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Le Hamas dit avoir le « doigt sur la gâchette » en vue de la marche à Jérusalem

Bravant l’interdiction de la police, une marche nationaliste israélienne aura lieu dans la Vieille Ville ce mercredi ; les groupes terroristes de Gaza se disent prêts au conflit

Des Israéliens organisent une 
« marche du drapeau » près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Israéliens organisent une « marche du drapeau » près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les responsables israéliens se préparent à de possibles violences, mercredi, à l’occasion de la marche organisée à Jérusalem par des Israéliens de droite que la police a interdit. Des milliers de personnes sont attendues pour une prière au mur Occidental et les groupes terroristes de Gaza ont déclaré qu’ils se préparaient à une recrudescence des heurts.

Depuis quelques semaines, Jérusalem s’est muée en une véritable poudrière : des Palestiniens ont affronté la police sur le mont du Temple, à une période – les fêtes religieuses de Pessah, Pâques et Ramadan – qui attire des milliers de personnes dans les lieux saints, alors même que les forces de l’ordre israéliennes répriment le terrorisme en Cisjordanie et que les groupes terroristes de Gaza attisent la colère.

Hier mardi, la police a interdit la marche dans la Vieille Ville prévue par une organisation de droite. Elle aurait poursuivi les négociations avec les organisateurs jusque tard dans la nuit pour tenter de parvenir à un compromis. La police aurait opposé son veto à l’itinéraire voulu par les organisateurs et leur aurait demandé de reporter la marche à un autre jour. Sans succès semble-t-il, car les organisateurs auraient maintenu leur projet pour ce mercredi.

Un communiqué de la police indique que la demande d’autorisation de la marche a été soumise lundi « avec un court préavis » et que l’un des organisateurs a été convoqué pour s’entretenir avec la police. Le communiqué précise que les organisateurs ont annoncé publiquement la marche, alors même qu’elle n’a pas été autorisée.

La police a réitéré son engagement à respecter « la liberté d’expression et de manifester garantie par la loi, tout en préservant le bien-être et la sécurité des participants à la marche et de l’ensemble du public ».

Le chef d’Im Tirtzu, groupe de droite impliqué dans l’organisation de la marche, a dénoncé la décision de la police. « Ça a donné un coup au moral à tous ceux qui souhaitaient venir dans la capitale [pendant Pessah] », a déclaré Matan Peleg à la radio de l’armée. « Nous voulons montrer qu’il n’y a rien à craindre. »

Cette semaine, des Palestiniens ont attaqué des bus à destination du mur Occidental à l’extérieur de la Vieille Ville, brisant des vitres et blessant des passagers. Ils s’en sont également pris à des Juifs revêtus de leur châle de prière qui se rendaient au mur.

Des Israéliens brandissent des drapeaux lors d’une marche célébrant la Journée de Jérusalem, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Les nationalistes organisent traditionnellement une « marche du drapeau » dans certaines parties de la Vieille Ville, au mois de mai, à l’occasion de la Journée de Jérusalem. Cette journée célèbre la réunification de la ville après la prise de Jérusalem-Est, y compris la Vieille Ville et ses lieux saints, à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours de 1967. La marche traverse le quartier musulman en direction du mur Occidental, suivant un itinéraire qui, selon les critiques, est un affront aux résidents arabes.

Mercredi également, il est prévu que des milliers de Juifs prient au mur Occidental pour la cérémonie semestrielle de bénédiction sacerdotale.

L’événement, connu en hébreu sous le nom de « Birkat HaCohanim », a lieu les jours intermédiaires des fêtes de Pessah et de Souccot. Il attire souvent des dizaines de milliers de fidèles, mais la cérémonie de cette semaine a été fractionnée en deux jours pour éviter la foule. Une bousculade lors d’un événement religieux surpeuplé au mont Meron, dans le nord d’Israël, avait tué 45 personnes l’année dernière.

La première séance de prière, lundi, a attiré plusieurs milliers de personnes et s’est terminée sans heurts.

Des centaines de policiers et policiers des frontières ont été déployés autour de la capitale afin de renforcer la sécurité et le contrôle de l’ordre public mercredi. La circulation devait être bloquée dans la Vieille Ville et ses environs.

