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Le groupe Extinction Rebellion bloque l’entrée de l’EAPC à Ashkelon

Les défenseurs de l'environnement ont voulu dénoncer l'accord pétrolier signé entre la firme publique israélienne et un consortium israélo-émirati

La police intervient lors d'une manifestation du groupe Extinction Rebellion contre l'accord conclu entre l'EAPC, une firme israélienne, et un consortium israélo-émirati, visant le transfert terrestre du pétrole du Golfe dans le système israélien de canalisations de la mer Rouge jusqu'à la mer méditerranée à Ashkelon, le 17 octobre 2021. (Capture d'écran)
La police intervient lors d'une manifestation du groupe Extinction Rebellion contre l'accord conclu entre l'EAPC, une firme israélienne, et un consortium israélo-émirati, visant le transfert terrestre du pétrole du Golfe dans le système israélien de canalisations de la mer Rouge jusqu'à la mer méditerranée à Ashkelon, le 17 octobre 2021. (Capture d'écran)

Les activistes du groupe Extinction Rebellion ont bloqué l’entrée du complexe de l’entreprise EAPC (Europe Asia Pipeline Company) à Ashkelon, sur la côte sud d’Israël, dans la matinée de dimanche, entraînant des embouteillages. La police les a finalement fait partir.

Aucune arrestation n’a encore été signalée dans le cadre de cet incident.

Extinction Rebellion, un mouvement mondial, utilise l’action directe non-violente pour tenter de persuader les gouvernements de s’attaquer une fois pour toutes à la crise du climat.

D’autres organisations de défense de l’environnement ont accroché des bannières sur les ponts des autoroutes et aux carrefours de tout le pays, ce week-end, pour dénoncer l’accord conclu par l’EAPC et pour appeler le gouvernement à agir davantage contre le changement climatique.

Les activistes manifestaient contre un accord secret et très impopulaire signé il y a un an entre l’entreprise publique et un consortium israélo-émirati, qui prévoit d’utiliser les réseaux de canalisation terrestres de l’État juif pour transporter le pétrole du Golfe du port d’Eilat, sur la mer Morte, dans le sud d’Israël, jusqu’au port d’Ashkelon, qui ouvre sur la Méditerranée.

La compagnie a été responsable de nombreuses fuites et autres incidents au fil des années. La plus grave avait été la fuite d’une canalisation qui s’était déversée dans la réserve naturelle d’Evrona, dans le sud d’Israël, en 2014, qui avait été à l’origine de l’une des pires catastrophes environnementales du pays.

Sept ans plus tard, la nature ne montre aucun signe de régénération et son écosystème pourrait s’effondrer, à moins de trouver les moyens de purifier le sol de façon à permettre aux graines d’acacia de recommencer à germer, selon les conclusions d’une étude de surveillance de cinq ans qui a été publiée le mois dernier.

Les opposants à l’accord s’inquiètent de ce que de potentielles fuites de pétrole, dans le Golfe d’Eilat, ne dévastent les barrière de corail et ne détruisent l’économie d’Eilat, qui repose largement sur le tourisme. De plus, des fuites survenant à Ashkelon pourraient mettre en péril le travail d’usines déterminantes de dessalement.

Il est difficile de dire si des responsables gouvernementaux ont vu les détails de ce protocole d’accord.

L’importante opposition des scientifiques, des groupes environnementaux, des résidents d’Eilat et de nombreuses autres villes, et celle des ministres de la Protection environnementale et de l’Énergie, a amené le gouvernement à réexaminer l’accord – même si peu de choses ne filtrent de ces discussions.

Du pétrole répandu dans le désert dans la réserve naturelle d’Evrona, le 7 décembre 2014. (Crédit : Porte-parole du ministère de la protection environnementale/Roi Talbi)

Par ailleurs, samedi à Tel Aviv, des manifestants se sont rassemblés aux abords des habitations de la ministre de la Protection environnementale, Tamar Zandberg, et de la ministre des Transports, Meirav Michaeli, appelant les deux ministères à voter contre un plan de transport en date du 19 octobre qui, s’il devait être approuvé, donnerait le feu vert à un projet massif de construction à Reches Lavan, une colline pastorale agrémentée d’un bassin naturel populaire qui se trouve à l’ouest de Jérusalem.

Au mois de mars, une sous-commission d’appel du Comité national de planification avait rejeté un plan approuvé en 2020 par la Commission de planification du district de Jérusalem concernant la construction de deux tunnels au carrefour d’Ora, où se rejoignent quatre routes existantes.

Le plan vise à soulager la circulation actuelle, en permettant l’ajout d’une ligne de tramway et en prenant en compte l’augmentation des véhicules privés qui sera entraînée avec les constructions prévues à Reches Lavan, voire celles d’autres communautés qui pourront être établies à l’avenir dans les collines de Jérusalem.

Rendu artistique du nouveau quartier de Reches Lavan et du système de transport à deux niveaux actuellement proposé. (Capture d’écran : YouTube)

Une discussion sur cette question sera au cœur d’une réunion de la commission de planification nationale, mardi matin. Les représentants gouvernementaux voteront dans la foulée pour décider s’ils donnent leur feu vert au projet.

Les opposants considèrent que le plan de Reches Lavan ouvrira la porte à d’autres constructions sur de nombreuses collines vertes de Jérusalem, où se trouvent de nombreux bassins naturels et qui servent de poumon vert pour les habitants de la ville.

Une grande partie des projets prévus sur la Crête blanche sont liés à un programme national qui prévoit de construire 1,5 million de logements dans tout le pays d’ici 2040, avec 297 000 pour le district de Jérusalem, dans le but de suivre le rythme de la croissance de la population.

Un grand nombre de ces logements devraient être rendus disponibles par le biais de programmes de rénovation urbaine, dans lesquels des bâtiments des villes sont détruits, laissant la place à des immeubles beaucoup plus hauts.

Le bureau de la Société pour la protection de la nature dans le district de Jérusalem a examiné 4 000 plans et déterminé que cet objectif pourrait être atteint dans la capitale sans construire dans les zones rurales locales.

Le problème est que remplacer les immeubles délabrés, dans les villes, par de nouveaux n’offre que des bénéfices limités – et que le gouvernement, jusqu’à présent, n’a pas souhaité inciter les promoteurs au niveau financier (à l’aide de subventions ou de réductions d’impôt) et qu’il offre à la place ce qu’il appelle des « terres complémentaires » sur lesquelles les promoteurs peuvent gagner plus d’argent.

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