Le festival de l’oud, au confluent de toutes les sonorités, notamment de l’est
Figurent notamment à l'affiche du festival de cette année Ehud Banai, Shalom Hanoch et Yehuda Poliker, sans oublier Dudu Tassa, Ravid Kahalani et bien d'autres
Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Cette année, le Festival international de l’oud de Jérusalem aura lieu du 6 au 13 novembre prochain et permettra d’écouter des artistes connus, à l’instar d’Ehud Banai, Shalom Hanoch, Ravid Kahalani, Dudu Tassa ou encore Yehuda Poliker, qui se produiront avec un groupe de 12 musiciens lors du spectacle final.
Parmi les dizaines de musiciens qui se produiront lors de ce festival, on trouve l’ensemble arabo-juif Bustan Avraham, qui existe depuis 2012, dirigé par ses trois co-fondateurs, Zohar Fresco, Taiseer Elias et Amir Milstein, et Haggai Cohen-Milo.
Le duo de Projet Komradin, composé du joueur de oud Onn Yosef Kadosh et du saxophoniste Asaf Harris, interprétera le muswashahat, une forme d’art musical et vocal arabo-andalou bien connue à Alep, en Syrie.
Le célèbre joueur de oud Emad Dalal, de Ma’a lot-Tarshiha, un habitué du festival, se produira avec un tout nouveau quintette pour l’occasion.
« C’est ce qui est génial avec le festival de l’oud », explique Yair Harel, directeur artistique du département de la culture de l’institut de recherche Yad Ben-Zvi de Jérusalem, partenaire du festival de cette année. « Il fédère toutes sortes de projets musicaux, pour peu qu’ils soient, de près ou de loin, liés à l’oud », cet instrument à cordes à manche court au cœur de ce festival annuel.
Cette année, un seul et unique invité non-israélien, en la personne du maestro N. Ravikian, avec sa musique classique venue du sud de l’Inde, et qui, pour sa première fois en Israël, se produira le 9 novembre au théâtre de Jérusalem.
La pianiste Sireen Elias Haddad, fille du maître de l’oud Taiseer Elias – elle aussi membre de Bustan Avraham – se produira avec son mari, Adeeb Haddad, pianiste et joueur de oud, accompagné de son père.
Le groupe de rock, The Tractor’s Revenge, rendra hommage à Rabbi Moïse ibn Ezra à la Bibliothèque nationale.
L’un des nouveaux projets de Harel pour ce festival réside dans The Golden Chain, un groupe d’étudiants en musique qui interprétera pour la première fois des airs tirés des anciennes communautés de Jérusalem. Ce projet est le fruit d’une collaboration entre le festival, le Centre pour la musique de l’Est de Yad Yitzhak Ben Zvi et une synagogue de Jérusalem de plus de 100 ans, établie par des Juifs originaires de Barashe, au Kurdistan.
Un ensemble composé d’enseignants et d’étudiants, de musiciens, chanteurs et membres de la communauté Barashe, interpréteront de nouveaux arrangements de poèmes liturgiques patiemment transmis de génération en génération par trois familles kurdes de Jérusalem.
Cet ensemble a répété des mois durant, écouté, chanté, joué et enregistré, dans l’idée de faire advenir des rencontres d’apparence naturelle, mais qui n’ont généralement pas lieu, explique Harel.
Leur projet est de faire un album avec ces arrangements.
« 18 personnes ont travaillé à cela », ajoute Harel. « Les étudiants n’ont qu’à traverser la rue où se trouve leur école de musique pour se rendre à la synagogue de Nachlaot, une synagogue centenaire. »
Le deuxième projet de Yad Ben Zvi rend hommage à l’ancienne communauté juive de Damas, avec une performance dirigée par la famille de poètes Saied Nahmias.
Les chanteurs Ziv Yehezkel et Rabbi Mordechai Ashkenazi interpréteront de nouveaux arrangements de poèmes rares d’Israel Najara, qui vivait entre Safed et Damas.
« Ils ont leurs propres traditions, presque disparues : les étudiants musiciens de Yad Ben Zvi travaillent pour leur redonner vie », souligne Harel. « On met un coup de projecteur sur quelque chose qui n’existe plus vraiment ; vous n’aurez jamais entendu cela ailleurs.
Pour plus d’informations au sujet des entrées, des horaires ou du lieu, rendez-vous sur le site du festival de l’oud.







