Le Hezbollah doit désarmer « au plus vite », dit le chef chrétien Samir Geagea
Il est "inutile de perdre davantage de temps", a déclaré le chef du principal parti chrétien au Liban

Le chef du principal parti chrétien au Liban, Samir Geagea, a appelé mardi le groupe terroriste du Hezbollah libanais chiite pro-iranien, sorti très affaibli d’une guerre avec Israël, à « remettre ses armes au plus vite » à l’Etat libanais.
Il est « inutile de perdre davantage de temps », a déclaré M. Geagea dans un entretien à l’AFP.
Le Hezbollah, qui dominait auparavant la vie politique au Liban, refuse de remettre ses armes à l’Etat malgré l’intense pression au Liban et à l’international.
Sous la forte pression des États-Unis et la crainte d’une intensification des bombardements israéliens au Liban, le gouvernement libanais a ordonné à l’armée d’élaborer un plan visant à désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année.
La formation chiite, qui conserve une importante assise populaire, a vivement critiqué ce plan et son chef Naïm Qassem a répété qu’il refusait de désarmer.
« Le Hezbollah, de la manière dont il agit actuellement, se place en dehors du jeu politique », a ajouté M. Geagea, estimant qu’il agissait « comme s’il défiait l’autorité de l’Etat ».
Selon lui, les autorités libanaises devaient faire preuve d’une plus grande « détermination » dans cette affaire.
Le Hezbollah est la seule formation à avoir conservé ses armes après la guerre civile (1975-1990), au nom de la « résistance » contre Israël. Les Forces Libanaises (FL) de M. Geagea ont par contre livré leur armes au sortir de la guerre.
La leçon du Hamas
Dès le lendemain du pogrom du 7-Octobre, la formation pro-iranienne avait ouvert un « front de soutien » depuis le sud du Liban en attaquant Israël pour aider son allié, le Hamas palestinien, à Gaza.
Les violences ont dégénéré en guerre ouverte de septembre à novembre 2024, et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah ainsi que ses principaux chefs militaires ont été éliminés par Israël.
« Honnêtement je n’ai pas compris cette guerre de soutien, dont l’issue était évidente », a dit M. Geagea, chef du principal bloc parlementaire chrétien, qui a reçu l’AFP à Maarab, sa résidence et le siège du parti dans la montagne libanaise.
« Il est évident que le Hezbollah doit retenir ce qui se passe actuellement avec le Hamas. C’est une raison supplémentaire de remettre ses armes à l’État au plus vite », a-t-il martelé.
Israël et le Hamas ont entamé lundi en Égypte des pourparlers indirects visant à libérer les otages et à mettre fin à deux ans de guerre à Gaza, dans le cadre d’un plan annoncé par le président américain Donald Trump prévoyant un cessez-le-feu immédiat, le désarmement du mouvement et son exclusion de la gouvernance du territoire.
M. Geagea a enfin regretté que la décision du Hezbollah sur son armement « soit entre les mains de son parrain iranien », estimant que « plus il tarde à remettre ses armes, plus il perd la possibilité de rester un acteur politique majeur au Liban ».
Malgré le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, Israël continue de mener des frappes quasi quotidiennes au Liban en visant des membres de la formation pro-iranienne et l’accusant de tenter de reconstituer ses forces.







