Le commandant du retrait de Gaza prédit que les résidents y reviendront
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Le commandant du retrait de Gaza prédit que les résidents y reviendront

Gershon Hacohen dénigre l'idée d'un Etat palestinien et se fait l'avocat d'un Etat unique

Mitch Ginsburg est le correspondant des questions militaires du Times of Israel

Le géneral (de réserve) Gershon Hacohen, au congrès annuel du Conseil de Yesha,  le lundi 15 juin 2015 (Photo: Miri Tzahi)
Le géneral (de réserve) Gershon Hacohen, au congrès annuel du Conseil de Yesha, le lundi 15 juin 2015 (Photo: Miri Tzahi)

Le général israélien récemment retraité, qui a servi comme commandant du retrait de Gaza en 2005, s’est exprimé lundi contre l’idée d’une solution à deux Etats, en qualifiant l’argument démographique de « manipulation ». Il a affirmé qu’Israël reconstruirait des implantations dans la bande de Gaza.

Le général (de réserve) Gershon Hacohen, qui est issu d’une famille de rabbins nationalistes-religieux et qui est lui-même croyant, a été choisi pour diriger le plan de désengagement du Goush Katif d’août 2005 précisément en raison de ses liens étroits avec le mouvement des implantations.

Au fil des ans, il a révélé à quel point la décision fut difficile pour lui sur le plan personnel.

Lundi, lors d’un congrès du conseil de Yesha, à Jérusalem, il a déclaré devant un parterre de résidents du Goush Katif : « Mon cœur est avec vous (…) Je ne voulais pas que cela arrive. »

Quand un habitant juif de Hébron lui a retorqué qu’il aurait dû servir d’exemple et démissionner au moment où il a reçu l’ordre, il a répondu que « cela aurait été bien pire si je n’avais pas été là ».

Le pardon, a-t-il ajouté, est quelque chose qu’il demandera au « Maître du Monde ».

Un résident juif argumente avec une soldate pendant le retrait du Gush Katif le 17 août 2005 (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)
Un résident juif discute avec une soldate pendant le retrait du Goush Katif, le 17 août 2005.(Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)

Le retrait de Gaza faisait partie d’un plan du Premier ministre Ariel Sharon pour tracer des frontières étatiques formelles et pour recevoir un soutien des États-Unis pour des mesures unilatérales qui auraient pu se poursuivre en Cisjordanie, mais n’auraient probablement pas englobé tout le territoire gagné dans la guerre des Six Jours.

S’adressant devant un public presque entièrement religieux, dont beaucoup se sentent encore mal en raison du retrait, Hacohen a affirmé que celui-ci avait été « une expérience » et que l’idée même de deux Etats pour deux peuples était anachronique.

Ceux qui parlent d’une solution à deux Etats, a-t-il dit, « appartiennent au 20e siècle. Celui qui appartient au 21e siècle comprend bien : un seul Etat ».

Selon Hacohen, à l’ère de la guerre asymétrique, les implantations civiles étaient, une fois de plus, un pilier de la sécurité d’Israël. Il a ajouté que même sa defunte mère, qui « réside dans la poussière » sur le mont des Oliviers, remplissait un rôle stratégique en détenant une parcelle de terre.

Gershon Hacohen, photographié en 2013 quand il servait comme directeur de l'infrastructure de l'armée israélienne (Crédit photo:  Gershon Elinson / Flash90)
Gershon Hacohen en 2013 quand il servait comme directeur de l’infrastructure de l’armée israélienne. (Crédit photo: Gershon Elinson / Flash90)

Le conflit qui a duré des décennies au Liban, a-t-il dit, fut si coûteux en termes de pertes militaires israéliennes parce qu’il n’y avait pas là-bas d’implantations civiles.

Le crash des hélicoptères en février 1997, qui a coûté la vie à 73 soldats israéliens et a marqué le début de la fin de l’occupation du sud du Liban est arrivé principalement parce qu’Israël, sans présence civile au nord de la frontière, était incapable de tenir les routes, a-t-il expliqué.

La notion d’une distinction claire entre la guerre et la paix, a-t-il ajouté, a diminué et l’armée, qui n’est pas construite pour une guerre prolongée, a besoin de résidents sur le terrain afin de tenir la ligne. « Là où il y a un agriculteur sur sa terre », selon Hacohen, « l’armée a la force de gouverner ».

Il a comparé les habitants de l’implantation de Har Bracha, près de Naplouse, aux habitants pratiquant le yoga et la méditation transcendantale à Hararit, en Galilée, en précisant que dans les deux cas la souveraineté est uniquement maintenue en se cramponnant à la fois à l’épée et à la charrue.

Enfin, a-t-il conclu, après 20 ans passés à essayer de comprendre comment séparer Israël d’un futur Etat palestinien, le temps est venu de reconnaître que la terre ne peut pas être divisée.

« Voilà le point de départ de toutes les solutions. Il ne peut y avoir aucune division de la terre. Tout le reste, tous les arrangements, peut se discuter. »

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