Le Conseil de Paix se forme et les parents de Ran Gvili s’estiment abandonnés
Selon Itzik et Talik Gvili, l'administration Trump "se hâte de reconstruire Gaza sans forcer le Hamas à honorer sa part de l'accord"
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Samedi soir, un peu partout en Israël, des manifestants se sont rassemblés pour demander le rapatriement de la dépouille du dernier otage tué à Gaza, Ran Gvili, et une commission d’enquête d’État chargée d’enquêter sur les dysfonctionnements survenus le jour de l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.
Un rassemblement s’est notamment tenu à Meitar, communauté d’origine de la famille Gvili, et plus précisément dans le lycée qu’avait fréquenté Ran Gvili. Le père de Gvili y a d’ailleurs pris la parole, en plus de la déclaration publiée par son épouse et lui pour critiquer la décision prise par l’administration Trump de passer à la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza et d’installer le Conseil de Paix et d’autres instances de gestion de Gaza sans pour autant que la Hamas se soit acquitté de son obligation de libérer tous les otages lors de la première phase.
« Nous sommes là, toujours dans l’attente de son retour, et le Conseil de Paix est en cours d’installation dans le cadre de la phase deux », ont déclaré les parents de Ran, Itzik et Talik. « Comment peut-on penser déjà à la phase deux ? De quelle paix parle-t-on ? La paix pour ceux qui refusent de rendre notre fils alors même qu’ils y sont obligés par l’accord, malgré les promesses d’Israël, des médiateurs et du président américain. »
« Nous sommes un père et une mère et nous en appelons à toute personne susceptible d’avoir une influence dans tout ça — il ne faut pas que cela se fasse. Il ne faut pas abandonner notre Rani, Il ne faut pas nous enterrer avec lui », ont-ils ajouté.
Qualifiant la formation du Conseil de Paix de « très problématique », ils ont déclaré que l’administration Trump « se hâtait de reconstruire Gaza » sans forcer le Hamas à honorer sa part de l’accord.
« On pardonne à ce groupe terroriste : cela commence par l’abandon de Rani et se termine par le fait de permettre que le Hamas reste armé et dangereux. Ceux qui abandonnent Rani renoncent en même temps à la sécurité de tout l’État d’Israël », ont-ils conclu en disant compter sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour exiger le rapatriement de leur fils.
Lors du rassemblement de Meitar, Itzik Gvili a déclaré à la foule : « Le 7-Octobre, et plus globalement toute sa vie, Ran a fait son possible pour rassembler. Aujourd’hui, l’unité dont nous témoignons ici, avec ces personnes de droite comme de gauche réunies pour lui, est le fidèle reflet de Ran et du pays dont il rêvait — un pays attentionné et uni, plein d’amour. »
Des centaines de personnes ont assisté à cet événement, dont des amis d’école et d’armée de Ran Gvili, et les ex-otages Gali et Ziv Berman, sans oublier des proches d’ex-otages.
Meirav Leshem Gonen, mère de l’ex-otage Romi Gonen, a déclaré que Ron Gvili avait, ainsi que d’autres, protégé sa fille lors de l’attaque du 7-Octobre.
« Ran a été enlevé au même endroit que Romi, presque en même temps », a-t-elle déclaré. « Quand j’ai eu Romi au téléphone, on entendait les terroristes dire : ‘Tiens, prends-le — il y a un soldat ici.’ Je me demande souvent s’ils parlaient de Ran. Ce que je sais avec certitude, c’est que Ran et d’autres soldats et membres des équipes locales d’intervention d’urgence, se sont battus pour que Romi reste en vie — et ils y sont parvenus. Ils ont réussi, et c’est grâce à eux que ma Romi est ici. »
Par ailleurs, comme chaque semaine à Tel Aviv, la plus importante manifestation contre le gouvernement a eu lieu sur la place Habima et a attiré des milliers de personnes, selon des médias israéliens et ses organisateurs.
Les manifestants étaient venus avec des pancartes dénonçant le refus du gouvernement d’établir une enquête d’État sur le 7-Octobre. La coalition est en effet plutôt disposée à ouvrir une enquête menée par des personnalités nommées par l’échelon politique. Les manifestants ont également protesté contre le mouvement de refonte judiciaire promu par le gouvernement, destiné à affaiblir une justice qu’il estime excessive.
L’ex-ministre de la Défense et chef de l’armée israélienne, Moshe Yaalon — critique virulent de Netanyahu —, s’est adressé à la foule pour comparer le gouvernement israélien au régime autoritaire en Iran qui a fait taire par la force les manifestations qui ont essaimé en Iran, la semaine passée, avec des milliers de morts à la clef.
« Ne vous y trompez pas : Israël ne fait pas face à une menace existentielle extérieure, mais bien intérieure », a déclaré Yaalon aux manifestants, cité par Ynet.
« C’est ce gouvernement messianique, corrompu et réfractaire au service militaire — nos ayatollah à nous — qui a provoqué le massacre du 7-Octobre et met en danger l’existence du pays. »
En parlant du ministre de la Sécurité intérieure, un homme d’extrême droite, il a affirmé : « [Itamar] Ben Gvir regarde la façon dont le régime gère les manifestants, là-bas, et il en est jaloux. »
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