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Levée du confinement dans les villes près de Gaza

Le Jihad islamique dit avoir convenu un cessez-le-feu

Le groupe terroriste palestinien soutenu par l'Iran dit qu'il cessera ses agressions après des négociations avec l’Egypte

Les Palestiniens vérifient les dégâts causés aux bâtiments détruits par les frappes aériennes israéliennes à Gaza le 27 octobre 2018 après des tirs de roquettes depuis Gaza. (Crédit : AP / Khalil Hamra)
Les Palestiniens vérifient les dégâts causés aux bâtiments détruits par les frappes aériennes israéliennes à Gaza le 27 octobre 2018 après des tirs de roquettes depuis Gaza. (Crédit : AP / Khalil Hamra)

Le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique a annoncé samedi avoir convenu d’un cessez-le-feu négocié par l’Egypte pour mettre fin aux échanges de tirs avec Israël, au moment où des avions israéliens frappaient des sites de la bande de Gaza appartenant à l’organisation terroriste palestinienne.

Un porte-parole du groupe a déclaré au site d’informations Safa news, basé à Gaza, qu’un accord de cessez-le-feu était entré en vigueur après une négociation entre l’Égypte et ses dirigeants.

Il a ajouté que le Jihad islamique resterait respectueux du cessez-le-feu aussi longtemps qu’Israël ferait de même.

Il n’y a pas eu de reconnaissance immédiate de la déclaration de cessez-le-feu en Israël, qui a refusé par le passé de reconnaître les accords brandis par des groupes terroristes basés à Gaza pour mettre fin aux combats.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, rencontrait le chef d’état-major israélien, Gadi Eizenkot, et d’autres hauts responsables de la sécurité au moment de l’annonce.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a rencontré le chef d’état-major des FDI, Gadi Eisenkot, et d’autres officiers supérieurs au siège des forces de défense israéliennes à Tel Aviv, le 27 octobre 2018. (Crédit : Ariel Hermoni / Ministère de la Défense)

Quelques heures après l’annonce du cessez-le-feu par le Jihad islamique, le Conseil régional d’Eshkol a levé l’ordre qui demandait aux résidents de rester à proximité des abris anti-bombes.

Des restrictions sont toutefois restées en vigueur, limitant les rassemblements en extérieur à 100 personnes, et en intérieur à 500 personnes.

La déclaration du Jihad islamique de mettre fin aux tirs de roquettes est intervenue alors que les forces de défense israéliennes déclaraient que des avions de chasse avaient touché huit cibles liées au groupe terroriste soutenu par l’Iran dans trois installations militaires distinctes. Des ripostes mises en place après qu’Israël a été touché par des salves de roquettes en provenance de Gaza dans la nuit de vendredi à samedi.

Les cibles à Gaza comprenaient des sites de production d’armes et une usine de pièces pour des tunnels souterrains, a déclaré l’armée, ajoutant que cette dernière se trouvait à proximité d’une école.

Le porte-parole principal de Tsahal a précédemment imputé à l’Iran et à la Syrie les attaques à la roquette du Jihad islamique. Bien qu’il n’ait pas accusé le Hamas d’avoir pris part aux lancements, le général Ronen Manelis a répété qu’Israël considérait le groupe terroriste responsable tout comme les dirigeants de Gaza.

Le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, autre porte-parole de l’armée israélienne, a déclaré que les tirs de roquettes avaient été ordonnés par des membres de la branche étrangère du corps d’élite des gardes de la révolution islamique iraniens stationnés en Syrie. Le porte-parole a averti que la réponse d’Israël ne se limiterait pas à Gaza.

« De notre point de vue, une partie des responsables se trouvent à Damas et dans la Force Quds », a-t-il déclaré. « Notre réponse n’est pas limitée géographiquement. »

Selon l’armée israélienne, 34 roquettes ont été tirées sur Israël durant la nuit de vendredi et samedi matin, et 13ont été interceptées par le système anti-missile Dôme de fer.

Deux des roquettes sont tombées à Gaza et les autres ont atterri dans des zones ouvertes.

L’émissaire du ministère de la Défense israélien auprès des Palestiniens a indiqué qu’un obus de mortier lancé lors des manifestations avait touché le terminal d’ambulances situé au poste-frontière d’Erez, seul passage piétonnier entre Gaza et Israël.

En réponse aux tirs de roquettes, des avions et des hélicoptères d’attaque israéliens ont attaqué 95 cibles à Gaza appartenant au Hamas et au Jihad islamique.

L’armée a indiqué que les cibles comprenaient des installations militaires et de fabrication d’armes dans la bande de Gaza, une usine à Khan Younès produisant du ciment utilisé dans des tunnels souterrains, et un bâtiment de quatre étages situé à Gaza City, où se trouvent les services de sécurité du Hamas.