Le drapeau israélien flotte parmi les fidèles juifs qui assistent à la bénédiction pendant la fête de Pessah au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2019. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Le mur Occidental est l’un des murs de soutènement du complexe du mont du Temple de la Vieille Ville, emplacement des deux anciens temples juifs et lieu le plus sacré pour les Juifs. Il est vénéré en raison de sa proximité avec le site original des temples, et est l’endroit le plus proche du mont du Temple où les Juifs sont autorisés à prier.

Bien qu’ils puissent visiter le mont, les Juifs ne sont pas autorisés à prier sur le lieu saint, placé sous la supervision d’une autorité jordanienne. Les non-musulmans seront entièrement exclus du mont du Temple pour la fin du Ramadan. La mosquée Al-Aqsa, sur le mont du Temple, est le troisième lieu le plus saint pour les musulmans.

L’importance religieuse du site en fait une zone sensible, particulièrement ces dernières semaines, et l’épicentre émotionnel du conflit israélo-palestinien. Les affrontements au mont du Temple peuvent faire boule de neige et ouvrir la voie à des violences de nature plus graves. L’action de la police pour réprimer les émeutes, l’an dernier, avait été l’un des éléments déclencheurs de la guerre de onze jours à Gaza en mai 2021.

Le Hamas et d’autres groupes terroristes basés à Gaza ont évoqué à plusieurs reprises le mont du Temple comme ligne rouge absolue et, la semaine dernière, ont appelé à des violences sur le site-même.

Des partisans du Hamas et des groupes terroristes du Jihad islamique participent à un rassemblement pour célébrer une fusillade à Tel Aviv, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 avril 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)

Le Hamas a émis de nouvelles menaces mardi, après une flambée dans le sud la nuit précédente.

Une roquette a été tirée depuis Gaza lundi soir et interceptée par le système de défense aérienne du Dôme de fer. Il s’agissait du premier tir depuis la bande de Gaza en l’espace de quatre mois. Israël a frappé des cibles du Hamas à Gaza quelques heures plus tard. Aucun des groupes terroristes basés à Gaza n’a revendiqué la responsabilité de la roquette.

Un haut responsable des forces de l’ordre a déclaré mardi au radiodiffuseur public Kan qu’Israël se préparait à d’autres tirs de roquettes depuis Gaza.

Le Hamas est dans l’incapacité d’empêcher des groupes terroristes de tirer des roquettes, et la défense aérienne d’Israël est en état d’alerte maximale, a précisé le responsable. Les médias du Hamas à Gaza ont déclaré que les groupes terroristes de la bande avaient relevé leur niveau de préparation pour les prochains jours.

« Il a été souligné lors de notre réunion que nous devions continuer à nous préparer en relevant le niveau de préparation de tout le pays », a déclaré un porte-parole du Hamas. « Nous avons le doigt sur la gâchette. »

Selon Kan, le Hamas aurait contacté Israël par l’intermédiaire de médiateurs égyptiens, après les tirs de roquettes, afin de souligner qu’il n’était pas favorable à de nouvelles violences et qu’il n’était pas responsable de l’attaque.

Cette semaine, le groupe terroriste du Jihad islamique a donné à voir la « ville tunnel », construite en partie sous-terraine, dans le sud de Gaza, en préparation du prochain conflit avec Israël.

Un membre du Jihad islamique palestinien circule dans un tunnel dans la bande de Gaza, le 17 avril 2022, lors d’une démonstration destinée aux médias, en plein période de violences avec Israël. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Le ramadan est souvent une période de tension entre Israël et les Palestiniens. Vendredi, ces tensions ont explosé et de jeunes Palestiniens, qui avaient stocké des pierres et des armes à l’intérieur de la mosquée, ont défilé, certains portant les bannières vertes du groupe terroriste du Hamas.

La police est entrée dans l’enceinte pour éviter les émeutes, qui ont conduit à des heurts. Quelque 400 Palestiniens ont été arrêtés et plus de 150 ont été blessés. La police a déclaré avoir attendu la fin des prières du matin avant d’entrer dans le mont du Temple pour disperser les émeutiers, dont certains ont jeté des pierres sur le Mur occidental en contrebas.

Les combats et les images de policiers frappant des civils avec des matraques ont suscité une condamnation internationale, y compris de la part des alliés arabes d’Israël.

En plus des heurts liés aux fêtes religieuses, les forces de l’ordre israéliennes ont procédé à des arrestations en masse en Cisjordanie après la série d’attentats terroristes en Israël qui a fait 14 morts. Les arrestations dégénèrent parfois en violences dans les villes de Cisjordanie : 17 Palestiniens au moins seraient morts dans les affrontements.

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