Le Hamas durcit les restrictions à Gaza face à la recrudescence du coronavirus
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Le Hamas durcit les restrictions à Gaza face à la recrudescence du coronavirus

La Bande de Gaza compte 10 321 cas actifs ; environ 32 % des tests des dernières 24 heures se sont révélés positifs ; les autorités cherchent à éviter un confinement strict

Des agents de sécurité du Hamas montent la garde sur la route principale du camp de réfugiés de Jebaliya dans la Bande de Gaza, 30 octobre 2020. (Crédit : Adel Hana / AP)
Des agents de sécurité du Hamas montent la garde sur la route principale du camp de réfugiés de Jebaliya dans la Bande de Gaza, 30 octobre 2020. (Crédit : Adel Hana / AP)

De nouvelles restrictions pour faire face au COVID-19 seront imposées dans la Bande de Gaza alors que les autorités du Hamas cherchent à lutter contre une vague d’infections dans l’enclave palestinienne, tout en évitant de revenir à un verrouillage total, a annoncé jeudi soir le ministère de l’Intérieur dirigé par le Hamas.

Gaza compte 10 321 cas actifs et 827 nouveaux cas ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures. Environ 32 % des tests de Coronavirus sont revenus positifs au cours de la même période.

Le porte-parole du ministère de la Santé, Ashraf al-Qidra, a déclaré jeudi soir que les autorités estimaient que 17 000 Gazaouis supplémentaires avaient été exposés au virus.

« La réalité est que nous sommes dans une phase extrêmement dangereuse », a déclaré al-Qidra.

Les autorités ont évité d’imposer un verrouillage complet, optant plutôt pour un durcissement des restrictions.

« Nous avons envisagé un verrouillage complet, mais nous avons décidé de procéder autrement, étant donné les contraintes que cela imposerait », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur Iyad al-Bozm.

À partir de samedi, les mosquées, les écoles, les universités et les crèches de Gaza seront fermées, et un couvre-feu nocturne sera imposé à 18 heures.

L’entrepreneur palestinienne Heba al-Hindi présente un dispositif de stérilisation intelligent conçu et fabriqué localement dans la ville de Gaza, le 8 octobre 2020. La machine doit être déployée dans diverses installations de la Bande de Gaza dans le cadre des efforts visant à freiner la propagation du COVID-19. (MOHAMMED ABED / AFP)

Les vendredi et samedi prochains, il y aura un confinement total dans la Bande de Gaza, a déclaré al-Bozm.

La Bande de Gaza, dirigée par le groupe terroriste du Hamas, a réussi à éviter une épidémie majeure de coronavirus pendant près de cinq mois, en imposant à tous les nouveaux arrivants 21 jours de quarantaine dans des centres de l’enclave côtière. Mais depuis la mi-août, le virus s’est propagé dans toute la Bande de Gaza.

Au cours des trois dernières semaines, la situation s’est dramatiquement détériorée, des centaines de nouvelles infections étant annoncées chaque jour. Entre 20 et 30 % des tests se sont systématiquement révélés positifs au cours des trois dernières semaines, ce qui indique qu’il est probable que le virus se propage largement sans être détecté.

Environ 88 % des lits d’hôpitaux équipés d’un respirateur pour les patients atteints de coronavirus dans un état critique sont déjà occupés, a rapporté mercredi soir le ministère de la Santé de Gaza. Selon Gerald Rockenschaub, un responsable de l’Organisation mondiale de la santé, le reste de l’unité de soins intensifs a également atteint 66 % de sa capacité.

Les responsables de la santé du Hamas ont averti que le système de santé fragile de Gaza – éprouvé par un blocus de 13 ans par l’Égypte et Israël ainsi que par trois guerres entre Israël et le Hamas – ne pourra pas résister à une telle mise à l’épreuve. Le groupe terroriste, qui cherche ouvertement à détruire Israël, dirige l’enclave côtière depuis 2007. Israël maintient le blocus de sécurité pour l’empêcher d’importer des armes.

« Si la tendance se poursuit ainsi, nous pourrions atteindre notre capacité maximale dans les semaines à venir. C’est difficile à anticiper. Nous devons agir maintenant pour freiner la pandémie et éviter d’atteindre la limite, mais nous n’avons pas beaucoup de temps pour une action décisive », a déclaré jeudi Rockenschaub, directeur de l’Organisation mondiale de la santé dans les Territoires palestiniens, au Times of Israël.

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