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Le ministère de l’Environnement vise un objectif pour le niveau de la mer Morte

Le niveau du lac baissant d'environ 1,1 mètre par an, un appel au gouvernement sera lancé dans les semaines à venir pour rechercher des sources d'eau alternatives

Un couple marche sur un îlot de sel formé sur la mer Morte dans la station balnéaire israélienne d'Ein Bokek, le 27 mars 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)
Un couple marche sur un îlot de sel formé sur la mer Morte dans la station balnéaire israélienne d'Ein Bokek, le 27 mars 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Le ministère de la Protection de l’environnement prévoit d’appeler le gouvernement à fixer un objectif de niveau minimum de la mer Morte, en dessous duquel il ne pourra pas baisser, car, selon les mots de la directrice générale du ministère, Galit Cohen, « le statu quo n’est pas une option » face à la diminution rapide du niveau du lac.

Le ministère travaille à ce sujet dans le cadre d’un groupe interministériel sur l’avenir de la mer Morte, un projet coordonné par le bureau du Premier ministre qui doit rendre compte dans les prochaines semaines.

Le ministère a mené dans ce cadre des discussions sur la vision à long terme que l’État devrait adopter concernant ce lac unique, situé à l’endroit le plus bas de la planète, connu pour maintenir les baigneurs à flot en raison de sa forte teneur en sel.

« Ce qui est le plus important est de déterminer un objectif afin de stabiliser le niveau », a déclaré Cohen au Times of Israël.

Le ministère ne recommandera pas de chiffre précis, préférant laisser cette tâche à une équipe professionnelle.

La mer Morte est actuellement située à moins 436 mètres sous le niveau de la mer et baisse d’environ 1,10 mètre chaque année.

Galit Cohen, directrice générale du ministère de la Protection de l’environnement. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Cohen a déclaré que la seule façon de stabiliser le niveau de la mer Morte, qui a diminué de moitié depuis 1976, serait de le faire dans le cadre d’un accord avec la Jordanie, sur la rive est du lac.

Si Israël décidait unilatéralement de détourner moins d’eau qui coulerait non plus dans le Jourdain mais vers la mer Morte (ce qui n’est pas prévu), les Jordaniens s’y opposeraient en raison du manque d’eau potable, a-t-elle dit.

Le Jourdain fournissait environ 1 200 millions de mètres cubes d’eau à la mer Morte, mais la Syrie, la Jordanie et Israël en détournant la majeure partie pour l’eau potable, l’agriculture et d’autres besoins, seuls 50 à 100 millions de mètres cubes atteignent la mer Morte aujourd’hui. L’eau des cours d’eau entrant par l’est et l’ouest a également été détournée.

En outre, le pompage par les sociétés d’extraction minière des deux côtés de la mer Morte est responsable de la baisse annuelle d’environ 50 centimètres (sur le 1,1 mètre total chaque année), a déclaré Cohen.

De vastes bassins d’évaporation dans le sud de la mer Morte, le 5 juillet 2009. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Environ 700 millions de mètres cubes se perdent annuellement dans l’évaporation. Ce chiffre était plus élevé lorsque la surface de la mer était plus importante.

À titre de comparaison, les usines de dessalement en Israël fournissent un total de 600 millions de mètres cubes par an.

Interrogée sur la manière dont on pourrait mettre davantage d’eau à la disposition de la mer Morte, Cohen, qui s’occupe de certains aspects de la question depuis qu’elle a commencé à travailler au ministère en 2000, a déclaré que l’eau devrait être prélevée de diverses sources.

Une partie pourrait être amenée de la mer Rouge. Une autre partie pourrait provenir de l’augmentation du débit de la mer de Galilée vers le Jourdain, dont la réhabilitation offrirait également de nombreux autres avantages. Enfin, des moyens pourraient être trouvés afin de réduire la quantité d’eau pompée pour l’extraction des minéraux.

« Je veux croire que cela est possible », a-t-elle déclaré.

En novembre, Israël et la Jordanie ont signé leur accord de coopération le plus important dans le domaine, qui verra la construction d’une importante centrale solaire dans le Royaume hachémite pour produire de l’électricité pour Israël, tandis qu’Israël vendra davantage d’eau à la Jordanie. L’accord a été négocié par les Émirats arabes unis.

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