Le Hamas prêt à des « négociations immédiates » sur l’échange de prisonniers
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Le Hamas prêt à des « négociations immédiates » sur l’échange de prisonniers

Alors qu'Abbas Kamel visite Gaza, le chef du Hamas Yahya Sinwar se dit prêt à négocier mais rejette toute tentative de conditionner la reconstruction à la question des captifs

Yahya Sinwar (à droite), le chef politique du Hamas à Gaza, embrasse le général Abbas Kamel (à gauche), chef du renseignement égyptien, alors que ce dernier arrive pour une réunion avec les dirigeants du Hamas à Gaza le 31 mai 2021 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP )
Yahya Sinwar (à droite), le chef politique du Hamas à Gaza, embrasse le général Abbas Kamel (à gauche), chef du renseignement égyptien, alors que ce dernier arrive pour une réunion avec les dirigeants du Hamas à Gaza le 31 mai 2021 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP )

Le Hamas se dit prêt pour des « négociations immédiates » en vue de parvenir à un échange de prisonniers avec Israël, a déclaré lundi le dirigeant du groupe terroriste de Gaza, Yahya Sinwar.

Sinwar a fait son commentaire à la suite d’une réunion avec le chef du renseignement égyptien Abbas Kamel. L’espion égyptien s’est rendu dans l’enclave palestinienne après une série de réunions à Tel Aviv et Ramallah avec de hauts responsables israéliens et palestiniens.

Israël et le Hamas ont mis fin à 11 jours de combats au début du mois, au cours desquels le groupe terroriste a lancé des milliers de roquettes sur des villes et villages israéliens, et Israël a procédé à des centaines de frappes aériennes sur des cibles terroristes dans la bande de Gaza.

Des drapeaux égyptiens flottaient dans la bande de Gaza pour accueillir Kamel, et les autorités du Hamas ont installé des panneaux d’affichage et des posters remerciant le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi pour son soutien, bien que l’Égypte cherche depuis longtemps à maintenir le groupe terroriste à distance. Et les médias égyptiens ont l’habitude de qualifier la bande de Gaza de « foyer terroriste ».

« La question des échanges de prisonniers a pu être abordée au cours de la période écoulée, mais les négociations se sont interrompues en raison de ce que [Israël] a vécu », a déclaré Sinwar, dans une référence possible aux troubles politiques internes d’Israël et aux élections à répétition.

Le Hamas détient deux civils israéliens en captivité – Hisham al-Sayed et Avera Mengistu – ainsi que les corps de deux soldats israéliens, Hadar Goldin et Oron Shaul.

Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Avera Mengistu, Hisham al-Sayed, Hadar Goldin et Oron Shaul. (Flash 90/Times of Israel)

Le dernier échange majeur de prisonniers entre Israël et le Hamas remonte à 2011. Dans un geste controversé, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait autorisé la libération de 1 027 prisonniers palestiniens places sous haute sécurité en échange du soldat captif Gilad Shalit.

L’un des prisonniers libérés lors de l’échange était Sinwar, qui avait été condamné à perpétuité dans une prison israélienne pour meurtre. Il a joué un rôle clé dans les négociations de Shalit, l’un des négociateurs israéliens ayant déclaré plus tard : « À sa volonté, il y aura un accord, et sans sa volonté, il n’y aura pas d’accord. »

On ne sait pas combien de prisonniers le Hamas exigera en échange des deux Israéliens vivants et des deux dépouilles. Après la rencontre de Sinwar avec Kamel, le chef du Hamas a mystérieusement indiqué aux journalistes « d’écrire le nombre 1 111 ».

« Vous vous en souviendrez bien [à l’avenir] », a déclaré Sinwar.

Les responsables israéliens ont déclaré qu’ils conditionneraient la reconstruction de Gaza à des progrès pour parvenir à un accord avec le Hamas garantissant le retour des deux captifs et des deux dépouilles.
Mais le Hamas a toujours déclaré qu’il rejetait le lien entre la reconstruction de Gaza après les récentes hostilités et un accord avec Israël sur les captifs.

« Nous n’accepterons pas que le dossier des prisonniers soit lié à la reconstruction, au siège ou aux droits des Palestiniens. Nos frères en Égypte le comprennent », a déclaré lundi un haut responsable du Hamas, Khalil al-Hayya, qui est l’adjoint de Sinwar dans la bande de Gaza.

Al-Hayya a accusé Israël de « retarder » un éventuel accord de cessez-le-feu en n’acceptant pas les conditions du groupe terroriste.

« L’occupant israélien n’est pas sérieux à ce stade. S’il était sérieux, il aurait pu avancer. Nous ne sommes pas ceux qui retardons [l’avancement des négociations] », a affirmé al-Hayya.

Si un cessez-le-feu négocié par l’Égypte a mis fin aux combats entre Israël et le Hamas, la trêve reste fragile.

Un incendie de forêt dans le sud d’Israël semble avoir été déclenché lundi par un ballon incendiaire de Gaza, ont indiqué les pompiers qui ont maitrisé le feu.

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