Le juge à la cour suprême Menachem Mazuz annonce sa retraite anticipée
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Le juge à la cour suprême Menachem Mazuz annonce sa retraite anticipée

L'ex-procureur général connu pour avoir poursuivi Olmert a déclaré qu'il démissionnait pour des "raisons personnelles", heureux d'avoir pu "défendre les valeurs démocratiques"

Le magistrat à la cour suprême Meni Mazuz à la cour suprême de Jérusalem, le 22 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le magistrat à la cour suprême Meni Mazuz à la cour suprême de Jérusalem, le 22 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le juge de la cour suprême israélienne Menachem Mazuz, l’un des quinze magistrats siégeant au sein de la plus haute instance judiciaire d’Israël, a annoncé dans la soirée de lundi qu’il avait l’intention de démissionner au début de l’année prochaine, quatre ans avant l’expiration effective de son mandat.

Selon un communiqué émis par le ministère de la Justice, Mazuz a convenu avec la présidente de la Haute-cour Esther Hayut et avec le ministre de la Justice Avi Nissenkorn de mettre un terme à ses fonctions en date du 30 avril 2021.

L’âge de la retraite, à la cour suprême, est de 70 ans et Mazuz, 65 ans, devait initialement servir jusqu’en 2025.

Son départ de la cour surviendra au même moment que celui du vice-président du tribunal, Hanan Melcer, qui prend sa retraite.

Mazuz, connu sous son surnom, « Meni », a fait savoir dans une déclaration qu’il avait pris sa décision pour « des raisons personnelles » et il n’a pas donné de détails.

« Après six ans et demi passés à la cour suprême et 40 années passées dans le service public, j’ai pris la décision personnelle de mettre un terme à mon mandat de juge à la cour suprême », a-t-il déclaré.

Le vice-président de la cour suprême Elyakim Rubinstein, au centre, et les magistrats Zvi Zilbertal, à gauche, et Menachem Mazuz lors d’une audience à la cour suprême de Jérusalem, le 26 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a remercié les juges pour lui avoir donné « l’opportunité de servir à leurs côtés et de contribuer à faire avancer l’état de droit en Israël et de défendre les valeurs démocratiques ».

En 2018, Mazuz avait suscité un débat lorsqu’un enregistrement de lui avait été diffusé. Dans la séquence, il semblait âprement critiquer le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, fustigeant « un manque de leadership » dans le cadre des enquêtes pour corruption impliquant le Premier ministre et ses proches.

Mazuz ne citait pas directement le nom de Netanyahu dans cet enregistrement, qui avait fuité d’une conférence à huis-clos organisée à la faculté de droit de l’université Hébraïque de Jérusalem. Mais il avait éreinté le comportement des responsables politiques du pays, le qualifiant « d’inquiétant ».

« Il semble que le facteur qui contribue le plus à cet état de fait, au moins dans le discours public, c’est le phénomène de l’absence de exemplarité personnelle dans les comportements de certains politiciens », avait-il déclaré à de jeunes diplômés dans une allocution préparée.

Les propos de Netanyahu avaient été tenus alors que le Premier ministre devait être interrogé dans le cadre de l’enquête pour corruption Bezeq, dans laquelle il a été depuis mis en examen pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance.

L’ex-procureur-général Menachem Mazuz, à gauche, et son successeur Yehuda Weinstein. (Crédit : Yossi Zamir/Flash 90)

Mazuz avait été procureur-général entre 2004 et 2010 avant d’être nommé à la haute-cour en 2014.

C’est lui qui avait inculpé l’ancien Premier ministre Ehud Olmert pour corruption alors qu’il était procureur-général. Il avait également permis la mise en examen de l’ex-président Moshe Katsav pour délits sexuels, ainsi que celle de l’ancien ministre des Finances Avraham Hirschson pour corruption. Il avait également pris la décision de ne pas inculper l’ancien Premier ministre Ariel Sharon dans un dossier qui avait été surnommé « l’Affaire de l’île grecque ».

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