Le Hamas ne déposera pas les armes si l’AP reprend le contrôle de Gaza
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Le Hamas ne déposera pas les armes si l’AP reprend le contrôle de Gaza

Et pourtant, selon Yahya Sinwar, le responsable de la branche armée Ezzedine al-Qassam Mohammed Deif, dit "fermement" soutenir la réconciliation avec le Fatah

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des membres des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement terroriste palestinien du  Hamas, pendant une commémoration dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2017. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des membres des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement terroriste palestinien du Hamas, pendant une commémoration dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2017. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Moussa Abu Marzouk, haut responsable du Hamas, a déclaré jeudi que le groupe terroriste palestinien basé à Gaza n’est pas prêt à discuter de la dissolution de sa branche armée avec le Fatah, alors qu’un gouvernement d’unité est en cours d’élaboration.

Par ailleurs, le dirigeant du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a déclaré que le commandant de la branche armée du groupe, est en faveur de la tentative de réconciliation.

« Cette question n’est pas sujette au débat, ne l’a jamais été et ne le sera jamais », a déclaré Abu Marzouk dans une longue interview avec l’agence de presse turque Al-Andalous.

« Les armes de résistance sont destinées à la protection du peuple Palestinien, et il est inconcevable que le Hamas dépose les armes tant que sa terre est occupée et que son peuple est dispersé. »

Le Fatah et le Hamas s’affrontent depuis que le Hamas a violemment pris contrôle de la bande de Gaza en 2007. Depuis, les deux groupes opèrent distinctement sur le plan administratif.

La branche armée du Hamas, la brigade Ezzedine al-Qassam, compterait 27 000 hommes armés, répartis en 6 brigades régionales, avec 25 bataillons et 106 compagnies.

Elle a mené trois conflits avec Israël depuis que le groupe terroriste a pris contrôle de l’enclave palestinienne.

Au début du mois, le Hamas a indiqué avoir donné son accord pour résoudre la crise fratricide avec le Fatah d’Abbas, annonçant la dissolution de l’organe perçu comme un gouvernement rival, à savoir la Commission administrative – et qu’il était prêt à organiser des élections.

Moussa Abu Marzouk (Crédit : capture d’écran YouTube/Al Jazeera)
Moussa Abu Marzouk (Crédit : capture d’écran YouTube/Al Jazeera)

Cette déclaration fait suite aux négociations entre les dirigeants du Hamas et les responsables égyptiens, et s’inscrit dans le contexte difficile d’une crise humanitaire en pleine escalade à Gaza, exacerbée par les mesures de représailles exercées par Abbas après que le Hamas a décidé d’établir une Commission administrative pour gouverner l’enclave en mars.

Bien qu’Abbas ait salué l’annonce de la dissolution de la Commission administrative, il ne s’est pas engagé à lever les sanctions imposées à la bande de Gaza.

Dans le cadre des efforts de réconciliation, l’AP a déclaré lundi que son Premier ministre Rami Hamdallah se rendrait à Gaza la semaine prochaine pour commencer à restaurer le contrôle de l’AP.

Des tentatives de réconciliation ont déjà échoué par le passé, et l’un des points de désaccord réside dans le contrôle des frontières et de la sécurité dans la bande de Gaza.

(de gauche à droite) Le chef de la délégation du Fatah Azzam al-Ahmad, le Premier ministre du Hamas dans la bande Gaza Ismail Haniyeh et l'adjoint du chef politique du Hamas Moussa Abu Marzouk après un accord entre les dirigeants de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pour la formation d'un gouvernement d'unité sous cinq semaines, à Gaza Ville, le 23 avril 2014. (Crédit : AFP/Said Khatib)
(de gauche à droite) Le chef de la délégation du Fatah Azzam al-Ahmad, le Premier ministre du Hamas dans la bande Gaza Ismail Haniyeh et l’adjoint du chef politique du Hamas Moussa Abu Marzouk après un accord entre les dirigeants de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pour la formation d’un gouvernement d’unité sous cinq semaines, à Gaza Ville, le 23 avril 2014. (Crédit : AFP/Said Khatib)

Abu Marzouk a également indiqué jeudi que le Hamas n’était pas disposé à céder aux revendications du Quartet pour le Moyen Orient – les États-Unis, l’Union européenne, les Nations unies et la Russie – à savoir, de renoncer au terrorisme et d’accepter des accords antérieurs conclus entre Israël et l’OLP, qui est le plus grand groupe politique palestinien.

Malgré son refus de dissoudre la branche armée, le Hamas a réitéré jeudi son engagement envers un gouvernement d’unité.

« Le Hamas ne restera pas un parti de la division, quoi qu’il en soit », a déclaré dans Sinwar dans une interview privée accordée aux journalistes, publiée plus tard par le porte-parole du Hamas, ajoutant qu’il ne laisserait rien ni personne contrecarrer les projets de réconciliation.

« La page de l’étape précédente doit être refermée, et nous devons avancer vers l’avenir pour construire notre projet national », a-t-il dit.

Mohammed Deif, commandant de la branche armée du Hamas
Mohammed Deif, commandant de la branche armée du Hamas

Dans une déclaration surprenante, Sinwar a indiqué que Deif, chef de la brigade Qassam, qu’Israël a tenté d’assassiner à maintes reprises, et dont l’état n’est pas connu depuis la guerre de 2014 contre Israël, est un « fervent partisan » des efforts de réconciliation.

Les États-Unis ont « retiré leur veto » sur la réconciliation palestinienne

Dans ses propos de jeudi, Abu Marzouk a affirmé que le Hamas a été informé que les États-Unis mettaient fin à leur opposition à un gouvernement d’unité Fatah-Hamas.

« Nous avons eu connaissance, par le biais de nos propres sources, et cela a été confirmé par des diplomates occidentaux, que les États-Unis avaient levé leur veto sur la réconciliation palestinienne », a-t-il dit.

Le dirigeant du Hamas a indiqué que la fin de l’opposition américaine permet à Abbas d’avoir « la marge de manœuvre nécessaire pour prendre une mesure drastique en vue de mettre fin à la dissension palestinienne, parce que l’Amérique représentait un obstacle majeur ».

Jeudi, le Quartet a salué l’imminent retour de l’Autorité palestinienne à Gaza, dans le cadre des efforts de réconciliation menés avec le groupe terroriste du Hamas qui dirige l’enclave, soulignant que la reprise du contrôle de Gaza par l’AP « est cruciale pour les efforts qui mèneront à une paix durable ».

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Les derniers efforts de réconciliation entre le Fatah et le Hamas remontent à la tentative du président américain Donald Trump de relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Il a rencontré séparément Abbas et le Premier ministre Benjamin Netanyahu en marge de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine dernière.

Dans ce qui semble contredire la déclaration d’Abu Marzouk, l’envoyé spécial de Trump Jason Greenblatt a critiqué la façon dont le Hamas dirige la bande de Gaza et a appelé l’AP à reprendre le contrôle de l’enclave, tout en exhortant la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour y arriver.

« L’allègement des souffrances à Gaza n’aura lieu que lorsque l’ensemble des parties concernées se réuniront pour aider les Palestiniens et isoler le Hamas », a-t-il dit, accusant le Hamas de détourner les fonds destinés à la population civile pour les réinjecter dans l’infrastructure du terrorisme.

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