‘Le festival de caricatures sur l’Holocauste stimule la liberté d’expression’
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‘Le festival de caricatures sur l’Holocauste stimule la liberté d’expression’

La télévision iranienne dit que les artistes étrangers « se sont dépêchés d'envoyer leurs œuvres satiriques afin de dénoncer les crimes israéliens »

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un reportage télévisé iranien sur le concours de caricatures sur l’Holocauste qui se déroule actuellement dans le pays décrit la façon dont une section était « dédiée aux dessins de gens comme Hitler et [le Premier ministre] Benjamin Netanyahu » et que l’objectif était de « renforcer » la liberté d’expression.

Le reportage sur Al-Alam TV, une chaîne de langue arabe basée à Téhéran, a été diffusé dimanche et traitait de l’ouverture, la veille, du deuxième concours international de caricatures sur l’Holocauste, un événement qui a été condamné par l’UNESCO, et par le Département d’Etat américain.

Une version sous-titrée en anglais du reportage a été fournie mardi par l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI), un groupe de surveillance basé à Washington.

Tout en montrant des images de la cérémonie d’ouverture, le journaliste Salim Issa a expliqué que « les objectifs du concours sont de renforcer la culture de la liberté d’expression par le biais de l’art moderne et d’ouvrir de nouveaux horizons pour la coopération et les échanges culturels et artistiques entre les artistes iraniens et étrangers ».

Issa a mis en valeur « l’image la plus importante et la plus symbolique de l’exposition », un dessin montrant un cerf-volant aux couleurs nationales palestiniennes volant au-dessus d’un imposant mur de brique gris formant une croix gammée.

Les murs, a raconté Issa, « font allusion à l’invasion de l’occupation israélienne de la Palestine occupée. Le cerf-volant représente l’enfance et l’innocence palestinienne ».

L'une des oeuvres présentées au Deuxième concours international de caricatures sur l'Holocauste, mai 2016 (Crédit : YouTube/MEMRI TV)
L’une des oeuvres présentées au Deuxième concours international de caricatures sur l’Holocauste, mai 2016 (Crédit : YouTube/MEMRI TV)

« Les artistes de pays comme l’Australie, le Brésil, la Chine, l’Indonésie ou la Colombie se sont dépêchés d’envoyer leurs œuvres satiriques afin de dénoncer les crimes israéliens à travers cette compétition qui est dirigée par trois juges iraniens et par des observateurs étrangers », a-t-elle affirmé.

Une autre section de l’exposition, qui dure deux semaines, est « dédiée aux dessins de gens comme Hitler et Benjamin Netanyahu, le Premier ministre de l’occupation israélienne, qui est apparu dans un tableau brandissant une épée comme un terroriste de l’Etat islamique ».

Des caricaturistes de divers pays, dont la France, sont en compétition dans le concours, qui est organisé par des organismes non gouvernementaux avec un fort soutien du régime de l’Iran. Un prix de 50 000 dollars sera remis à 16 finalistes, et le grand gagnant recevra 12 000 dollars.

Un dessin soumis à un concours de déni de l'Holocauste financé par l'Iran en 2015
Un dessin soumis à un concours de déni de l’Holocauste financé par l’Iran en 2015

Quelque 150 œuvres provenant de 50 pays sont exposées. La plupart des œuvres critiquent Israël qui utiliserait l’Holocauste pour distraire la communauté internationale de la manière dont il traite les Palestiniens.

L’organisateur Shojai Tabtabai a déclaré à Al-Alma TV que « l’exposition constitue une réponse à la publication des caricatures par le magazine français Charlie Hebdo, qui a offensé le Prophète Mahomet, ainsi que l’expression de (notre opposition) aux massacres perpétrés contre le peuple Palestinien ».

En janvier 2015 deux hommes armés islamistes, qui étaient frères, ont attaqué les bureaux du magazine satirique Charlie Hebdo à Paris, tuant 12 personnes, prétendument pour se venger de la publication des caricatures du prophète Mahomet.

Un dessin soumis à un concours de déni de l'Holocauste financé par l'Iran en 2015
Un dessin soumis à un concours de déni de l’Holocauste financé par l’Iran en 2015

Le secrétaire exécutif de l’événement, Mohammad Habibi, a expliqué que « l’un des aspects les plus importants du concours est de présenter la souffrance et l’injustice. Voilà pourquoi nous avons choisi d’exprimer la cause palestinienne au moyen de caricatures et de films d’animation ».

Le porte-parole du département d’Etat américain Mark Toner, voyageant avec le secrétaire d’Etat John Kerry en Arabie Saoudite, a déclaré dimanche que Washington était préoccupé que le concours pourrait « être utilisé comme une plate-forme pour la négation et le révisionnisme de l’Holocauste et la parole volontairement antisémite, comme cela a déjà été le cas dans le passé ».

Au cours du week-end, la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a dit du concours qu’ « une telle initiative, qui vise à une parodie du génocide du peuple juif, une page tragique de l’histoire de l’humanité, ne peut que favoriser la haine et inciter à la violence, au racisme et à la colère ».

« Ce concours va à l’encontre des valeurs universelles de tolérance et de respect, et va à l’encontre de l’action menée par l’UNESCO pour promouvoir l’éducation sur l’Holocauste, pour lutter contre l’antisémitisme et le déni ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, dimanche, a également critiqué l’événement en disant que l’Iran « nie l’Holocauste, se moque de l’Holocauste, et prépare un autre Holocauste. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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