Le Hezbollah coordonne les milices chiites irakiennes après la mort de Soleimani
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Le Hezbollah coordonne les milices chiites irakiennes après la mort de Soleimani

Reuters a rapporté que l'allié iranien, basé au Liban, aidait à combler le vide laissé par l'assassinat de l'un des plus puissants généraux iraniens

Des combattants du Hezbollah sont au garde-à-vous lors d'une manifestation pour célébrer le Jour de Jérusalem ou le Jour d'Al-Qods, dans la banlieue sud de Beyrouth au Liban, le 31 air 2019. (AP Photo/Hassan Ammar)
Des combattants du Hezbollah sont au garde-à-vous lors d'une manifestation pour célébrer le Jour de Jérusalem ou le Jour d'Al-Qods, dans la banlieue sud de Beyrouth au Liban, le 31 air 2019. (AP Photo/Hassan Ammar)

Le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, un allié régional iranien, s’est engouffré dans le vide laissé par l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani. Ce dernier coordonnait les milices pro-Téhéran disparates dans l’Irak voisin et a été tué lors d’une frappe américaine le 3 janvier.

Citant des sources anonymes proches du dossier, Reuters a rapporté mardi que le représentant du Hezbollah Sheikh Mohammad al-Kawtharani avait rencontré des responsables des milices locales pour essayer de « les unifier face à l’immense vide laissé après la mort de leur puissant mentor » et de « coordonner leurs efforts politiques ».

Soleimani était le commandant de la force Al-Qods, une division des Gardiens de la Révolution iranienne qui supervise les opérations à l’étranger. Il était l’homme clef de l’organisation en Irak et maintenait des liens étroits avec les différentes factions armées dans le pays.

Citant deux sources, Reuters a rapporté que les rencontres ont commencé presque immédiatement après la frappe aérienne américaine qui a tué Soleimani et Abu Mahdi al-Muhandis, le commandant du Comité populaire de mobilisation de l’Irak.

Une manifestante iranienne en deuil tient une pancarte lors de la phase finale de la procession funéraire en hommage du général Qassem Soleimani dans sa ville natale de Kerman, le 7 janvier 2020. (Photo par ATTA KENARE / AFP)

L’agence de presse rapporte également les propos d’un officiel pro-Iran, qui indique que le rôle du Hezbollah est temporaire et qu’il durera seulement jusqu’à ce que les nouveaux responsables de la force Al-Qods « prennent en main la crise politique en Irak ».

« Beaucoup de responsables de factions se considèrent eux-mêmes comme étant trop puissants et trop importants pour recevoir des ordres, a déclaré une source citée par Reuters en référence à al-Kawtharani. « Pour l’instant, à cause de la pression de l’Iran, ils coopèrent avec lui, mais je doute que cela continuera et les Iraniens le savent ».

Les forces américaines ont quitté l’Irak en 2011, mais y sont revenues en 2014 à l’invitation du gouvernement local pour l’aider à combattre l’État islamique après que le groupe extrémiste eut conquis de larges zones dans le nord et l’ouest du pays.

La coalition menée par les États-Unis a fourni un soutien aérien crucial alors que les forces irakiennes, dont des milices soutenues par l’Iran, se sont regroupées et ont expulsé l’EI de la zone dans une difficile campagne qui a duré trois ans. Il y a actuellement environ 5 200 soldats américains dans le pays.

La situation est particulièrement tendue depuis la frappe aérienne américaine qui a tué Soleimani. Le gouvernement irakien a indiqué qu’il pourrait expulser toutes les forces étrangères, même s’il n’a pas encore pris de mesure contre la présence américaine.

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