Le désarmement du Hamas sera « très difficile » reconnaît Vance à Jérusalem
À Jérusalem, le Premier ministre israélien et le vice-président américain saluent leurs "objectifs communs", que Vance présentent comme un levier vers une paix régionale durable

Après leur rencontre à Jérusalem mercredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le vice-président américain JD Vance ont rejeté l’idée selon laquelle Israël serait un « État client » des États-Unis, soulignant au contraire leur partenariat dans la mise en œuvre du plan de Washington destiné à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza.
Les deux hommes ont évoqué les prochaines étapes du plan, notamment le désarmement du Hamas et la reconstruction de Gaza. Vance a qualifié cet accord d’opportunité pour renforcer les alliances régionales.
Arrivé en Israël la veille, Vance avait exprimé sa confiance dans le plan en 20 points du président américain Donald Trump pour Gaza, lors d’une conférence de presse organisée dans le nouveau centre de coordination du cessez-le-feu américano-israélien à Kiryat Gat.
Les principaux conseillers de la Maison Blanche, Jared Kushner et Steve Witkoff, étaient arrivés lundi – comme Vance, pour faire avancer et consolider le plan pour Gaza. Ils auraient quitté le pays mercredi après-midi.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio doit arriver jeudi, selon un responsable américain cité par le Times of Israel et confirmé par la porte-parole du gouvernement israélien, Shosh Bedrosian. Cette dernière a précisé aux journalistes que Rubio rencontrerait Netanyahu vendredi.
« Il s’agit du troisième voyage du secrétaire d’État en Israël depuis la mi-septembre, ce qui témoigne de la relation étroite qui unit Israël et les États-Unis en cette période historique », a-t-elle déclaré.
« Pas un État client »
Netanyahu et Vance se sont entretenus en privé mercredi matin avant de tenir une réunion élargie avec leurs collaborateurs. Dans leurs déclarations communes après les réunions, les deux dirigeants ont rejeté l’idée selon laquelle Israël agirait sur instruction de Washington, décrivant les liens entre leurs pays comme ceux de deux partenaires égaux travaillant à la réalisation d’objectifs stratégiques partagés.
« Je tiens à être très clair », a déclaré le Premier ministre en réponse à une question. « Une semaine, ils disent qu’Israël contrôle les États-Unis. La semaine suivante, ils disent que les États-Unis contrôlent Israël. C’est absurde. »
« Nous avons un partenariat, une alliance entre partenaires qui partagent des valeurs et des objectifs communs », a-t-il poursuivi, « Il nous arrive de discuter, d’avoir des désaccords ici et là, mais dans l’ensemble, je dois dire que cette dernière année, nous étions d’accord non seulement sur les objectifs, mais aussi sur la manière de les atteindre. »
Netanyahu a affirmé qu’Israël avait réussi à « mettre le couteau sous la gorge du Hamas », grâce aux efforts conjoints des forces armées israéliennes et à ceux déployés pour isoler le groupe terroriste palestinien dans le monde arabe et musulman. « Le président et son équipe ont, selon moi, accompli cela avec brio », a-t-il ajouté.
Les propos de Vance sur la relation entre les deux pays ont fait écho à ceux du Premier ministre.
« Nous ne voulons pas d’un État vassal, et ce n’est pas le cas d’Israël », a déclaré Vance. « Nous ne voulons pas d’un État client, et ce n’est pas le cas d’Israël. Nous souhaitons un partenariat. Nous voulons un allié ici. »
Il a expliqué que sa visite, comme celles d’autres hauts responsables américains, visait à superviser le cessez-le-feu, précisant qu’il ne s’agissait pas de « surveiller comme on surveillerait un enfant en bas âge. Il s’agit plutôt de veiller à ce que le travail soit bien accompli, par un grand nombre de personnes compétentes. Il est important que les principaux responsables de l’administration continuent de s’assurer que nos collaborateurs font ce que nous attendons d’eux. »
Vance a ajouté que « le président estime qu’Israël, conjointement avec nos alliés arabes du Golfe, peut jouer un rôle de premier plan dans une région où, à terme, les États-Unis auront vocation à se désengager partiellement, à mesure que leurs partenaires reprendront le flambeau et assumeront la responsabilité de leur propre sphère d’influence. »
« Cela ne signifie pas que nous n’avons pas d’intérêts ici », a poursuivi le vice-président, soulignant que le soutien régional au cessez-le-feu à Gaza pourrait jeter les bases d’une extension des accords de normalisation Abraham entre Israël et ses voisins arabes – un objectif commun à Israël et à l’administration Trump.
