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Le Hezbollah peut transformer ses roquettes en missile de précision, dit Nasrallah

Le chef du groupe terroriste a souligné qu'il menait ce travail avec l'aide de l'Iran et il a condamné les accords de normalisation signés entre des pays de la région et Israël

Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah parle en visioconférence pendant une cérémonie marquant le deuxième anniversaire de l'assassinat du chef des forces al-Quds iraniennes, le général Qassem Soleimani, dans la banlieue de Daliyeh, au sud du Liban, le 3 janvier 2022. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)
Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah parle en visioconférence pendant une cérémonie marquant le deuxième anniversaire de l'assassinat du chef des forces al-Quds iraniennes, le général Qassem Soleimani, dans la banlieue de Daliyeh, au sud du Liban, le 3 janvier 2022. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

Le chef du groupe terroriste du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dit à ses partisans, mercredi, que le groupe est aujourd’hui en capacité de transformer des milliers de roquettes en armes de précision.

Lors d’un discours marquant le 30e anniversaire de l’assassinat de son prédécesseur, Abbas al-Musawi, qui avait été tué lors d’une frappe aérienne israélienne en 1992 dans le sud du Liban, Hassan Nasrallah a déclaré que « l’entité sioniste est au beau milieu d’une crise et elle approche de sa fin ».

« Nous avons dorénavant la capacité de transformer nos milliers de roquettes en missiles de précision », a dit Nasrallah, des propos qui ont été diffusés par le site d’information libanais Naharnet. « Cela fait des années que nous y travaillons ».

Il a affirmé que le Hezbollah avait mené à bien ce projet avec « des experts de la République islamique d’Iran », selon Reuters. Les roquettes sont des projectiles dotés de systèmes de propulsion mais sans système d’orientation en mesure de viser une cible précise après leur lancement.

Le Hezbollah serait en possession de plus de 150 000 missiles, mais seulement un petit nombre serait doté d’un système de guidage. Israël craint que dans une future guerre, le groupe terroriste n’utilise un barrage de missiles de précision pour s’en prendre à des sites particulièrement sensibles en surchargeant ses systèmes de défense antiaériens.

Nasrallah a aussi déclaré que le groupe terroriste soutenu par l’Iran avait commencé à fabriquer ses propres drones. L’organisation a lancé des dizaines de petits drones en Israël, ces dernières années, apparemment dans le cadre de missions de surveillance. Une source proche des services de sécurité avait dit, le mois dernier, qu’au moins quelques drones qui avaient été utilisés par le Hezbollah étaient ordinaires, du même type que ceux qui sont disponibles à la vente dans le commerce.

« Cela fait déjà longtemps que nous produisons des drones au Liban et tous ceux qui veulent en acheter n’ont qu’à soumettre une commande », avait-il dit.

Dans son allocution de mercredi matin, Nasrallah a juré de continuer à combattre l’État juif et à soutenir la cause palestinienne.

« La résistance à l’occupation, c’est ce qui a permis de préserver l’identité libanaise, en plus du jihad – et cela restera ainsi », a-t-il déclaré.

« Nous combattrons l’ennemi pour défendre le Liban et pour soutenir la Palestine, » a-t-il ajouté. « Certains pensent qu’Israël est lié à l’avenir de la région et ils cherchent à normaliser leurs relations avec Israël mais les groupes de la résistance, dont le Hezbollah fait partie, sait que l’entité sioniste ne sera que temporaire et qu’elle est en déclin ».

Il a évoqué la guerre du Liban de 1982, quand les forces israéliennes étaient entrées dans le sud du Liban, menant à la création d’une zone-tampon sécuritaire au nord du fleuve Litani.

« L’invasion de 1982 a représenté une menace historique pour le Liban mais nous avons réussi à nous dresser contre cette menace qui cherchait à nous voler notre identité », a-t-il poursuivi.

Des combattants du Hezbollah tiennent le drapeau de leur groupe devant une statue du général iranien Qassem Soleimani et lui prêtent serment d’allégeance, lors d’une cérémonie marquant le deuxième anniversaire de son assassinat, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 4 janvier 2022. (AP Photo/Hussein Malla)

Évoquant les frappes présumées de l’armée israélienne en Syrie, Nasrallah a dit que « l’ennemi israélien s’efforce d’empêcher des armes de qualité d’arriver au Liban en attaquant la Syrie », et il a indiqué que ces interventions militaires étaient vaines.

« Nous encourageons les Israéliens à quitter la Palestine et nous sommes même prêts à payer leurs billets d’avion », a-t-il continué. « Il y a une baisse de la volonté de se battre chez les Israéliens et ils sont moins confiants dans leur armée, et il y a une hausse de leur désir d’émigrer. »

« Je ne sous-estime pas Israël, je vois bien qu’Israël est encore en possession de nombreux éléments forts, mais Israël est en déclin », a-t-il ajouté. « Les Israéliens savent qu’une guerre sera difficile et douloureuse. »

Au début du mois, Nasrallah avait affirmé que l’État juif n’était pas sérieux lorsqu’il évoquait la possibilité d’attaquer l’Iran alors qu’il parlait des exercices militaires organisés par Tsahal en préparation à des frappes possibles contre le programme nucléaire iranien.

« L’Iran est un état régional fort et toute guerre avec l’Iran fera exploser la région toute entière », avait-il estimé.

Pendant ce discours, il avait annoncé que des missiles de précision du Hezbollah avaient été installés sur tout le territoire libanais et qu’Israël devrait donc lancer une guerre à grande échelle si le pays voulait tous les détruire.

Il avait aussi indiqué qu’il s’opposait au partage des champs de gaz offshore avec l’État juif, et qu’il ne se préoccupait guère des négociations en cours entre Beyrouth et Jérusalem visant à déterminer les zones économiques exclusives des deux pays respectifs. Ces pourparlers entre Israël et le Liban sur les réserves pétrolières offshore se déroulent actuellement par le biais d’intermédiaires américains.

Les politiciens libanais espèrent que les ressources en hydrocarbures commercialement viables qui se trouvent au large de la côte du Liban pourraient aider à extraire le pays d’une crise financière sans précédent qui a été qualifiée par la Banque mondiale de « l’une des pires crises des temps modernes sur la planète ».

Le Liban s’est noyé dans une crise économique et financière profonde qui a commencé à la fin de l’année 2019, résultant de décennies de corruption et de mauvaise gestion de la part de la classe politique.

L’État juif a accusé, dans le passé, le Hezbollah d’avoir construit des usines au Liban qui œuvrent à développer des missiles de précision, jurant de déjouer ces initiatives.

Une attaque au drone, en 2019, contre un bastion du Hezbollah à Beyrouth – une attaque attribuée à Israël – avait apparemment ciblé le projet de missile de précision de l’organisation terroriste.

En 2018, le Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahu, avait révélé l’existence de trois sites à Beyrouth qui, avait-il affirmé, étaient utilisés par le groupe terroriste pour dissimuler trois usines souterraines de fabrication de missiles de précision. En 2019, l’armée avait expliqué avoir identifié une structure utilisée par le Hezbollah pour transformer et fabriquer ce type de missile dans le sud du Liban.

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