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Le conseil local de Maghar devient la première ville druze d’Israël

La ministre de l'Intérieur a annoncé cette revalorisation en réunion avec les dirigeants des autorités locales druzes et circassiennes ; Raam affirme avoir demandé le changement

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Capture d'écran de la vidéo de la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked, au centre, annonçant que Maghar  devient la première ville druze d'Israël, le 26 octobre 2021. (Twitter)
Capture d'écran de la vidéo de la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked, au centre, annonçant que Maghar devient la première ville druze d'Israël, le 26 octobre 2021. (Twitter)

La ville de Maghar, dans le nord du pays, est devenue mardi la première ville druze d’Israël après que la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a revalorisé son statut de conseil local.

Shaked a fait cette annonce lors d’une réunion avec les dirigeants des autorités locales druzes et circassiennes dans la ville druze de Sajur, prenant par surprise le maire de Maghar, Fareed Ghanem, qui était assis à côté d’elle.

« À mon avis, toute autorité locale qui fait ses preuves en matière de développement, de rationalisation des processus organisationnels, de croissance économique et d’augmentation des revenus autonomes recevra une aide de notre part pour se développer et créer de nouvelles capacités », a déclaré Shaked lors de la réunion.

Maghar, a-t-elle dit, a « fait ses preuves ».

Ce développement, a-t-elle ajouté, est une preuve supplémentaire des « liens courageux et solides entre les peuples druze et juif. »

Une commission du ministère de l’Intérieur avait recommandé le passage du statut de conseil local à celui de ville en raison de la mise en œuvre par les autorités de Maghar de « processus de planification, économiques et organisationnels » répondant aux exigences du ministère pour ce changement.

Maghar, qui compte une majorité de Druzes ainsi que des minorités chrétiennes et musulmanes, a une population d’environ 24 000 habitants, avec des plans de développement qui devraient faire passer ce nombre à 30 000 dans les années à venir.

C’est la ville natale du député Mansour Abbas, leader de Raam, un parti arabe qui fait partie de la coalition gouvernementale.

C’est Abbas lui-même qui a demandé le changement de statut de Maghar, a rapporté mardi le radiodiffuseur public Kan, citant des sources au sein de Raam.

Raam a également demandé que les villes arabes de Kafr Kanna et de Yafa an-Naseriyye en Basse Galilée soient déclarées villes, selon les sources.

La chaîne de télévision a relayé un communiqué au nom de Shaked stipulant que la transformation de Maghar en ville « était une initiative et une décision du ministre de l’Intérieur » et qu’Abbas avait été informé de cette évolution.

La population druze, qui compte environ 140 000 personnes sur les 9,5 millions d’habitants d’Israël, est respectée pour son engagement militaire. L’écrasante majorité de ceux qui sont éligibles servent dans l’armée israélienne.

Le leader de Raam, Mansour Abbas, parle à la station de radio Kan durant une interview accordée depuis son domicile dans la ville de Maghar, au nord du pays, le 3 juin 2021. (Capture d’écran : YouTube)

Raam, le premier parti arabe à entrer au gouvernement depuis des décennies, a utilisé sa position unique pour faire pression en faveur de la fin de la négligence dans les communautés arabes.

Il a menacé de voter contre le gouvernement si les engagements pris dans les accords de coalition n’étaient pas tenus.

La semaine dernière, Raam se serait heurté à Shaked au sujet du financement des localités arabes, pour lequel Raam s’est battu.

La querelle a été résolue alors que se profile la date limite de novembre pour l’adoption d’un budget national.

La coalition gouvernementale ne compte que 61 membres, ce qui lui donne la majorité la plus mince possible à la Knesset, qui compte 120 sièges, et donne à Raam ou à tout autre parti le pouvoir de faire tomber le gouvernement en s’en retirant.

Si le budget n’est pas adopté en deuxième et troisième lecture à la Knesset avant la date limite du 14 novembre, le Parlement sera automatiquement dissous et des élections seront organisées.

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