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Le Hamas appelle à l’escalade face aux tensions croissantes sur le Mont du Temple

Le groupe terroriste de Gaza ordonne "la mobilisation générale" et demande aux Palestiniens d'aller en grand nombre prier à la mosquée al-Aqsa vendredi

Des partisans des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique lors d'un rassemblement dans la bande de Gaza célébrant un attentat commis à Tel Aviv, le 8 avril 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)
Des partisans des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique lors d'un rassemblement dans la bande de Gaza célébrant un attentat commis à Tel Aviv, le 8 avril 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)

Les leaders du groupe terroriste de Gaza se sont réunis mercredi pour lancer un appel unifié à l’escalade des violences contre Israël, alors même que les tensions sont en recrudescence autour du Mont du Temple et de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem.

Le groupe terroriste du Hamas, qui gouverne Gaza, a organisé la réunion mercredi matin après avoir juré de mettre un terme aux activités des militants juifs sur le Mont du Temple « à n’importe quel prix ». C’est le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, qui a dirigé cette réunion.

« Nous déclarons la mobilisation générale et ce partout où se trouvent les nôtres. Nous appelons les Palestiniens à venir en masse, en dizaines de milliers, protéger notre nation et notre mosquée », ont indiqué les groupes terroristes dans une déclaration.

Le mois sacré musulman du ramadan, traditionnellement une période de tensions accrues, est actuellement en cours, et des milliers de Palestiniens se rendent aux prières à Jérusalem à ce moment de l’année.

« Nous appelons notre peuple à sortir, nous demandons à des dizaines de milliers de Palestiniens d’aller à la prière à la mosquée al-Aqsa », a indiqué le groupe, selon la Douzième chaîne, qui a précisé que toutes les « factions » de Gaza avaient été représentées lors de cette rencontre. D’autres organisations terroristes opèrent au sein de l’enclave côtière, et notamment le Jihad islamique palestinien, qui est un rival du Hamas.

La réunion avait été organisée pour débattre « de la menace d’invasion sioniste de la mosquée al-Aqsa, vendredi, et des intentions d’y faire des sacrifices », entre autres, a confié une source palestinienne à Safa News. Un groupe extrémiste juif avait appelé, au début de la semaine, à organiser des sacrifices rituels sur le site, entraînant la fureur du public palestinien et des dirigeants arabes.

Le bras droit du chef du Hamas, Saleh al-Arouri, a lui aussi appelé à l’escalade, mercredi, après l’arrestation de suspects palestiniens par les troupes antiterroristes israéliennes à Silwad, en Cisjordanie.

Des informations ont fait savoir, jeudi matin, que trois Palestiniens avaient été tués par les soldats israéliens dans des heurts survenus mercredi à Silwad et aux abords de Bethléem. Les forces de sécurité israéliennes ont effectué des raids et procédé à des arrestations en Cisjordanie, dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des mouvements de protestation et des échanges de coups de feu dans plusieurs secteurs, a fait savoir le site d’information Walla.

« Nous appelons note nation à se mobiliser et à soutenir Silwad et toutes les zones de conflit », a dit al-Arouri.

Le Fatah, en Cisjordanie, a aussi appelé le public palestinien à se rendre dans les endroits sensibles, jeudi, et à « affronter les forces israéliennes et les colons dans toute la Cisjordanie », a annoncé la radio militaire.

Des dizaines de milliers de personnes sont d’ores et déjà attendues vendredi pour les prières à la mosquée al-Aqsa. La plus grande partie des fidèles musulmans, pendant le ramadan, entreront en Israël sans autorisation dans le cadre d’une politique d’allègement des règles habituellement strictes qui régissent les déplacements palestiniens pendant cette fête.

Permettre l’entrée sur le territoire israélien de milliers de Palestiniens pose un risque de sécurité clair pour l’État juif, mais réprimer les fidèles pourrait par ailleurs entraîner de nouvelles violences.

Le Mont du Temple est l’épicentre émotionnel du conflit israélo-palestinien et les tensions qui y surviennent peuvent facilement dégénérer en conflit plus large. Le Hamas et les autres groupes terroristes de Gaza ont invoqué de manière répété le lieu saint en évoquant une ligne rouge à ne pas franchir. Les actions menées là-bas par la police, l’année dernière, avaient aidé à entraîner la guerre d’onze jours qui avait opposé Israël et les groupes terroristes de Gaza.

Des Palestiniens assistant à la prière du vendredi dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa sur le Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 1er avril 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Le Mont du Temple est le lieu le plus saint du judaïsme, et le troisième site le plus sacré pour l’Islam. Les Juifs sont autorisés à s’y rendre pour le visiter mais il leur est interdit d’y prier ou de s’y livrer à des rituels dans le cadre d’un statu-quo fragile.

