Le journal en anglais de la télé israélienne rentre dans une zone d’ombre
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Le journal en anglais de la télé israélienne rentre dans une zone d’ombre

Cinq des sept employés quittent le navire mercredi, et le rédacteur en chef sur le départ n'a aucune idée de ce qui sera diffusé jeudi

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Mitchell Barak, à gauche, le fondateur de la firme de communication politique Keevoon Research, Strategy & Communications, interviewée sur IBA News (Crédit : Autorisation Mitchell Barak)
Mitchell Barak, à gauche, le fondateur de la firme de communication politique Keevoon Research, Strategy & Communications, interviewée sur IBA News (Crédit : Autorisation Mitchell Barak)

Précisément 25 ans après ses débuts, l’émission d’information quotidienne en anglais de la télévision israélienne semble se diriger tout droit vers son crépuscule, victime à peine remarquée du processus prolongé et controversé de la réforme de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël (IBA) appartenant à l’État.

A compter du jeudi 1er octobre, le rédacteur en chef du journal en anglais de l’IBA, Steve Leibowitz, a précisé que le service ne disposera seulement que deux de ses sept précédents membres du personnel à temps plein car Leibowitz et quatre autres employés ont choisi de prendre leur retraite ou de recourir à une rupture conventionnelle avec une indemnité de départ qui est prévue dans le cadre de la réforme.

« On ne sait pas ce qui se passera à partir de demain », a déclaré mercredi Leibowitz.

« De toute évidence, ils ne seront pas en mesure de diffuser un journal d’information complet de 23 minutes avec deux membres du personnel ».

Il a ajouté que les informations en anglais pourraient essayer de gérer avec un format raccourci de sept minutes filmé en studio, sans reporters, mais que l’avenir restait sombre.

« Personne n’a jamais pensé à ce qui se passerait si la plupart des employés anglais partaient. Et personne n’a jamais dit qu’il y aurait même un journal anglais diffusé » dans la nouvelle IBA planifiée, qui doit être établie une fois que le pouvoir actuel s’arrêtera, a-t-il ajouté.

Steve Leibowitz (Crédit : autorisation)
Steve Leibowitz (Crédit : autorisation)

Leibowitz a appelé le journal en anglais de l’IBA « l’enfant bâtard » de l’autorité de la radiodiffusion d’Etat.

La responsabilité pour le service en anglais a été déplacé entre les différents ministères au fil des ans, et les émissions elles-mêmes ont fait la navette auprès des différentes chaînes et ont connu de nombreux changements de tranches horaire », a-t-il souligné.

Les informations en anglais ont commencé leur chemin en fanfare, deux présentateurs et une production relativement lisse sur la principale chaîne de l’IBA, la Première chaîne, et ont même été diffusées en prime time au cours de la guerre du Golfe, a noté Leibowitz, 64 ans, qui y a travaillé pendant 25 ans.

Même si l’émission est tombée depuis en disgrâce auprès des contrôleurs, sa section d’ouverture était toujours diffusée sur la Première chaîne jusqu’à récemment, avec une diffusion élargie sur la Trente-troisième chaîne beaucoup moins regardée.

Mais au cours des derniers mois, la Première chaîne l’a retirée et sa diffusion sur la Trente-troisième chaîne a été décalée de 17 heures à l’horaire beaucoup moins attrayant de 16h.

A une époque où Israël se bat contre la diabolisation internationale, et la fréquente évocation dans les cercles du Premier ministre de l’impératif d’une chaîne israélienne pour contrer des chaînes comme Al-Jazeera, le journal télévisé en anglais « avait le potentiel de servir de fenêtre du monde sur Israël », a souligné Leibowitz.

« Mais le gouvernement n’a pas profité de cela. Elle n’a jamais reçu le financement ni l’attention appropriée ».

Malgré tous les changements d’heure et de chaîne, l’émission a gardé une audience nationale stable de dizaines de milliers de ménages, avec beaucoup d’autres à travers le monde qui la regardent sur Shalom TV, Christian Trinity TV et Internet, a-t-il dit.

Un employé anglais de l’IBA, qui a demandé à ne pas être nommé, a déclaré que la direction aurait pu mettre en place un processus de transition un peu plus lisse si elle n’avait pas insisté pour que tous ceux qui voulaient bénéficier des 105 000 shekels d’indemnité pour départ volontaire à la retraite se fasse connaître avant le 30 septembre.

Avec Leibowitz et un autre membre du personnel qui devaient déjà partir, la date limite du 30 septembre a poussé trois autres membres du personnel à prendre l’indemnité de départ, ce qui signifie que seuls deux membres du personnel ne seront employés à partir de jeudi.

Mercredi, la direction a émis un nouvel avis, en donnant aux membres du personnel jusqu’au 30 octobre pour profiter de l’indemnité – un changement qui est venu trop tard pour sauver le journal en anglais de l’IBA de sa réduction drastique de ses effectifs.

Leibowitz espérait encore mercredi après-midi qu’un arrangement de dernière minute pourrait être trouvé, comme un accord qui permettrait à ceux qui partent de travailler sur la base d’un arrangement au jour le jour pour que les émissions puissent être maintenues, mais si c’est sur une base squelettique. Mais il n’avait aucune garantie que ce serait le cas.

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