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Le Hezbollah reproche à Israël l’envoi de milliers de textos anti-Nasrallah

Des appels téléphoniques pré-enregistrés et des messages reçus par les citoyens au cours d'un discours du chef du groupe terroriste l'accusaient d'avoir assassiné son remplaçant Mustafa Badreddine

Hassan Nasrallah pendant la procession de l'Achoura à Beyrouth, le 3 novembre 2014. (Crédit : AFP/STR)
Hassan Nasrallah pendant la procession de l'Achoura à Beyrouth, le 3 novembre 2014. (Crédit : AFP/STR)

Le Hezbollah a fait savoir vendredi que des dizaines de milliers de citoyens libanais ont reçu des messages par texto et des appels pré-enregistrés durant un discours prononcé jeudi soir par le leader du groupe, Hassan Nasrallah, le qualifiant de « meurtrier ».

L’organisation terroriste a attribué la responsabilité de cette guerre psychologique à Israël et à une « alliance israélo-saoudienne », « dans le cadre des tentatives qui visent à faire trembler la confiance des Libanais dans la résistance et à semer les graines de la division », a rapporté le site d’information Ynet.

Un grand nombre des textos et des appels ont été identifiés comme provenant des bureaux de relations publiques officiels du Hezbollah.

Les textos accusaient Nasrallah d’être un meurtrier et un menteur, selon le site d’information libanais Mulhak. Certains affirmaient que Nasrallah était à l’origine du meurtre de « notre martyr » Mustafa Badreddine, un haut commandant du Hezbollah assassiné en Syrie il y a un an.

Nasrallah a prononcé son discours jeudi à la télévision à l’occasion du premier anniversaire de la mort de Badreddine.

Pour sa part, le chef de l’armée israélienne Gadi Eisenkot avait indiqué au début de l’année que Badreddine avait été assassiné par ses hommes. Un reportage sur une enquête saoudienne écrit par le réseau d’information saoudien Al Arabiya avait expliqué que Nasrallah avait probablement ordonné ce meurtre.

Dans son allocution, Nasrallah a averti que toute guerre possible opposant à l’avenir Israël et le Liban pourrait être menée au sein du territoire israélien. Il a noté qu’Israël « a peur et s’inquiète de toute confrontation future… et sait qu’un éventuel conflit pourrait avoir lieu à l’intérieur des territoires palestiniens occupés », selon une traduction soumise par Reuters.

Badreddine avait été tué le 10 mai 2016 dans une explosion mystérieuse survenue à proximité de l’aéroport de Damas après une réunion avec ses commandants, selon les médias libanais. Baddredine avait hérité de la direction des opérations terroristes du Hezbollah de l’ancien commandant qui était aussi son cousin, Imad Mughniyeh, et qui aurait été assassiné par Israël en 2008. La soeur de Badreddine, Saada, aurait été mariée à Mughniyeh.

Dans son discours de jeudi, Nasrallah a précisé que « les soldats et les roquettes du Hezbollah peuvent atteindre toutes les positions de l’entité sioniste au cours d’une guerre à venir », selon Al-Manar, le site d’information du Hezbollah.

Il a critiqué les efforts d’Israël visant à renforcer la zone frontalière, un projet qui est en cours depuis un certain temps.

En 2012, un mur d’une hauteur de sept mètres séparant Israël et le Liban à proximité de la ville frontalière de Metulla a été achevé. Ce mur long de 1 200 kilomètres a été doté de caméras sophistiquées et d’équipements sensoriels afin d’empêcher les infiltrations. La Seconde guerre du Liban, en 2006, avait commencé par une attaque transfrontalière du Hezbollah. L’année dernière, Israël a construit un mur en béton près du Kibboutz Misgav Am, dans le nord.

Nasrallah a déclaré qu’ainsi, Israël reconnaissait sa défaite.

« Ce mur frontalier est une reconnaissance de la victoire massive remportée par le Liban et de la défaite d’Israël. C’est une défaite des plans et des ambitions d’Israël et une reconnaissance de l’échec du projet du Grand Israël qui voulait établir un état depuis le Nil jusqu’à l’Euphrate », a-t-il dit.

Un nouveau mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, à l'ombre d'une position de l'ONU, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Un nouveau mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, à l’ombre d’une position de l’ONU, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

« Quand Israël se cache derière des hauts murs, cela veut dire que le pays est ‘plus faible qu’une toile d’araignée' », a-t-il commenté, répétant une phrase qu’il utilise souvent dans ses allocutions anti-israéliennes.

Il a également vivement recommandé au peuple libanais de ne pas avoir peur, clamant que « les propos concernant une guerre d’Israël contre le Liban et la résistance qui continue depuis maintenant des mois font partie de la guerre psychologique habituelle et le peuple ne doit pas avoir de craintes », a-t-il déclaré.

« J’appelle le peuple libanais et tous ceux qui vivent au Liban à vivre leur vie normalement, en voyant qu’Israël brandit des menaces depuis 12 ans. Ayez confiance en Dieu qui vous a offert plusieurs victoires et ayez confiance dans l’équation dorée qui forme la résistance, l’armée et le peuple », a-t-il ajouté.

Evoquant la frontière orientale du Liban, Nasrallah a expliqué que le groupe se retirait des positions qu’il occupait le long de la frontière avec la Syrie après l’avoir sécurisée.

« La mission est accomplie », a-t-il dit.

Le groupe a envoyé des milliers de ses partisans en Syrie pour aider l’armée du président Bachar al-Assad dans la guerre civile qui déchire la Syrie et il continue à s’engager dans des batailles à travers toute la Syrie ravagée par les conflits. Ses combattants ont également lutté contre des militants sunnites le long de la frontière du nord-est avec la Syrie.

Nasrallah a fait savoir que le groupe maintiendrait une présence sécuritaire le long de la frontière avec la Syrie pour protéger toute tentative d’infiltration des soldats.

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