Le Hezbollah s’estimera « visé » par toute attaque contre l’Iran, prévient son chef
Naïm Qassem s'exprimait lors d'un rassemblement en soutien à l'Iran "face aux menaces américaines et israéliennes"

Le Hezbollah s’estimera « visé » par toute éventuelle attaque américaine contre l’Iran, qui serait de nature à « embraser » la région, a prévenu lundi dans un discours le chef de la formation libanaise soutenue par Téhéran.
L’Iran a mis en garde lundi contre une intervention américaine après le récent mouvement de contestation réprimé dans le sang, au moment où les Etats-Unis ont renforcé leur présence dans la région, où le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte sont arrivés.
« Nous sommes concernés (…) et visés par une agression éventuelle », a affirmé cheikh Naïm Qassem, estimant que le Hezbollah pourrait également être attaqué.
Le groupe islamiste, « déterminé à se défendre », « choisira en temps voulu comment agir, s’il interviendra ou pas (…) mais nous ne sommes pas neutres », a-t-il ajouté.
Le chef du Hezbollah s’exprimait lors d’un rassemblement en soutien à l’Iran « face aux menaces américaines et israéliennes ».
Son discours était retransmis en direct devant des centaines de ses partisans, regroupés dans la banlieue sud de Beyrouth ainsi que dans l’est et le sud du Liban, qui brandissaient des portraits du guide suprême Ali Khamenei et scandaient « Mort à l’Amérique ».
Le dirigeant de la formation libanaise a prévenu qu’une « guerre contre l’Iran embraserait cette fois-ci la région ».
Face à un éventuel assassinat de l’ayatollah Khamenei, au pouvoir depuis 1989, « nous aurons toute la latitude pour agir comme nous le jugerons approprié », a-t-il encore averti.
Il a affirmé que sa formation avait été approchée ces deux derniers mois par des émissaires qui avaient tenté d’obtenir « un engagement du Hezbollah à ne pas intervenir » en cas de guerre avec l’Iran.
Le mouvement chiite est sorti affaibli d’un conflit meurtrier avec Israël qui a pris fin en novembre 2024. Il n’est pas intervenu lors de la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël en juin 2025.
Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes régulières contre ses bastions et ses militants, l’accusant de tenter de se réarmer.
Un nouveau raid israélien a tué une personne lundi et en a blessé deux autres dans la ville méridionale de Tyr, a annoncé le ministère libanais de la Santé, l’armée israélienne affirmant avoir visé un membre du Hezbollah.
Selon la chaîne Al-Manar du mouvement, la frappe a tué le cheikh Ali Noureddine, qui avait auparavant présenté pour elle des « émissions religieuses ».
Le bureau de presse du Hezbollah a dénoncé un « assassinat perfide », indiquant que le défunt était imam dans une banlieue de Tyr.
L’armée libanaise a annoncé début janvier avoir désarmé le Hezbollah entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord.
Elle doit à présent étendre l’application de son plan au reste du territoire libanais, alors que le Hezbollah refuse de remettre ses armes au nord du fleuve.