L’armée israélienne a déclaré samedi matin qu’elle « considérait avec une grande sévérité les attaques à la roquette menées contre les communautés israéliennes ». Elle a reproché au Hamas de créer « une atmosphère propice à la terreur… près de la barrière frontalière qui a conduit les groupes terroristes de la bande de Gaza à mener l’attaque de ce soir ».

Un bâtiment de quatre étages dans le quartier de Dara à Gaza City, appartenant aux services de sécurité générale du Hamas, a été aperçu le 27 octobre 2018, peu de temps avant sa destruction dans un raid aérien israélien. (Crédit : Forces de défense israéliennes)

Des sources palestiniennes ont déclaré au site d’information israélien Ynet que ces attaques avaient eu lieu malgré les objections du groupe terroriste du Hamas qui dirige Gaza, bien qu’il n’y ait aucune confirmation officielle.

Israël considère le Hamas comme responsable de toute attaque émanant du territoire qu’il contrôle, quelle que soit sa source.

En réponse aux tirs de roquettes, le commandement du front intérieur de l’armée israélienne a publié pendant la nuit des instructions restreignant les rassemblements à la périphérie de Gaza : jusqu’à 100 personnes dans des zones ouvertes, et 500 personnes dans des espaces clos.

Les tirs de roquettes surviennent dans un contexte de violence meurtrière dans la bande de Gaza. Plus tôt ce vendredi, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés à cinq endroits le long de la frontière, brûlant des pneus et jetant des pierres et des bombes incendiaires aux troupes israéliennes qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des tirs réels.

Cinq émeutiers ont été tués et 170 autres blessés lors d’affrontements avec les troupes israéliennes, a annoncé le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza. L’un des blessés a été tué par sa propre grenade, qui a explosé prématurément, ont déclaré des témoins.

Plus tôt cette semaine, une roquette a été lancée sur le sud d’Israël depuis Gaza, déclenchant des sirènes dans plusieurs communautés de la région d’Eshkol, mettant ainsi fin à une semaine de calme relatif dans l’enclave côtière. En réponse à cette attaque, Tsahal a déclaré avoir touché huit cibles du Hamas dans la bande de Gaza, notamment des bases d’entraînement et une installation de production d’armes.

Une photo prise le 27 octobre 2018 montre une explosion causée par une frappe aérienne israélienne à Gaza City. (Crédit : Mahmud Hams / AFP)

Les tensions accrues risquent de compliquer la mission des médiateurs égyptiens, qui ont intensifié leur navettes diplomatiques pour rétablir le calme et empêcher un conflit de grande ampleur entre les dirigeants du Hamas à Gaza et Israël.

Les émeutes hebdomadaires à grande échelle à Gaza, et les affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens sont devenus une habitude à la barrière de sécurité de la bande depuis le 30 mars, dans le cadre d’un mouvement dirigé par le Hamas connu sous le nom de « Marche du retour ».

Ces émeutes ont lieu chaque vendredi. Des fumées épaisses sont régulièrement envoyées vers les communautés israéliennes à proximité car les Palestiniens brûlent des pneus le long de la frontière et envoient des dispositifs incendiaires apposés sur des ballons pour allumer des incendies.

Une autre roquette lancée depuis la bande de Gaza la semaine dernière a touché une maison dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, causant des dégâts considérables, sans faire aucun blessé, la famille à l’intérieur ayant atteint leur bombe à temps.

Ces dernières semaines, la situation le long de la frontière est devenue encore plus précaire, les négociations indirectes entre Israël et le Hamas – avec l’Egypte s et les Nations Unies en tant qu’intermédiaires – ayant atteint un tournant critique.

Un Palestinien tient un drapeau palestinien alors qu’il utilise une fronde pour lancer des pierres sur les troupes israéliennes lors d’affrontements près de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza City, le 26 octobre 2018. (Crédit : Mahmud Hams / AFP)

Israël a appelé à la cessation de toutes les violences, y compris les affrontements à la frontière et les incendies criminels quotidiens qui ont brûlé de vastes étendues de terres dans le sud, en échange de certaines incitations économiques et d’un assouplissement du blocus autour de l’enclave côtière, qui est imposé par Israël pour empêcher le Hamas d’importer des armes.

Au moins 160 Palestiniens ont été tués et des milliers d’autres ont été blessés dans les affrontements avec les troupes de Tsahal, selon les chiffres de l’AP. Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007 et cherche à détruire Israël, a reconnu que des dizaines de morts étaient ses membres. Aviv Levi, un soldat israélien a été abattu par un sniper du Hamas à la frontière.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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