« Nous voyons cela comme une occasion de tirer parti des accords d’Abraham. Je pense que cet accord sur Gaza est un élément essentiel pour débloquer ces accords, mais aussi pour établir les bases d’une alliance durable au Moyen-Orient, permettant aux acteurs responsables de la région de se mobiliser et de prendre en main leur propre avenir. C’est dans l’intérêt des États-Unis, et je pense que c’est également dans l’intérêt d’Israël », a déclaré Vance.
Il a ajouté que, si le plan à Gaza était correctement appliqué, il pourrait « créer un modèle pour les accords de paix dans le monde entier ».
« Nous prenons les décisions pour assurer la sécurité d’Israël », a affirmé Netanyahu. « Mais nous prenons aussi des décisions communes pour la région, qui, je pense, peuvent être bénéfiques à nous deux. »
« Une tâche difficile à accomplir »
Dans leurs déclarations après la réunion, Vance et Netanyahu ont reconnu les difficultés qui les attendent dans la mise en œuvre du cadre de cessez-le-feu à Gaza, tout en estimant que les progrès réalisés jusqu’ici étaient encourageants.
Netanyahu a salué « l’amitié sincère » de Vance envers Israël. Le vice-président américain a souligné qu’il s’agissait là de « jours décisifs », se disant déterminé à avancer aux côtés d’Israël dans la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza.
« Nous avons une tâche très, très difficile à accomplir, qui consiste à désarmer le Hamas, à reconstruire Gaza, à améliorer la vie des Gazaouis, mais aussi à faire en sorte que le Hamas ne représente plus une menace pour nos amis en Israël », a-t-il ajouté.
Le vice-président a déclaré qu’au cours des dernières 24 heures, de « très bonnes discussions » avaient eu lieu avec Israël et plusieurs pays arabes, « qui se mobilisent et s’apprêtent à jouer un rôle très positif dans ce processus ».
« Nous allons accomplir de grandes choses ici », a-t-il assuré.
« Nous sommes en train de créer un lendemain incroyable, avec une vision complètement nouvelle », a ajouté Netanyahu, précisant que la question de savoir qui dirigera Gaza et qui y assurera la sécurité avait été discutée, et que certaines « très, très bonnes idées » avaient été avancées.
Interrogé sur une éventuelle présence turque à Gaza, Netanyahu a répondu « qu’Israël devra évidemment décider ensemble qui s’en chargera. J’ai un avis très tranché à ce sujet. »
Le bureau du Premier ministre s’est montré plus explicite dans un commentaire adressé mercredi au Times of Israel, affirmant « qu’il n’y aura aucune implication turque ».
Herzog à Vance : « Nous devons offrir de l’espoir à la région »
Plus tard dans la journée de mercredi, Vance a rencontré le président Isaac Herzog à la résidence présidentielle à Jérusalem.
Selon un communiqué de la présidence, Herzog a exprimé la gratitude d’Israël envers Trump « pour sa détermination inébranlable à aller de l’avant », ajoutant que « nous devons continuer à avancer et offrir de l’espoir à la région, à Israël, à nos voisins palestiniens et à l’avenir de nos enfants ».
Herzog a par ailleurs rappelé que « nous tenons à voir tous nos otages revenir, afin qu’ils puissent être inhumés dans la dignité ».
Vance a déclaré à Herzog être là « pour parler de paix », a ajouté le communiqué, précisant que « nous sommes ici pour discuter de la manière de garantir que l’accord de paix conclu il y a environ une semaine soit respecté, afin que nous puissions passer avec succès aux étapes deux et trois. »
Dans le livre d’or officiel de la présidence, Vance a écrit : « Au président et au peuple d’Israël : vous avez un pays magnifique. Merci pour votre gentillesse et votre accueil !!! »
Accompagné de la deuxième dame des États-Unis, Usha Vance, et de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, le vice-président a ensuite rencontré à Jérusalem un groupe de familles d’otages. La délégation comprenait d’anciens otages, des proches de personnes décédées dont les dépouilles se trouvent toujours aux mains des terroristes à Gaza, ainsi que des familles de victimes du pogrom du Hamas le 7 octobre 2023, a indiqué le bureau de Vance.







