Le ministre de la Santé exige la mise en place de son plan de confinement
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Le ministre de la Santé exige la mise en place de son plan de confinement

Edelstein ne proposera pas d'alternative en cas de rejet du Cabinet, et dit que c'est une "question de vie ou de mort" ; les hôpitaux, sereins, refusent le confinement

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, tient une conférence de presse lors de sa visite à l'hôpital Assuta d'Ashdod, le 20 août 2020. (Flash90)
Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, tient une conférence de presse lors de sa visite à l'hôpital Assuta d'Ashdod, le 20 août 2020. (Flash90)

Dimanche, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a insisté sur la nécessité d’un confinement national pour freiner l’augmentation continue des nouveaux cas de coronavirus. Il a déclaré aux ministres qu’il ne présentera pas de plan alternatif pour contenir la pandémie s’ils rejettaient sa proposition en plusieurs étapes qui entraînerait des restrictions importantes pendant les prochaines fêtes.

Un certain nombre de dirigeants d’hôpitaux ont déclaré que s’ils étaient effectivement confrontés à un nombre croissant de patients en état grave de COVID-19, ils ne sont pas près d’être débordés et un bouclage immédiat n’est pas nécessaire pour protéger le système de santé.

S’exprimant lors d’une réunion du cabinet, M. Edelstein a déclaré que bien qu’il ait cherché à travailler avec les entreprises pour maintenir l’économie ouverte, il n’y a pas eu « d’application agressive, efficace et impitoyable » des règles du ministère de la Santé concernant le coronavirus.

« Il n’y a pas d’autre choix que d’imposer un bouclage… C’est un jour difficile pour le pays. Mais il n’y a pas d’autre choix que cette proposition », a-t-il déclaré, selon les fuites de la réunion.

« Par conséquent, je voudrais être clair – à l’exception de quelques changements cosmétiques, je ne permettrai pas de négociations sur le plan », a poursuivi M. Edelstein. « Je le dis clairement au début de la discussion : si le plan n’est pas accepté, je le retirerai et je ne présenterai pas de plan alternatif. Le coronavirus n’est pas une question politique ni une question de populisme. C’est une question de vie ou de mort. »

Un homme (à gauche) souffle dans un shofar dans la rue Jaffa à Jérusalem, le 13 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les ministres du Likud Yuval Steinitz et Zeev Elkin, ainsi que le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, se sont prononcés en faveur d’un confinement total, selon les informations de la Douzième chaîne.

Le ministre des Finances, Israel Katz, s’est cependant prononcé contre un bouclage à l’échelle nationale, mettant en garde contre les répercussions économiques.

Le plan en cours de délibération par le gouvernement a été approuvé par le cabinet dit du coronavirus jeudi, mais pas à l’unanimité, plusieurs ministres ayant déclaré qu’ils voteraient contre la proposition ou exigeraient des changements. Le ministre du Logement, Yaakov Litzman, a annoncé sa démission avant la réunion de dimanche, en signe de protestation contre le confinement prévu.

« [Le responsable de la lutte contre le coronavirus], le professeur Ronni Gamzu, s’est adressé à nous et, avec les experts et les responsables du système de santé, a en fait agité le drapeau rouge concernant la capacité du système de santé à faire face aux défis qui se présentent à nous, et la nécessité de prendre les mesures nécessaires en conséquence », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu au début de la réunion.

Malgré les avertissements selon lesquels le système de soins de santé pourrait bientôt être débordé, la plupart des administrateurs d’hôpitaux qui ont participé à la réunion ont déclaré qu’ils étaient en mesure de gérer l’augmentation du nombre de patients COVID-19 nécessitant une hospitalisation et qu’il n’était selon eux pas nécessaire de procéder à un bouclage national.

« La tendance a effectivement changé depuis la mi-août, mais il ne s’agit pas pour autant d’un effondrement des hôpitaux. Il y a une anxiété inutile. Un bouclage complet n’est pas nécessaire », a déclaré Eitan Wertheim, le directeur de l’hôpital Belinson à Petah Tikva, selon le site d’information Ynet.

Des agents du Magen David Adom portant des vêtements de protection devant l’unité coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 10 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du centre médical Rambam à Haïfa, qui a appelé à la fermeture du pays, était en minorité parmi les dirigeants hospitaliers.

« Je n’utilise pas le terme d’effondrement, mais la situation exige un bouclage immédiat. Nous avons plus de 900 employés en quarantaine, 100 la semaine dernière… Je ne vois pas comment s’en sortir sans un confinement », a déclaré Michael Halbertal.

Les ministres Amir Ohana et David Amsalem, tous deux membres du parti Likud de Netanyahu, ont fait pression sur le procureur général Avichai Mandelblit pendant la réunion afin de limiter les protestations en cours contre le Premier ministre.

« Soyez responsables face à cette maladie, car la confiance du public a été mise à mal », a déclaré M. Amsalem, selon Ynet.

M. Netanyahu et les députés du Likud ont affirmé à plusieurs reprises que les manifestations hebdomadaires devant le bureau du Premier ministre et ailleurs dans le pays étaient une source majeure d’infections, bien qu’un responsable du ministère de la Santé a déclaré aux membres de la Knesset la semaine dernière qu’à la fin du mois d’août, pas un seul cas de COVID-19 n’avait été imputé aux manifestations.

Mandelblit, qui a été régulièrement critiqué par Netanyahu et les alliés du Premier ministre pour sa décision d’inculper le Premier ministre dans une série d’affaires de corruption, a déclaré que c’était à la police de décider.

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn et la ministre de l’Immigration Pnina Tamano-Shata du parti Kakhol lavan ont soutenu la position de Mandelblit, tandis que Gamzu a déclaré que les protestations devraient être limitées comme les autres rassemblements.

Des manifestants participent à un rassemblement contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 12 septembre 2020. (Menahem Kahana / AFP)
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