Le Hamas responsable du piratage de l’Eurovision, d’après la chaîne Kan
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Le Hamas responsable du piratage de l’Eurovision, d’après la chaîne Kan

Un responsable de la chaîne israélienne a affirmé que le groupe terroriste de Gaza était responsable de la fausse alerte aux missiles pendant la diffusion de l'émission

Capture d'écran de l'acte de piratage du site internet de la chaîne publique Kan pendant la diffusion de l'Eurovision, le 15 mai 2019 (Capture d'écran)
Capture d'écran de l'acte de piratage du site internet de la chaîne publique Kan pendant la diffusion de l'Eurovision, le 15 mai 2019 (Capture d'écran)

Le dirigeant de la chaîne publique israélienne Kan a déclaré mercredi que le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, semblait être à l’origine du piratage qui a eu lieu lors de la diffusion en direct du concours de l’Eurovision dans la soirée de mardi.

En effet, la diffusion du concours sur le site internet de la chaîne israélienne a été interrompue pendant plusieurs minutes par une vidéo adressant un faux avertissement de la part de l’armée israélienne, qui demandait aux spectateurs se trouvant dans un rayon de 1,2 kilomètre autour du parc des expositions de Tel Aviv – où se déroule actuellement l’Eurovision, dans le nord de la ville – de se rendre dans un abri pour se protéger d’une attaque au missile imminente.

Cette vidéo de deux minutes environ s’achevait par une mise en garde : « Israël n’est pas sûr, vous le constaterez ». Cette initiative de piratage n’a pas affecté la diffusion du concours à la télévision, placée sous la responsabilité de l’UER (Union européenne de radiodiffusion).

Mercredi, le directeur-général de Kan, Eldad Koblenz, a déclaré au micro de la radio militaire que le Hamas semblait être responsable de la cyber-attaque. Une information qui a été confirmée par l’administration nationale de cybersécurité, qui assure assistance et conseils en cyber-défense dans la sphère publique israélienne.

« C’est ce que nous pensons à ce stade », a déclaré un porte-parole de l’administration de cybersécurité au Times of Israel.

Une vidéo de l’Eurovision sur le site internet de la chaîne public Kan montre une explosion avec l’avertissement suivant : « Israël n’est pas sûr, vous le constaterez », le 15 mai 2019 (Capture d’écran)

Koblenz a qualifié ce piratage de « grossier », précisant que la menace avait été déjouée en seulement quelques minutes.

« Je pense que ça a été la victoire la plus rapide d’Israël contre le Hamas de toute l’histoire », a-t-il plaisanté.

Selon Kan, l’impact du piratage a été limité. « Nous pensons que de nombreuses personnes n’ont pas vu ces messages », a fait savoir la chaîne dans un communiqué.

Les responsables israéliens ont refusé de commenter publiquement les moyens employés pour effectuer cet acte de piratage, l’information pouvant révéler des méthodes susceptibles d’être exploitées par d’autres acteurs malveillants. Il ne semble pas néanmoins avoir été lié à une vulnérabilité particulière des systèmes de cyber-défense de la chaîne ou du pays.

Des militants pro-palestiniens, prônant le boycott de l’Etat juif, ont organisé une campagne concertée contre le concours, qui attire l’attention du monde entier et des dizaines de milliers de touristes en Israël.

Des activistes appellent à boycotter l’Eurovision à Tel Aviv, le 14 mai 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des militants de la cause palestinienne ont manifesté près du lieu du concours, mardi, réclamant la fin du contrôle israélien sur la Cisjordanie et des restrictions à Gaza.

Mais la majorité des artistes a évité d’évoquer la politique.

Le représentant de l’Islande, Hatari, avait suscité la controverse en Israël en jurant initialement d’utiliser l’Eurovision pour exposer « le visage de l’occupation ». Mais lors d’une conférence de presse à l’issue des demi-finales, Hatari a transmis un message résolument positif. « Nous devons nous unir et nous rappeler qu’il faut aimer », a-t-il dit, face à la « haine qui est en recrudescence en Europe ».

L’Islandais Hatari chante « Hatrið mun sigra » pendant la première demi-finale du 64ème concours de l’Eurovision organisé au centre des expositions de Tel Aviv, le 14 mai 2019 (Crédit : Jack GUEZ / AFP)

La popstar Madonna, qui a repoussé mardi les appels des activistes du BDS à annuler sa prestation, a pour sa part déclaré mardi qu’elle « n’arrêtera jamais de jouer [ma] musique pour me conformer à l’agenda politique de qui que ce soit ».

Elle est arrivée au sein de l’Etat juif dans la matinée de mercredi.

Les responsables israéliens avaient également craint que des éclats de violences depuis Gaza ou une attaque contre le spectacle ne viennent effrayer les chanteurs et le public, assombrissant le concours, qui est considéré par le pays comme une opportunité majeure pour montrer un côté plus amical et stimuler le tourisme.

Le 4 mai, deux jours après des tirs intenses de roquettes depuis Gaza sur le sud d’Israël, les participants au concours avaient commencé leurs premières répétitions. Plus de 650 roquettes avaient été lancées depuis l’enclave côtière, et 300 frappes aériennes de représailles de l’armée israélienne avaient été effectués en quarante-huit heures avant que les deux parties ne concluent un cessez-le-feu.

Un responsable de l’armée avait indiqué aux journalistes que les militaires avaient reçu l’ordre de terminer leurs opérations avant l’Eurovision, même si les responsables politiques ont pour leur part insisté sur le fait que le concours n’avait joué aucun rôle dans leur prise de décision stratégique.

L’autre prochaine demi-finale aura lieu jeudi, et la finale se déroulera samedi.

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