Le directeur de campagne de Clinton : évitons de parler d’Israël devant les militants démocrates
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Le directeur de campagne de Clinton : évitons de parler d’Israël devant les militants démocrates

La dernière publication de WikiLeaks montre que Robby Mook conseillait à la candidate de “ne pas citer Israël en public”, mais de mentionner l’Etat juif devant les donateurs

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La candidate démocrate Hillary Clinton à la Conférence de l'AIPAC 2016 à Washington, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)
La candidate démocrate Hillary Clinton à la Conférence de l'AIPAC 2016 à Washington, le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Jim Watson)

Mi-2015, pendant les préparations de l’élection présidentielle américaine, l’équipe de campagne d’Hillary Clinton était préoccupée par le fait que mentionner Israël dans les discours électoraux puissent repousser les électeurs démocrates, selon un e-mail publié cette semaine par WikiLeaks.

Dans un échange daté de mai 2015 portant sur le discours électoral de la candidate démocrate, le directeur de campagne de Clinton, Robby Mook, a dit qu’il pensait qu’elle « ne devrait pas citer Israël pendant des évènements publics » par crainte de repousser les militants du parti.

Il a été conclu que le soutien à Israël serait mieux reçu par les donateurs et devrait être évité dans les discours adressés à la base démocrate.

Cette révélation a été faite dans la publication d’une série d’e-mails par l’organisation WikiLeaks lundi, qui a déclaré que les documents étaient la dernière collection de milliers d’e-mails piratés sur le compte personnel du chef de la campagne de Clinton, John Podesta. Une autre série d’e-mails a été publiée mardi.

La candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton lors d'un événement organisé par le parti démocrate le 25 juillet 2016 à Charlotte, en Caroline du Nord (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)
La candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton lors d’un événement organisé par le parti démocrate le 25 juillet 2016 à Charlotte, en Caroline du Nord (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)

Une partie de l’échange est concentrée sur le message, le principal conseiller politique John Sullivan affrontant plusieurs rédacteurs de discours et conseillers politiques quand il a suggéré d’ajouter « une phrase disant que nous défendons nos alliés et nos valeurs, y compris Israël et d’autres démocraties, et nous battons contre les terroristes et les dictateurs avec force et intelligence. »

Cette demande a déclenché une série de réponses sur le besoin et les possibles risques de mentionner Israël pendant la campagne.

« Je pensais que c’était principalement pour les points abordés dans les évènements publics, pas avec les donateurs. Avons-nous besoin d’Israël etc. pour cela ? », a répondu Mandy Grunwald, conseillère en communications.

« Pourquoi parlerions-nous d’Israël pendant les évènements publics maintenant ? Les seuls électeurs qui placent la politique étrangère au-dessus de tout sont les électeurs principalement républicains. A mon avis, nous parlerons de cela dans la foulée quand et si on nous pose des questions de politique étrangère », a dit Joel Benenson, stratégiste en chef et sondeur.

« Je suis d’accord avec Joel, a ajouté Mook. Nous ne devions pas parler d’Israël aux évènements publics. Particulièrement avec des militants démocrates. »

Après quelques allers-retours sur différents positionnements de politique étrangère, Dan Schwerin, rédacteur de discours, a suggéré un paragraphe passe-partout ne mentionnant pas Israël, « et ensuite elle peut lancer Israël quand elle est avec les donateurs. »

Stuart Eizenstat (photo credit: Courtesy)
Stuart Eizenstat (Crédit : autorisation)

Mardi, dans un autre e-mail publié par WikiLeaks, Stuart Eizenstat, ancien diplomate américain et proche des Clinton, conseillait en novembre 2015 à Clinton de ne pas sembler « naïve » sur la solution à deux états dans un éditorial du Forward.

« Ci-joint mes corrections à un excellent papier. Nous devons faire attention à ne pas sembler naïfs sur la solution à deux états. Elle doit la soutenir, mais suggérer être confiante pour prendre des mesures maintenant, ce qui est tout ce qui peut être attendu, pour mettre en place des négociations plus larges », avait-il écrit.

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