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'Impostor Buster'

Le court destin d’un traqueur de néo-nazis cachés sur Internet

Le journaliste Yaïr Rosenberg, victime sur Twitter de l'Alt-Right, a créé un bot capable de trouver les faux comptes créés par les néo-nazis américains

Un bandeau de CNN concernant le mouvement alt-right au cours d'une diffusion de  "The Lead," le 21 novembre 2016. (Crédit : Maia Efrem via JTA)
Un bandeau de CNN concernant le mouvement alt-right au cours d'une diffusion de "The Lead," le 21 novembre 2016. (Crédit : Maia Efrem via JTA)

Le journaliste juif américain Yaïr Rosenberg garde un souvenir contrasté de la campagne présidentielle de Donald Trump et de sa confrontation avec l’Alt Right américaine, dont une proportion non négligeable est ouvertement néo-nazie.

D’après une étude de l’Anti-Defamation League (ADL), rapporte Slate, citant le New York Times, Rosenberg a été en 2016 le deuxième journaliste juif le plus harcelé de Twitter.

« Insultes antisémites, menaces, photomontages à base de chambres à gaz, tout y est passé », détaille Slate.

La fréquentation des haters de Twitter, l’a amené à apprendre à les reconnaître même lorsqu’ils se cachent derrière l’identité de leurs adversaires.

« L’arnaque se passe comme suit », explique Rosenberg. « L’imposteur prend une photo en ligne d’un juif, d’un musulman, d’un Afro-Américain ou d’une personne issue d’une autre minorité — typiquement de quelqu’un portant des marqueurs identitaires clairs, comme un hassidique portant une kippa ou une femme un hijab. Utilisant cette image comme avatar Twitter (…) les trolls s’introduisent ensuite dans des conversations avec des utilisateurs en vue de Twitter — des conversations souvent vues par des dizaines de milliers d’abonnés — et se mettent à dire des choses horriblement racistes. »

Pour les repérer et les dénoncer, Rosenberg, aidé d’un développeur, créent l’ « Impostor Buster », le « briseur d’imposteurs » qui stigmatisait sur Twitter qu’un membre de l’Alt-Right se cachait derrière un profil juif, noir ou autre.

Mais « l’entreprise fut victime de son succès, explique Slate : ne pouvant tromper le bot, les trolls se mirent à le signaler massivement au support de Twitter pour ‘harcèlement’, renversant les logiques à l’oeuvre ».

« Twitter se rangea du côté des nazis, » conclut Rosenberg qui espère à l’avenir une réponse plus efficace contre les harceleurs, notamment néo-nazis.

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