Le Kurdistan irakien, partenaire clé de la coalition antidjihadistes
Rechercher

Le Kurdistan irakien, partenaire clé de la coalition antidjihadistes

Les Kurdes, qui sont présents en Turquie, en Iran et Syrie, ont préservé leurs dialectes, leurs traditions

Illustration d'un combattant kurde - 9 septembre 2014 (Crédit : AFP/JM Lopez)
Illustration d'un combattant kurde - 9 septembre 2014 (Crédit : AFP/JM Lopez)

Le Kurdistan irakien, dont le dirigeant Massoud Barzani veut organiser un référendum d’autodétermination, est une région autonome depuis 1991 devenue un allié incontournable de la coalition internationale antidjihadistes.

Située dans le nord montagneux de l’Irak et riche en pétrole, cette région compte 4,69 millions d’habitants (soit 15 à 20 % de la population irakienne), principalement des Kurdes, mais aussi une minorité de chrétiens et de Turcomans.

Majoritairement sunnite, avec pour langues officielles le kurde et l’arabe, la région regroupe les trois provinces de Dohouk, Erbil et Souleimaniyeh, sur 40,643 km2.

Mais les Kurdes irakiens disputent à Bagdad d’autres territoires, en particulier la riche ville pétrolière de Kirkouk, à 240 km au nord de la capitale irakienne, dont ils contrôlent une grande partie depuis juin 2014 et la débandade des forces fédérales face à l’offensive du groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Les forces kurdes sont un allié clé de la coalition internationale menée par les Etats-Unis avec l’aide de laquelle elles ont pu repousser les djihadistes des zones frontalières du Kurdistan.

La coalition compte notamment sur le soutien des forces kurdes pour reconquérir à terme Mossoul, la deuxième ville d’Irak et fief de l’EI, qui se trouve à une quarantaine de kilomètres du Kurdistan irakien.

La région autonome est restée globalement à l’abri des attentats de l’EI mais a dû accueillir des centaines de milliers de personnes chassées de chez elles par les djihadistes.

Les dépenses militaires nécessaires dans la lutte contre l’EI pèse sur son budget ainsi que la chute des cours du pétrole, sa principale ressource.

Massoud Barzani, élu président du Kurdistan en 2005, a vu son mandat arriver à échéance en août 2015 mais le chef du puissant Parti démocratique du Kurdistan (PDK) continue de diriger la région au terme d’un arrangement politique critiqué par des opposants.

Le Kurdistan s’est constitué en région autonome aux termes de la Constitution irakienne de 2005, qui a instauré une République fédérale.

Il jouissait déjà d’une autonomie de fait depuis la guerre du Golfe de 1991: après la défaite irakienne, les Kurdes s’étaient soulevés mais la répression avait provoqué un exode, poussant les Etats-Unis et leurs alliés à instaurer une zone d’exclusion aérienne pour les protéger.

Dès 1992, les Kurdes irakiens ont élu un Parlement et constitué un gouvernement. Mais ces institutions, non reconnues par la communauté internationale, ont été paralysées entre 1994 et 1998 par des violences meurtrières entre le PDK et son rival de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK).

En 2003, les Kurdes se sont alliés à la coalition internationale pour renverser Saddam Hussein et une administration unifiée a été mise en place début 2006.

La Turquie, l’Iran et la Syrie comptent aussi une importante population kurde. Dans ce dernier pays, morcelé par la guerre, ils administrent de facto des régions du nord-est.

Les Kurdes ont préservé leurs dialectes, leurs traditions et une organisation largement clanique.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...