En plus de ces frictions survenues pendant la fête, les tentions entre Israël et les Palestiniens se sont beaucoup accrues, ces dernières semaines, suite à une série d’attentats terroristes contre des Israéliens. Les attaquants, des Arabes israéliens et des Palestiniens originaires de Cisjordanie, ont tué 14 personnes dans le cadre d’un éclatement de violences sans précédent en Israël depuis des années. Ces attentats ont amené les forces de sécurité israéliennes à prendre des mesures de répression, notamment par le biais d’arrestations qui ont donné lieu à des affrontements.

En même temps, le mois d’avril sera l’occasion de fêter à la fois le ramadan, Pessah et Pâques, suscitant des inquiétudes sur le fait que cette concomitance puisse renforcer le risque de conflit. Depuis des mois les responsables israéliens mettent en garde contre une convergence qui pourrait attiser une escalade des violences.

Mercredi matin, le Hamas a menacé Israël alors que des activistes juifs menacent de se livrer à des sacrifices rituels sur le Mont du Temple à Pessah.

Le groupe extrémiste « Retour sur le mont », qui prône la construction du troisième Temple juif sur le site qui avait autrefois accueilli les deux premiers Temples bibliques, a ainsi annoncé sur Facebook qu’il récompenserait financièrement les Juifs qui parviendraient à sacrifier un agneau sur le Mont du Temple, ainsi que tout individu arrêté en train d’essayer de le faire.

Un mouton est transporté en vue de la cérémonie du sacrifice pascal à Beit Orot à Jérusalem-Est, le 18 avril 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Un petit groupe d’extrémistes juifs a occasionnellement au fil des années cherché à faire le sacrifice imposé dans la bible sur le Mont du Temple. La police est régulièrement intervenue pour arrêter et placer en détention les provocateurs, qui semblent ne jamais avoir réussi à se livrer à ce rituel sur le site, ces dernières années.

La campagne menée sur les réseaux sociaux par le groupe extrémiste juif a fortement retenu, cette année, l’attention des médias palestiniens et arabes.

La publication a entraîné des menaces du Hamas et a été condamnée par la Jordanie et l’Autorité palestinienne.

« Nous soulignons qu’un tel appel représente une escalade dangereuse qui franchit toutes les lignes rouges, dans la mesure où il représente une attaque directe de nos croyances et des sentiments de notre peuple et de notre nation pendant ce mois sacré », a fait savoir le Hamas. « Nous tiendrons Israël pour responsable de toutes ses conséquences. »

Les autorités israéliennes, pour leur part, se sont engagées à ne pas permettre que les animaux de ces sacrifices rituels puissent entrer dans le complexe, comme cela avait pu être le cas auparavant. Le Premier ministre Naftali Bennett a indiqué, par le biais de son porte-parole arabophone, qu’il n’y aurait aucun sacrifice sur le Mont du Temple et que toute tentative dans ce sens serait découragée et interrompue.

Mercredi également, dans la ville de Silwad, en Cisjordanie, les forces israéliennes ont arrêté trois Palestiniens soupçonnés de vouloir commettre un attentat imminent. Les militaires ont aussi appréhendé un suspect dans la ville voisine de Kobar. Les quatre hommes ont été emmenés par le Shin Bet en vue d’un interrogatoire.

Les soldats israéliens lors d’une opération en Cisjordanie, le 13 avril 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Des heurts ont éclaté pendant le raid à Silwad. Les responsables palestiniens ont fait savoir qu’un homme avait été abattu par les troupes israéliennes.

Des Palestiniens soupçonnés d’activités terroristes ont été arrêtés dans des raids dans toute la Cisjordanie, ces derniers jours. La plus grande part de ces activités s’est concentrée autour de la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, même si les forces israéliennes se sont également intéressées au secteur de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie, mercredi.

L’État juif a envoyé ses troupes dans les villes et villages palestiniens, ces derniers jours, cherchant des suspects ou des complices liés aux récents attentats commis en Israël. La semaine dernière, un Palestinien armé a ouvert le feu dans un bar très fréquenté de Tel Aviv, tuant trois personnes. Il a ensuite pris la fuite, entraînant une chasse à l’homme de plusieurs heures. Il a finalement été retrouvé et abattu par la police.

Cette attaque et d’autres attentats perpétrés en Israël, ces dernières semaines, ont entraîné la mort de 14 personnes. C’est la vague terroriste la plus meurtrière à s’être abattue sur les Israéliens depuis des années.

Au moins 15 Palestiniens sont morts dans des affrontements avec les soldats israéliens au cours des deux dernières semaines. Certains étaient membres de groupes terroristes et d’autres auraient apparemment été des civils non-armés qui ont été tués par erreur.

Les forces israéliennes ont également dû sécuriser le tombeau de Joseph à Naplouse, mercredi, après des actes de vandalisme commis par des Palestiniens, ces derniers jours. Des Juifs qui étaient allés y prier ont également été agressés.

Les dégâts commis dans ce sanctuaire ont été réparés par les forces israéliennes dans la matinée de mercredi, lors d’une rare opération en plein jour.

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