatial israélien, à la résidence du président de Jérusalem, le 17 février 2018. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Jusqu’à récemment, les astronautes mangeaient principalement des aliments déshydratés emballés. Alors qu’elle planifie des missions pour aller plus loin dans l’espace, la NASA explore la production d’aliments frais qui nécessitent des ressources minimales et entraînent un gaspillage minimal.

Bien que l’organisation gouvernementale américaine ait réussi à cultiver de la laitue, du chou et du chou frisé dans l’espace, dans le cadre d’un programme baptisé « Veggie », elle n’a jamais essayé de cultiver des pois chiches. Winetraub a ajouté des pois chiches au programme pour plusieurs raisons : Ils sont un « super aliment », contiennent du fer, du phosphore et de l’acide folique, en plus des protéines. Ils sont faciles à cultiver et mûrissent rapidement.

Le 19 février, Winetraub et une équipe de scientifiques et d’ingénieurs d’Israël et de l’Université de Stanford enverront une serre miniature scellée sur une navette cargo de la NASA. Après une journée de voyage, la navette atteindra la Station spatiale internationale (ISS), située à 482 kilomètres au-dessus de la Terre. La serre, de la taille d’un petit carton de lait, sera livrée du côté américain de l’ISS.

À l’intérieur de la boîte en métal blanc, il y aura 28 graines de pois chiches d’Israël que Winetraub et son équipe tenteront de faire germer — à distance, à l’aide de logiciels spéciaux — dans un environnement exempt de gravité et de lumière naturelle. Les plantes de la serre seront cultivées pendant un mois, puis seront réfrigérées jusqu’à ce qu’elles soient ramenées sur Terre en juin.

Houmous Sabra (Crédit : capture d’écran YouTube)

Pour inspirer la prochaine génération de passionnés de l’espace, Winetraub a recruté une cohorte de jeunes scientifiques sur terre pour l’aider dans son expérience. Les collégiens et lycéens de 1 000 salles de classe à travers Israël cultiveront des pois chiches dans des boîtes qu’ils ont construites. Ce groupe témoin clé comparera les processus de culture des pois chiches avec la présence de la gravité terrestre, par rapport à ceux cultivés dans l’espace en absence de pesanteur.

Certains lycéens du Yeruham Science Center dans le sud d’Israël ont une tâche très importante et complexe : gérer à distance la croissance des plantes dans l’espace avec des longueurs d’onde de lumière, l’un des outils d’un domaine scientifique émergent appelé biologie synthétique.

« Contrôler la croissance des pois chiches est essentiel », a déclaré Winetraub.

« Vous ne pouvez pas laisser les plantes pousser à l’état sauvage parce qu’elles pourraient manquer d’eau ou d’oxygène », a déclaré Winetraub.

Vue d’ensemble sur Yeruham. (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

Son équipe est curieuse de voir comment les racines vont pousser. Sur terre, grâce à la gravité, les racines des plantes savent pousser vers le bas. Dans l’espace, où il y a peu ou pas de gravité, les racines pousseront-elles vers le bas ou vers le haut ? Vont-elles former des cercles ? Et d’une importance évidente : une fois cultivés, quel sera le goût des pois chiches ?

Plusieurs entreprises internationales ont joué un rôle dans l’expérience. En plus d’aider à financer le projet, Strauss Group Ltd., le géant alimentaire connu notamment pour sa marque de houmous Sabra, a sélectionné la souche spécifique de pois chiches, connue sous le nom de Zehavit, utilisée dans la serre. Ils ont choisi cette souche parce qu’il s’agit d’une graine relativement petite qui pousse rapidement et survit dans une gamme étendue de températures.

Comme les graines ne poussent pas dans le sol, que ce soit lors des expériences sur terre ou sur la station spatiale, Winetraub et son équipe ont demandé au Haifa Group, une société qui produit des engrais spécifiques pour les plantes, de créer un gel rempli de nutriments dans lequel les racines de pois chiches pousseront.

Dans ce gel, l’équipe de Winetraub a installé une caméra miniature pour observer les racines des graines et voir dans quelle direction elles s’orientent. Les leçons que l’on pourra en tirer pourraient également avoir un impact terrestre – à mesure que notre climat continue de changer, les agriculteurs devront trouver des moyens de cultiver en plus grande quantité, avec moins de ressources, et avec une plus grande efficacité, a-t-il déclaré.

L’expérience du « houmous spatial », qui fait partie de la mission Rakia, étudiera la culture de pois chiches dans l’espace, dirigée par le Dr Yonatan Winetraub. (Crédit : Aviv Labs)

« Le défi », a déclaré Winetraub, « n’est pas seulement de savoir comment cultiver autant de pois chiches que possible, mais comment contrôler la façon dont ils sont cultivés – afin que nous maximisions nos ressources limitées. Plus nous apprendrons à cultiver des aliments avec un minimum de ressources, plus nous serons préparés aux défis qui nous attendent également sur terre. »

Pour avoir plus d’idées nouvelles lors de la planification de l’expérience, Winetraub a contacté Ariel Rosenthal et Orly Peli-Bronshtein, deux des auteurs du livre de 2019, « Sur la route du houmous: un voyage entre les villes, les gens et les rêves », parce qu’ils voient le pois chiche, un aliment mangé par les jeunes et les moins jeunes et aimés à travers les nations, comme une métaphore de la paix. (Le traité sur la nourriture dont les origines sont souvent débattues a été acclamé par beaucoup – mais même s’il s’agissait d’une collaboration entre Israéliens, Palestiniens, Libanais, Syriens et Égyptiens, il a déclenché la controverse habituelle sur l’appropriation culturelle. Un chef palestinien qui a contribué a déclaré que cela « normalise l’occupation ».)

« Le houmous, dit Rosenthal, est un aliment parfait. Cela fera de la lune un meilleur endroit où l’on pourra aller. Imaginez, continua-t-il, si Ève [dans le jardin d’Éden] avait mangé un pois chiche au lieu d’une pomme. »

En plus des 28 graines de pois chiches, l’équipe a installé une micro-puce à l’intérieur de la petite serre remplie d’objets personnels représentant les personnes qui ont travaillé sur le projet. Winetraub y a introduit des photos de famille et des photos de houmous. Il a également ajouté la recette de Rosenthal pour le houmous qu’il fabrique et vend dans son célèbre restaurant Hakosem de Tel Aviv.

Si tout se passe comme prévu, les astronautes pourraient-ils fabriquer du houmous dans l’espace avec leurs pois chiches germés ? Winetraub espère que la réponse est oui.

« Nous y travaillons ! », a-t-il dit.

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