Le député du Likud David Bitan va être mis en examen pour corruption et fraude
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Le député du Likud David Bitan va être mis en examen pour corruption et fraude

Le partisan de Netanyahu aurait touché des centaines de milliers de shekels de pots-de-vin, à la fois comme maire adjoint et comme membre de la Knesset ; il nie ces allégations

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le député et chef de la coalition du parti du Likud David Bitan, au centre, lors de son arrivée à la Knesset à Jérusalem, le 4 décembre 2017 (Crédit : Flash90)
Le député et chef de la coalition du parti du Likud David Bitan, au centre, lors de son arrivée à la Knesset à Jérusalem, le 4 décembre 2017 (Crédit : Flash90)

Le procureur général a annoncé mardi qu’il allait engager des poursuites contre David Bitan, député du Likud, pour corruption, fraude et abus de confiance, ainsi que pour blanchiment d’argent et délits fiscaux.

Bitan, ancien président de la coalition du Likud et homme de confiance de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, est accusé d’avoir accepté des pots-de-vin pour un montant de 715 000 shekels alors qu’il occupait une fonction publique. Il aurait reçu des pots-de-vin d’amis et de connaissances et leur aurait accordé un traitement de faveur en retour, selon l’acte d’accusation.

Les accusations remontent à l’époque où Bitan était maire adjoint de Rishon Lezion, avant d’être élu à la Knesset en 2013, mais incluent également son mandat de député.

« En échange de ces avantages, Bitan a agi pour promouvoir les intérêts, dans le cadre de ses fonctions publiques, de certaines parties, tout en exploitant son statut, ses relations et son influence au sein du gouvernement local et des ministères », indique l’acte d’accusation.

Conformément à la loi sur l’immunité des membres de la Knesset, une copie de l’acte d’accusation a été soumise au président de la Knesset afin de permettre à Bitan d’annoncer s’il souhaite demander l’immunité parlementaire contre des poursuites pénales. L’acte d’accusation ne sera déposé auprès d’un tribunal qu’une fois les procédures d’immunité achevées.

La police aurait enquêté sur l’affaire Bitan au cours des six dernières années et aurait recommandé l’année dernière qu’il soit mis en examen pour de multiples accusations de corruption.

Dov Zur, maire de Rishon Lezion, arrive devant le tribunal de première instance de Rishon Lezion pour la prolongation de sa suspension provisoire, le 7 décembre 2017. (Crédit : Avi Dishi / Flash90)

Bien qu’il ait nié avoir commis des actes répréhensibles, Bitan a démissionné de son rôle de président de la coalition en 2017, peu après l’annonce de l’enquête de police.

Il est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin de son associé Moshe Yosef et de l’homme d’affaires Dror Glazer, alors qu’il était maire adjoint de la quatrième plus grande ville d’Israël, puis membre de la Knesset. Les deux hommes ont témoigné contre lui.

L’ancien maire adjoint de Tel Aviv, Arnon Giladi, et le maire de Rishon Lezion de l’époque, Dov Zur, sont également soupçonnés d’avoir accepté des pots-de-vin entre 2011 et 2017.

La police a déclaré l’année dernière qu’elle avait obtenu des informations détaillées sur la manière dont les pots-de-vin présumés et les transferts d’argent étaient gérés, à la lumière du témoignage de Yosef, qui possède un magasin de meubles où Bitan aurait reçu l’argent.

Arnon Giladi, maire adjoint de Tel Aviv et président de la branche du Likud de la ville. (Autorisation d’Arnon Giladi)

Les procureurs ont déclaré que Bitan avait favorisé les intérêts de la société de construction Danya Cebus en approuvant des transactions immobilières à Rishon Lezion, en échange d’un paiement en espèces de 430 000 shekels. La somme versée à Bitan devait permettre à Danya Cebus de remporter un appel d’offres municipal pour la construction d’une station-service à la périphérie de la ville, ainsi que l’approbation d’un autre projet de construction à l’extérieur de Jérusalem, sur la route 38.

Ils ont également déclaré avoir découvert des preuves que Bitan et Giladi avaient accepté un pot-de-vin de 385 000 shekels afin d’obtenir des permis de construire pour trois projets immobiliers à Tel Aviv. La police a déclaré qu’une partie de l’argent du pot-de-vin avait été transféré à Bitan en utilisant de fausses factures.

L’enquête, baptisée « affaire 1803 », a donné lieu à l’arrestation d’un certain nombre de suspects, dont des fonctionnaires de la ville de Rishon Lezion, des hommes d’affaires locaux et des figures du crime organisé.

Mardi, Bitan a de nouveau nié avoir commis des actes répréhensibles, et ses avocats ont publié une déclaration affirmant qu’il était « confiant qu’à la fin de la procédure judiciaire, le tribunal parviendra à la conclusion évidente qu’aucun défaut ou acte répréhensible n’a été commis dans ses actions et le blanchira de toute accusation ».

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