Le « méchant » du nouveau roman de J.K. Rowling est un antisémite haïssant Israël
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Le « méchant » du nouveau roman de J.K. Rowling est un antisémite haïssant Israël

La créatrice de Harry Potter, qui a critiqué avec force l'antisémitisme, a apparemment intégré ses convictions dans le livre 'Lethal White', dernier ouvrage de sa série policière

J.K. Rowling poses, à Broadway, le 22 août 2018 à New York City.  (Crédit : Bruce Glikas/FilmMagic via JTA)
J.K. Rowling poses, à Broadway, le 22 août 2018 à New York City. (Crédit : Bruce Glikas/FilmMagic via JTA)

JTA — Cela fait des mois que la romancière britannique J.K. Rowling met en garde contre les dangers de l’antisémitisme au Royaume-Uni, affrontant sur Twitter des usagers qui minimisent le phénomène ou qui affirment que les lanceurs d’alerte participent à une confusion entre la critique d’Israël et la haine anti-juive.

Dans son nouveau livre, elle a inclus un personnage dont l’anti-sionisme obsessionnel se confond avec l’antisémitisme.

“Lethal White,” quatrième ouvrage de la série policière de Rowling qui se déroule autour du personnage de Cormoran Strike – qu’elle a écrit sous son nom de plume Robert Galbraith – s’intéresse à deux militants politiques d’extrême-gauche qui pensent que les « sionistes » incarnent le mal et qu’ils ont une emprise sur les gouvernements occidentaux.

La haine extrême que voue Jimmy Knight à Israël l’a ainsi amené à haïr les Juifs.

« Je ne lui accorderais aucune confiance s’agissant des Juifs », confie au détective l’ex-épouse de Knight. « Il ne les aime pas. Israël est à la racine de tous les maux, selon Jimmy. Sionisme : La tonalité sanguinaire de ce mot m’a rendu malade. On peut penser qu’ils ont déjà suffisamment souffert », dit-elle en évoquant les Juifs.

Le portrait des antisémites d’extrême-gauche dépeint par Rowling survient à un moment où l’antisémitisme atteint un niveau record au Royaume-Uni, le pays où elle réside.

Le parti politique du Labour et son leader, Jeremy Corbyn, sont accusés d’indifférence envers les Juifs et de laisser prospérer les sentiments antisémites dans les rangs du parti.

Corbyn a, dans le passé, défendu une fresque antisémite à Londres qui représentait de façon grotesque des banquiers juifs et il a évoqué les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah comme étant ses « amis » – même s’il a ultérieurement dit qu’il regrettait ces propos.

Le détective Cormoran Strike, sous les traits de l’acteur Tom Burke dans une série diffusée par la BBC sur la base des livres de J.K. Rowling (Capture d’écran : YouTube)

Un sondage paru au mois de septembre 2018 a déterminé que presque 40 % des Juifs britanniques pourraient sérieusement songer à émigrer si Corbyn devait devenir Premier ministre – une éventualité soutenue par les sondages.

Ce n’est pas la première fois que la créatrice de Harry Potter alerte sur les dangers de l’antisémitisme.

« La plupart des Juifs, sur mon fil d’actualité, sont actuellement dans l’obligation de supporter ce type de bêtises et il est peut-être temps que certains d’entre nous, non-Juifs, commencions à alléger ce fardeau », avait-elle écrit au mois d’avril, en réponse à des critiques qui avaient dit que le judaïsme était une religion et non une race.

« Les antisémites estiment que cet argument est intelligent, alors dites-nous, faites-le : Les Juifs athées ont-ils été exemptés du port de l’étoile jaune ? »

Rowling, qui s’est pas juive, a également partagé avec ses 14,4 millions d’abonnés sur Twitter des exemples de posts reçus qui niaient que l’antisémitisme était un problème.

A un commentateur qui publiait que les Arabes ne pouvaient pas être antisémites parce qu’ils étaient eux-mêmes sémites, Rowling a posté une photo d’une définition prise dans un dictionnaire de l’antisémitisme : « Hostilité ou préjugés contre les Juifs ».

Elle s’est également livrée à une défense fougueuse des Juifs : « Coupez les cheveux en quatre. Débattez d’étymologie. Glissez sur les abus de vos compatriotes en attaquant les actions du gouvernement d’un autre pays. Répondriez-vous à une autre forme de racisme et de fanatisme avec un tel malaise, en déviant ainsi le sujet ou en justifiant les choses ? »

Lorsqu’une mère juive a écrit sur Twitter à Rowling pour lui dire que son fils subissait un harcèlement scolaire parce qu’il était juif, Rowling lui a répondu « Je suis vraiment désolée », ajoutant : « Sachez que vous n’êtes pas seule et qu’un grand nombre d’entre nous sommes à vos côtés xx. »

Quelques mois plus tard, le 26 août, après qu’un usager mystérieux, Simon Maginn, a tweeté que l’indignation des Juifs britanniques face aux points de vue exprimés par Corbyn était « artificielle », Rowling l’a affronté : « A quelle autre minorité vous adresseriez-vous de cette façon ? », a-t-elle posté, avant de citer l’essai écrit par Jean-Paul Sartre, « Antisémite et Juif ».

Le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn quitte la tribune après un discours à la Queens University de Belfast, en Irlande du nord, le 24 mai 2018 (Crédit : Jeff J. Mitchell/Getty Images via JTA)

En 2015, Rowling a refusé de signer des lettres ouvertes appelant au boycott culturel et universitaire d’Israël, ratifiées par plus de 1 000 auteurs et leaders d’opinion britannique.

Elle s’est jointe à la place à 150 autres écrivains et artistes ayant rédigé un courrier alternatif refusant de singulariser Israël en vouant aux gémonies le pays.

« Les Israéliens auront raison de demander pourquoi des boycotts culturels ne sont pas également proposés contre… la Corée du nord », a dit cette missive écrite le 23 octobre 2015. Au lieu de boycotts, a continué la lettre, « l’engagement culturel construit des passerelles, nourrit la liberté et le mouvement positif qui entraîne le changement ».

Rowling est une critique du gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mais elle est également profondément convaincue que l’Etat juif, ses habitants et ses partisans ne doivent pas être soumis à une double norme de la part de leurs opposants.

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